| Nom | Arrêté n°2026-00519 portant interdiction d'une manifestation prévue le 8 mai 2026 à Paris |
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| Administration | Préfecture de police de Paris |
| Date | 05 mai 2026 |
| URL | https://www.prefecturedepolice.interieur.gouv.fr/sites/default/files/Documents/2026_00519_05052026.pdf |
| Date de création du PDF | 05 mai 2026 à 15:24:35 |
| Date de modification du PDF | |
| Vu pour la première fois le | 05 mai 2026 à 18:05:32 |
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Les dates et heures sont exprimées dans le fuseau de l'administration.
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PREFECTUREDE POLICELibertéEgalitéFraternité
OUG
Cabinet du préfet
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Arrêté n°2026-00519
portant interdiction d'une manifestation prévue le 8 mai 2026 à Paris
Le préfet de police,
Vu le code général des collectivités territoriales, notamment son article L. 2512-13 ;
Vu le code pénal, notamment ses articles 431-9, 431-9-1 et R.644-4 ;
Vu le code de la sécurité intérieure, notamment ses articles L. 122-1 et L. 211-1 à L. 211-4 ;
Vu la loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881 modifiée ;
Vu le décret n° 2004-374 du 29 avril 2004 modifié relatif aux pouvoirs des préfets, à
l'organisation et à l'action des services de l'État dans les régions et départements,
notamment son article 72 ;
Vu le décret du 22 octobre 2025 par lequel M. Patrice FAURE, administrateur de l'État du
troisième grade, directeur de cabinet du Président de la République, est nommé préfet de
police (groupe I), à compter du 23 octobre 2025 ;
Vu le courriel en date du 27 avril 2026 adressé à la direction de l'ordre public et de la
circulation par lequel M. Benoît CLÉMENT déclare, au nom de l'Union Syndicale Solidaires
Paris et avec le soutien de la CGT Paris, la CNT-RP et le NPA-A, un rassemblement à Paris sur
la place du Panthéon, le vendredi 8 mai 2026 de 9h00 à 20h00, afin d'organiser un « village
contre l'extrême droite », lequel ouvrira entre 14h00 et 19h00 ;
Considérant qu'en application des articles L. 122-1 du code de la sécurité intérieure et 72
du décret du 29 avril 2004 susvisé, le préfet de police a la charge, à Paris, de l'ordre public ;
que, en application de l'article L. 211-4 du code de la sécurité intérieure, « si l'autorité
investie des pouvoirs de police estime que la manifestation projetée est de nature à troubler
l'ordre public, elle l'interdit par un arrêté qu'elle notifie immédiatement aux signataires de la
déclaration » ;
Considérant qu'en application de l'article 431-9 du code pénal, le fait d'avoir organisé une
manifestation sur la voie publique ayant été interdite dans les conditions fixées par la loi
est puni de six mois d'emprisonnement et de 7500 euros d'amende ; que, en application de
l'article R. 644-4 du même code, le fait de participer à une manifestation ayant été interdite
est passible de l'amende prévue pour les contraventions de la 4ème classe ;
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Considérant que la manifestation déclarée a pour objet l'organisation d'un « village contre
l'extrême droite » place du Panthéon à Paris ; qu'elle s'inscrit dans un week-end de
mobilisation dite « antifasciste » les 8 et 9 mai ; que cette temporalité est concomitante
avec celle relative à la mobilisation de l'ultra-droite, dont en particulier le « Comité du 9
mai » ; que ce contexte est notamment à l'origine, pour le déclarant, du rassemblement
projeté dans un secteur géographique de nature à pouvoir mobiliser la population
universitaire ;
Considérant que ce rassemblement intervient dans un contexte politique très tendu ; que
ce contexte incite à l'affrontement entre des groupes antagonistes de l'ultra-gauche et de
l'ultra-droite, dès que s'en présente l'occasion ; qu'il est à relever que dans plusieurs
métropoles françaises, il en a été systématiquement ainsi, soit le 4 décembre 2025 à Nantes,
date durant laquelle des membres de la mouvance de l'ultra-gauche ont participé à une rixe
avec des membres de l'ultra-droite ainsi que le relate un article du journal Ouest France daté
du 5 décembre 2025 et titré « Six interpellations, à Nantes, après une bagarre entre militants
opposés qui avait fait réagir Elon Musk » ; de même, le 31 janvier 2026, à Rennes, date durant
laquelle un bouquiniste a été pris pour cible et agressé physiquement par des manifestants
se revendiquant de l'ultra-gauche, ainsi que le relate un article du journal Le Télégramme
daté du 31 janvier 2026 et titré « Des manifestants d'extrême gauche agressent des
bouquinistes à Rennes » ; au surplus, le 6 mars 2026 à Toulouse, date durant laquelle une
violente rixe est survenue entre jeunes attablés à une terrasse d'un café du centre-ville et
des groupes d'individus se réclamant de l'ultra-gauche, tel que le relate un article de La
Dépêche daté du 27 mars 2026 et titré « Toulouse : des militants d'extrême gauche
attaquent quatre proches de l'extrême droite attablés à la terrasse d'un café » ; qu'enfin,
récemment et à Paris, il en a été ainsi le 28 mars 2026, rue de la Butte-aux-Cailles dans le
13ème arrondissement de Paris, à l'occasion d'une opération de collage d'affiches du
comité du 9 mai, en prévision de leur manifestation de même date, et qui s'est soldée par
une violente rixe entre nationalistes et antifas ; que le rassemblement déclaré intervient
dans un contexte inédit de recrudescence des violences entre groupuscules politiques
radicaux après les événements survenus à Lyon en février 2026 ayant abouti à la mort de
Quentin DERANQUE et au moment même où l'antifascisme réaffirme sa volonté de
perdurer en dépit du rejet par le Conseil d'État il y a quelques jours du recours formé par «
La Jeune Garde » contre le décret qui prononçait sa dissolution ; que la vivacité actuelle des
antagonismes et l'historique récent des troubles sur le territoire national accroit d'autant le
risque de violences sur la voie publique dans le contexte actuel de tensions exacerbées ;
Considérant que le déclarant a annoncé la participation de nombreuses organisations de la
mouvance antifasciste et d'organisations syndicales dans l'optique de faire de ce
rassemblement du 8 mai une démonstration de force contre l'extrême droite,
concomitante à d'autres évènements prévus ce même week-end, sous le mot d'ordre « Pas
de nazis dans Paris » ; que le nombre de participants à ce rassemblement a été évalué à 1 500
par les organisateurs (sans qu'il ne puisse être déterminé si ce nombre comporte également
la présence probable de militants étrangers antifascistes) ; qu'il est à craindre que ce
« village contre l'extrême droite » soit de nature à constituer une base arrière pour
alimenter des troubles graves à l'ordre public en réponse à la manifestation du « Comité du
9 mai » ;
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Considérant que l'objet même de ce rassemblement démontre ainsi une volonté
d'opposition directe, faisant peser un risque sérieux de troubles graves à l'ordre public ;
qu'elle illustre également, au regard du climat de tension précité, un risque important que
des propos appelant à la haine et à la discrimination soient prononcés à l'occasion de la
manifestation déclarée ; que des propos ou gestes incitant à toute forme de haine portent
atteinte à la dignité de la personne humaine, alors même qu'ils ne provoqueraient pas de
troubles matériels ;
Considérant que le fait de provoquer à la discrimination, à la haine ou à la violence à l'égard
d'une personne ou d'un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur
appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une
religion déterminée constitue un délit puni par l'article 24 de la loi du 29 juillet 1881
susvisée ; qu'il appartient en outre à l'autorité administrative de prendre les mesures de
nature à éviter que des infractions pénales soient commises ; que dans l'hypothèse où
l'autorité investie du pouvoir de police administrative cherche à prévenir la commission
d'infractions pénales susceptibles de constituer un trouble à l'ordre public, et notamment
l'incitation à la discrimination, à la haine ou à la violence, la nécessité de prendre des
mesures de police administrative et la teneur de ces mesures s'apprécient en tenant
compte du caractère suffisamment certain et de l'imminence de la commission de ces
infractions, ainsi que de la nature et de la gravité des troubles à l'ordre public qui pourraient
en résulter ;
Considérant que si ce rassemblement était autorisé, il nécessiterait un important dispositif
de police pour éviter les affrontements entre mouvements antagonistes et que ce dispositif
serait dès lors contraint par les risques générés tant par la présence de collectifs d'ultra
gauche que de ceux de l'ultra-droite, en prévision notamment de la manifestation du
Comité du 9 Mai ; que les forces de sécurité intérieure seront particulièrement mobilisées
et contraintes le vendredi 8 mai 2026 à Paris et en Ile-de-France, sans préjudice de leurs
sujétions habituelles, dans le cadre de la sécurisation de manifestations et évènements sur
la voie publique, en particulier la commémoration de la Victoire du 8 mai 1945 à Paris,
nécessitant des mesures périmétriques avec des points de filtrage à tenir par les effectifs
de police ; que les forces de sécurité intérieure se doivent en outre de garantir la protection
des personnes et des biens dont celle des sites institutionnels ou gouvernementaux
sensibles contre les risques d'attentat dans un contexte de menace terroriste aiguë ayant
conduit au relèvement du plan VIGIPIRATE « urgence attentat » depuis le 24 mars 2024
sur l'ensemble du territoire national ;
Considérant qu'il appartient à l'autorité de police compétente de prévenir les risques de
désordres et les atteintes à l'ordre public par des mesures adaptées, nécessaires et
proportionnées ; qu'une mesure qui interdit ce rassemblement au regard des éléments
susvisés répond à ces objectifs ;
Vu l'urgence,
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ARRETE :
Article 1er
– Le rassemblement déclaré le 27 avril 2026 par M. Benoit CLÉMENT, au nom de
l'Union Syndicale Solidaires Paris, pour le vendredi 8 mai 2026 à Paris est interdit.
Article 2 – Le préfet, directeur de cabinet, le directeur de l'ordre public et de la circulation
et le directeur de la sécurité de proximité de l'agglomération parisienne sont chargés,
chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent arrêté, qui sera notifié à M. Benoit
CLÉMENT ou à toute autre personne représentant l'Union Syndicale Solidaires Paris , et
consultable sur le site de la préfecture de police
(https://www.prefecturedepolice.interieur.gouv.fr).
Fait à Paris, le 5 mai 2026
SIGNÉ
Le préfet de Police
Patrice FAURE
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Annexe de l'arrêté n°2026-00519 du 5 mai 2026
VOIES ET DÉLAIS DE RECOURS
_______________________
Si vous estimez devoir contester la présente autorisation, il vous est possible, dans un
délai de deux mois à compter de la date de sa notification :
- soit de saisir d'un RECOURS GRACIEUX
le Préfet de Police
7/9, boulevard du Palais - 75195 PARIS RP
- ou de former un RECOURS HIÉRARCHIQUE
auprès du Ministre de l'intérieur
Direction des libertés publiques et des affaires juridiques
place Beauvau - 75008 PARIS
- soit de saisir d'un RECOURS CONTENTIEUX
le Tribunal administratif compétent
Aucune de ces voies et recours ne suspend l'application de la présente décision.
Les recours GRACIEUX et HIÉRARCHIQUE doivent être écrits, exposer les arguments ou
faits nouveaux et comprendre la copie de la décision contestée.
Le recours contentieux, qui vise à contester la LÉGALITÉ de la présente décision, doit
également être écrit et exposer votre argumentation juridique.
Si vous n'aviez pas de réponse à votre recours GRACIEUX ou HIÉRARCHIQUE dans un délai
de deux mois à compter de la réception de votre recours par l'administration, votre
demande devra être considérée comme rejetée (décision implicite de rejet).
En cas de rejet des RECOURS GRACIEUX ou HIÉRARCHIQUE, le Tribunal administratif peut
être saisi d'un recours contentieux dans le délai de deux mois à compter de la date de la
décision de rejet.