Recueil spécial n°27-2024-226 du 27 août 2024

Préfecture de l’Eure – 27 août 2024

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Nom Recueil spécial n°27-2024-226 du 27 août 2024
Administration ID pref27
Administration Préfecture de l’Eure
Date 27 août 2024
URL https://www.eure.gouv.fr/contenu/telechargement/54759/403346/file/Recueil%20sp%C3%A9cial%20n%C2%B027-2024-226%20du%2027%20ao%C3%BBt%202024.pdf
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Date de modification du PDF
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EURE
RECUEIL DES ACTES
ADMINISTRATIFS SPÉCIAL
N°27-2024-226
PUBLIÉ LE 27 AOÛT 2024
Sommaire
Préfecture de l'Eure / Direction de la coordination et de l'appui territorial
27-2024-08-27-00002 - 2024-08-27 - arrêté portant approbation du 2e
plan de gestion réserve naturelle Marais Vernier période 2023-2033 (3
pages) Page 3
27-2024-08-27-00001 - Plan de gestion 2023-2033 (92 pages) Page 7
2
Préfecture de l'Eure
27-2024-08-27-00002
2024-08-27 - arrêté portant approbation du 2e
plan de gestion réserve naturelle Marais Vernier
période 2023-2033
Préfecture de l'Eure - 27-2024-08-27-00002 - 2024-08-27 - arrêté portant approbation du 2e plan de gestion réserve naturelle Marais
Vernier période 2023-2033 3
Direction régionale de l'environnement,II;IÈEIÊIEEIIRE de 'aménagement et du logement. de NormandieLibertéÉgalitéFraternité
Arrêté portant approbation du 2e plan de gestion de la réserve naturelle nationale duMarais Vernier pour la période 2023-2033
LE PRÉFET DE L'EURE
vu le code de l'environnement, notamment ses articles L. 120-1, L. 332-1 à L. 332-27 etR. 332-1 à R. 332-29vu ... l'arrêté ministériel 2013-171 du 25 février 2013 portant création de la réserve naturellenationale du Marais Verniervu — la convention du 15 décembre 2015 portant désignation du Parc naturel régional desboucles de la Seine normande en tant que gestionnaire de la réserve naturelle nationaledu Marais VernierVu _ l'avis exprimé par le conseil scientifique régional du patrimoine naturel de Normandie,conseil scientifique de la réserve, le 18 décembre 2023Vu _ l''avis exprimé par le comité consultatif de la réserve naturelle nationale du MaraisVernier, le 26 mars 2024Vu _ laconsultation du public effectuée du 19 avril au 5 mai 2024Vu l'avis du directeur régional de l'environnement, de l'aménagement et du logement -(DREAL)
Considérant l'article R. 332-22 du code de l'environnement qui définit les modalités d'évaluation etde reconduction des plans de gestion pour les réserves naturelles nationalesConsidérant que le deuxième plan de gestion de la réserve naturelle nationale du Marais Vernierfixe les objectifs assignés au gestionnaire sous la tutelle de l'État, en vue de la protection des enjeuxpatrimoniaux du siteConsidérant que le comité consultatif et le conseil scientifique de la réserve reconnaissent laqualité du travail accompli par le gestionnaireSur proposition du directeur régional de l'environnement, de I'aménagement et du logement,
Boulevard Georges ChauvinCS 92201 - 27022 ÉVREUX CedexTél : 02 32 78 27 27wwuw.eure.gouv.fr
Préfecture de l'Eure - 27-2024-08-27-00002 - 2024-08-27 - arrêté portant approbation du 2e plan de gestion réserve naturelle Marais
Vernier période 2023-2033 4
ARRETEArticle 1erLe deuxième plan de gestion de la réserve naturelle nationale du Marais Vernier est approuvé pourla période 2023 à 2033.
Article 2Dans le cadre de la déclinaison opérationnelle du plan de gestion approuvé :< le personnel de la structure gestionnaire, directement affecté à la gestion de la réservenaturelle, ainsi que les prestataires intervenant sous leur autorité sont autorisés à effectuerle cas échéant sur le site les prélèvements d'espèces végétales et/ou animales nécessaires àleur étude, hormis pour les espèces protégées pour lesquelles le gestionnaire mettra enœuvre la procédure réglementaire d'autorisation auprès du préfet ;* Le personnel de la structure gestionnaire, directement affecté à la gestion de la réservenaturelle, ainsi que les entreprises mandatées pour des prestations de gestion du site etintervenant sous leur autorité sont autorisés à circuler sur la réserve naturelle du MaraisVernier et à effectuer les travaux prévus par le plan de gestion. Cette autorisation nes'applique pas pour les travaux relevant des articles L. 332-9 et R. 332-23 à R. 332-27 du codede l'environnement relatifs à la modification de l'état ou de l'aspect de la réserve, pourlesquels le gestionnaire mettra en œuvre la procédure réglementaire d'autorisation auprèsdu préfet.
Article 3Le plan de gestion approuvé fera l'objet en 2028 d'un rapport d'évaluation portant sur la premièrepériode de mise en œuvre (2023-2027) ; ce dernier sera porté à la connaissance du comité consulta-tif de la réserve naturelle et soumis pour avis au conseil scientifique régional du patrimoine naturelde Normandie, en tant que conseil scientifique de la réserve naturelle nationale du Marais Vernier.En cas de réorientation substantielle des objectifs ou des actions du plan, une procédure deconsultation du conseil scientifique régional du patrimoine naturel de Normandie et du comitéconsultatif de la réserve naturelle sera menée sur les nouvelles dispositions du plan, avant la mise enœuvre d'une nouvelle approbation préfectorale du document sur la période 2028-2033.
Article 4La présente décision peut faire l'objet d'un recours dans les deux mois qui suivent sa publication :» par la voie d'un recours gracieux devant le préfet de l'Eure ou d'un recours hiérarchiquedevant le ministre en charge de l'Écologie, dans le délai de deux mois à compter de sapublication. L'absence de réponse dans un délai de deux mois fait naître une décisionimplicite de rejet, qui peut elle-même faire I'objet d'un recours devant le tribunaladministratif de Rouen - 53, avenue Gustave Flaubert - 76000 Rouen ;- — par la voie d'un recours contentieux devant le tribunal administratif de Rouen - 53, avenueGustave Flaubert — 76000 Rouen.
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Vernier période 2023-2033 5
Le tribunal administratif peut être saisi par l'application Télérecours citoyens, accessible par le sitewww.telerecours.fr
Article 5Le secrétaire général de la préfecture, le directeur régional de l'environnement, de I'aménagementet du logement de Normandie, le président du Parc naturel régional des boucles de la Seinenormande sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent arrété qui serapublié, avec le plan de gestion, au recueil des actes administratifs de la préfecture de l'Eure.
Fait à Evreux,le 2 7 AOUT 2024Le/p éfet,—SSimon/BABRE
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Vernier période 2023-2033 6
Préfecture de l'Eure
27-2024-08-27-00001
Plan de gestion 2023-2033
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Réserve NaturelleMARAIS VERNIER
0PREFETDE LA REGIONNORMANDIELiberssFratertité
Plan de gestion
2023-2033
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Cliché en page de garde :
Drosera rotundifolia sur sphaigne. ©François Nimal, 2021
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Ce rapport doit être référencé de la façon suivante :

[Dutilleul C., 2023 – Plan de gestion de la Réserve Naturelle Nationale du Marais Vernier 2023-2033, 92 p.]
Coordination et rédaction Christelle Dutilleul, Conservatrice de la Réserve Naturelle Nationale
du Marais Vernier


Appuis
techniques et relectures
Clémentine Camus, chargé de missions milieux aquatiques
Simon Gaudet, chargé de missions invertébrés
Aurélie Marchalot, chargé de missions mares et amphibiens
Géraud Ranvier, chargé de missions avifaune
Jérôme Canivé, directeur de l'Association pour le développement
de la recherche et de l'enseignement en écologie

Consultation et avis

Florence Maggliocca, DREAL Normandie
Emmanuelle Bouillon, conservatrice de la RNN de la Sangsurière et
de l'Adriennerie
Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel de Normandie
Comité consultatif de la RNN du Marais Vernier
Appuis administratifs Isabelle Bacon, secrétaire
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Table des matières
Préambule ........................................................................................................................................... 6
A retenir du plan de gestion 2013-2018 .............................................................................................. 6
Pistes d'amélioration pour le futur plan de gestion ............................................................................ 8
VISION STRATEGIQUE .............................................................................................................................. 9
Identification des responsabilités de la Réserve pour la conservation du patrimoine naturel .............. 9
Méthodologie ...................................................................................................................................... 9
Evaluation des responsabilités de la Réserve pour la flore, la bryoflore et les végétations ............. 11
Evaluation de la responsabilité de la Réserve pour la faune ............................................................ 17
Synthèse : identification de la responsabilité de la Réserve vis-à-vis de la conservation ................ 33
Description de l'enjeu de conservation ................................................................................................. 36
Enjeu : Diversité des écosystèmes mésotrophiles à oligotrophiles, d'une zone humide alluviale
dysfonctionnelle d'estuaire ............................................................................................................... 36
Végétations para-tourbeuses à tourbeuses, hygrophiles à aquatiques, oligotrophiles, et leur
faune associée ............................................................................................................................... 37
Communautés biologiques associées aux milieux ouverts, mésohygrophiles à aquatiques, sur
alluvions Ou milieux humides mésotrophiles à oligotrophiles, diversifiés et complémentaires, de
fond d'estuaire .............................................................................................................................. 39
Déclinaison de l'enjeu de conservation en OLT .................................................................................... 41
OLT1 : Améliorer les fonctionnalités des écosystèmes tourbeux ..................................................... 41
OLT2 : Favoriser la diversité des écosystèmes ouverts mésotrophiles à oligotrophiles, d'une zone
humide alluviale ................................................................................................................................ 44
Facteurs clé de la réussite de la conservation du patrimoine naturel de la réserve ............................ 49
Améliorations des connaissances scientifiques et naturalistes ........................................................ 49
Ancrage territorial ............................................................................................................................. 49
Gouvernance de la réserve................................................................................................................ 50
Comité consultatif ......................................................................................................................... 50
Conseil scientifique ....................................................................................................................... 50
Organisme gestionnaire ................................................................................................................ 51
STRATEGIE OPERATIONNELLE ............................................................................................................... 52
Déclinaison des OLT en objectifs opérationnels OO ............................................................................. 52
OLT1 Restaurer les écosystèmes paratourbeux à tourbeux, hygrophiles à aquatiques, oligotrophiles
et leur faune associée ....................................................................................................................... 52
Facteurs d'influence ...................................................................................................................... 52
OO1 Favoriser l'expression des communautés patrimoniales ouvertes ....................................... 53
OO2 Consolider les stations d'espèces typiques des landes tourbeuses ...................................... 53
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OO3 Laisser en libre évolution les secteurs de chênaie-bétulaie à molinie et bétulaie à sphaigne
....................................................................................................................................................... 53
OO4 Maintenir les patchs de végétations typiques des tourbières basses .................................. 54
OO5 Favoriser l'accumulation de litière nécessaire à la tourbification ........................................ 54
OO6 Contribuer au dialogue autour de la gestion de l'eau sur le marais ..................................... 61
OO7 Limiter l'assèchement en individualisant l'unité hydrologique de la réserve ...................... 54
OO8 Contribuer à l'amélioration de la connaissance du fonctionnement hydrologique ............. 54
OO9 Améliorer la connaissance sur la qualité des eaux ......................... Erreur ! Signet non défini.
OLT2 Favoriser la diversité des écosystèmes ouverts, mésotrophiles à oligotrophiles, d'une zone
humide alluviale ................................................................................................................................ 55
Facteurs d'influence ...................................................................................................................... 55
OO10 Développer les cortèges typiques des végétations prairiales alluviales (pâturées, fauchées
et mixtes) ....................................................................................................................................... 55
OO11 Hiérarchiser et organiser la restauration des mares........................................................... 56
OO12 Améliorer le caractère ouvert de grands ensembles prairiaux ........................................... 56
FCR1 Améliorer l'intégration de la réserve dans son territoire ........................................................ 57
OO13 Assurer l'accueil du public pour mieux faire connaitre la réserve et échanger sur le respect
de la nature et ses bienfaits .......................................................................................................... 58
OO14 Améliorer l'appropriation de la réserve par les usagers du territoire ................................ 59
OO15 Organiser des opérations de surveillance et de police ....................................................... 60
OO16 Contribuer à la définition d'une gestion transversale et cohérente à l'échelle du marais
Vernier ........................................................................................................................................... 61
OO17 Endiguer le développement des populations EEE sur la réserve ........................................ 62
OO18 Limiter la surfréquentation du site par les sangliers .......................................................... 62
FCR2 Améliorer les connaissances sur la réserve .............................................................................. 62
OO19 Améliorer les connaissances sur le patrimoine naturel ...................................................... 63
OO20 Participer aux réseaux de gestionnaires d'espaces naturels, d'experts et de naturalistes 63
OO21 Améliorer les connaissances sur les impacts du changement climatique .......................... 63
FCR3 Optimiser la gestion courante de la réserve ............................................................................ 64
OO22 Assurer la gestion courante administrative et financière de la réserve ............................. 64
OO23 Mettre en œuvre et évaluer le plan de gestion .................................................................. 64
Synthèse cartographique des pressions à gérer et des objectifs opérationnels qui en découlent .. 65
Arborescence ......................................................................................................................................... 69
Annexes ................................................................................................................................................. 77
Hétérocères ....................................................................................................................................... 77
Avifaune ............................................................................................................................................. 79

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PREAMBULE
L'élaboration du plan de gestion de la Réserve Naturelle Nationale d e Marais Vernier s'appuie sur le
guide ATEN (CT88) et plus particulièrement sur sa déclinaison par l'association Réserves Naturelles de
France (RNF) qui a adapté ce guide aux spécificités des réserves naturelles. Ce plan de gestion est donc
découpé en plusieurs tomes :
L'Etat des lieux ou diagnostic (Tome 1) contient notamment un rappel du contexte général, de
l'histoire du site, de son environnement et des usages , ainsi qu'une description de son patrimoine
naturel (faune -flore-végétations-pédologie). Cet état des lieux permet de collecter l'ensemble des
éléments nécessaires à la définition de la responsabilité patrimoniale de la Réserve, en vue de la
hiérarchisation des enjeux et de l'identification des facteurs d'influence.
Le Plan de gestion (Tome 2) présente une stratégie de gestion à long et moyen terme du patrimoine
naturel fondée sur des données précises et sur l'identification des facteurs d'influence. Cette stratégie
doit être réaliste au vu des facteurs clés de la réussite de la gestion qui peuvent conditionner son succès
et dont les effets doivent pouvoir être évalués. Le Tome 2 s'appuie sur les données collectées lors de
l'état des lieux et s'articule en premier lieu sur une hiérarchisation des éléments de cet état des lieux.
Quelles sont les espèces ou habitats pour lesquels la réserve a une forte responsabilité ?
conditionneront les priorités d'action , donc de gestion pour la réserve ? La définition de cette
responsabilité débouche sur la formalisation « d'enjeux » de conservation. Ceux -ci constituent le
sommet d'une arborescence qui se décline ensuite en Objectifs à Long Terme (OLT), eux -mêmes
déclinés en Objectifs opérationnels (OO) et en Opérations de gestion (OP).
Le Recueil d'opérations (Tome 3) regroupe l'ensemble des fiches opérations permettant d'atteindre
les objectifs du plan au sein de ce qui constitue le programme d'actions.
L'Evaluation du plan de gestion (Tome 4) compile les tableaux de bord reprenant les différents
indicateurs permettant de juger de la bonne exécution des objectifs destinés à répondre aux enjeux
de conservation identifiés pour la réserve.

A RETENIR DU PLAN DE GESTION 2013-2018
L'évaluation montre un manque de précision et de définition des objectifs opérationnels ainsi que des
objectifs à long terme. Des indicateurs chiffrés sont souvent manquants, avec notamment une absence
de quantification précise des cibles à atteindre, voire de définition rigoureuse de l'état ciblé.

Par ailleurs, la formulation de certains objectifs nécessite une action à l'échelle du territoire du marais
Vernier sur lequel le gestionnaire n'a que peu de levier d'action. S'intéresser à la qualité fonctionnelle
du marais Vernier constitue un objectif très pertinent. Toutefois, de nombreuses fonctionnalités ne
s'appréhendent qu'à très petites échelles (tourbière, boucle, vallée…) et dépassent largement le cadre
de la Réserve.
Les objectifs opérationnels dépendant d'actions extérieures n'ont pas toujours abouti aux résultats
attendus. Les changements de pratique demandent du temps (notamment pour trouver un consensus
avec les acteurs locaux), bien plus que les 5 ans du plan de gestion. Néanmoins le processus a été
enclenché pour la gestion des niveaux d'eau et des espèces problématiques :
- Amélioration des connaissances
- Entretien d'un dialogue constructif
- Partage d'un diagnostic et d'un vocabulaire commun (hormis pour le cas du sanglier)

Certains suivis et études d'importance n'ont pas été réalisés ou alors très tardivement. Ils auraient pu
aider le gestionnaire dans le diagnostic de certaines évolutions et contribuer à sa réactivité pour ajuster
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les modalités de gestion.
Pour optimiser le temps-agent disponible et clarifier son rôle, il est nécessaire que la conservatrice se
recentre prioritairement sur le périmètre de la réserve naturelle et ses enjeux. En particulier, il n'est
pas souhaitable qu'elle assume le pilotage de projets ou démarches qui ne seraient pas centrés sur la
réserve. Certaines études peuvent difficilement être portées uniquement par le gestionnaire. Elargir
les champs d'actions à l'ensemble du marais et de ses acteurs s'est révélé être précieux. On notera par
exemple :
- Une bonne réactivité des usagers dans la gestion des EEE ;
- Une meilleure connaissance des leviers sociaux et l'instauration d'un dialogue avec des collectifs
d'usagers (agriculteurs pour la gestion hydraulique, habitants et élus pour les corridors pour la faune,
etc.).

Le rapport entre les opérations et les objectifs inhérents à la Réserve n'est pas toujours clair et l e
nombre d'opérations est très voire trop important. L'arborescence du plan de gestion a pu s'avérer
complexe avec un nombre très important d'opérations et d'objectifs opérationnels. Cette complexité
a pu engendrer de la confusion dans la définition même des objectifs ( il s'agit d'un problème de
formulation et de hiérarchisation ). Certains objectifs auraient vocation à se maintenir alors que
d'autres pourraient fusionner ou s'adapter afin de simplifier la lecture de la stratégie déployée. Cette
simplification ne constitue en rien une perte d'ambition ou d'opérationnalité. Il s'agit d'une nouvelle
manière d'appréhender le cadre de gestion permettant de synthétiser et prioriser la vision et la
programmation du plan de gestion.
La structuration même du plan de gestion (notamment certaines confusions entre objectif
opérationnel et moyens) peut poser question, mais dépend du contexte dans lequel le document est
écrit. Celui -ci s'inscrit dans la continuité du plan précédent (2001 -2011) qui prôn e par exemple la
renaturation du site et l'effacement de l'empr einte humaine, à une époque où les paramètres
mésologiques (niveaux d'eau) ne sont peut-être pas aussi dégradés qu'aujourd'hui. Ce choix implique
alors de considérer l'herbivorie, en tant que clé de voûte d'un écosystème tourbeux, comme un objectif
opérationnel à atteindre et non comme un moyen pour atteindre des objectifs (habitats, espèces…). La
nouvelle mouture des plans de gestion, avec sa démarche fondée sur l'identification rationnelle des
enjeux puis des objectifs permet d'éviter ces confusions , tout en considérant le pâturage comme un
élément structurant de l'écosystème.
Sur la Réserve, la tendance observée est inquiétante pour certains habitats et populations d'espèces
patrimoniales ciblés par les objectifs de préservation et/ou de restauration. Cependant, les
potentialités biologiques de la réserve étaient mal connues. Les études sur les sols ainsi que sur les
conditions environnementales et sociales futures ont été réalisé es afin d'améliorer les connaissances
sur les trajectoires tendancielles du marais et ainsi cibler les potentiels sur lesquels la Réserve aura de
fortes responsabilités. Un accent plus marqué doit être mis sur l'hydrologie du site, même si les
connaissances hydro-pédologiques ont été sensiblement améliorées au cours de ce plan de gestion.

Un des points handicapants pour l'atteinte des résultats a été la remise en cause ou le frein à certaines
opérations majeures en faveur de la gestion de la Réserve comme :
- l'acquisition foncière publique aux abords de la Réserve actuelle
- la régulation de paramètres influençant la démographie du sanglier (nourrissage, tir
de femelle, terrain hors Réserve non chassés, etc.)
- le difficile consensus pour acter la nécessité d'engorgement permanent de la tourbe
- le non engagement dans l'élaboration de documents d'urbanisme adaptés (PLUi) ou
l'insuffisance d'adhésion à certains outils de protection (site classé) pour la préservation du
paysage.

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PISTES D'AMELIORATION POUR LE FUTUR PLAN DE GESTION
Dans la stratégie…
• Redéfinir des enjeux et des objectifs à long terme, avec l'aide d'experts apportant un regard neuf,
et conformément à la position adoptée par le CSRPN à partir du nouveau diagnostic.
• Identifier des indicateurs ciblés permettant d'évaluer l'ensemble des objectifs à moyen et à long
termes qui seront retenus, préciser les niveaux attendus pour une action et une évaluation plus
juste et mieux comprise.
• Réduire le nombre d'opérations programmées et prévoir leur recentrage sur le périmètre de la
Réserve.
• Recibler les potentiels réels en prenant en compte les résultats des études menées pendant le
plan de gestion : potentialité tourbeuse pas ou plus présente, conditions de pH plutôt acides et
fonctionnement de haut-marais possible (bombement à sphaignes).
• Prendre en compte le champ des ressources écosystémiques autres que la patrimonialité :
Stockage d'eau, stockage de GES, histoire archéologique.

Dans la gestion…
• Apporter une attention particulière à la hiérarchisation des opérations, notamment de suivis et
d'études, pour s'assurer que le gestionnaire dispose des bons outils afin d'identifier de manière
aussi précoce que possible les évolutions sur les milieux.
• Intégrer dès le départ un plan d'intervention détaillé , mais flexible sur la Réserve (pâturage,
intervention mécanique, non intervention). Il passe par la modulation du pâturage en fonction
des constats de terrain pour contribuer à l'atteinte des objectifs de maintien des habitats
prioritaires notamment sur les sols tourbeux, en complémentarité avec des actions mécaniques
là où cela est pertinent ou la mise en place d'exclos de pâturage permanents ou temporaires. La
gestion de l'hivernage des animaux hors Réserve est également à inclure (acquisition foncière)
ainsi que l'amélioration des infrastructures . Il peut enfin comprendre des actions de
restauration.
• Participer à l'amélioration des connaissances sur des thématiques -clé : Fonctionnement
hydrogéologique à l'échelle du bassin versant du marais, qualité des eaux.

Dans l'animation territoriale…
• Accentuer l'accompagnement au changement de pratiques avec les usagers : agriculteurs (volet
sur l'eau), chasseurs (volet sur les espèces problématiques et sur l'eau), élus (volet sur la TVB -
paysage).
• Faire évoluer la représentation des acteurs les plus concernés (agriculteurs) et motiver la prise
en compte de l'ensemble des types d'usagers au-delà des réseaux déjà associés.
• Mieux associer les partenaires de la Réserve et mieux partager et expliquer les objectifs.
• Atteindre les ambitions validées collectivement par les acteurs de la réserve.

Le gestionnaire est donc amené à reconsidérer ses objectifs et opérations, en articulation avec
l'actualisation des enjeux, sur la base de la démarche dite tableau de bord de la nouvelle génération
des plans de gestion. Cette démarche a pour but d'intégrer l'évaluation au cœur de la gestion de la
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réserve naturelle afin d'en faciliter la mise en œuvre et de mieux accompagner le gestionnaire dans
ses missions. Le tableau de bord établi dans ce cadre définira une liste d'indicateurs, aussi bien pour
les objectifs à long terme que pour les objectifs opérationnels (anciennement appelés objectifs de plan
de gestion), permettant au gestionnaire et à ses partenaires d'appréhender « en continu » l'état du
patrimoine naturel et l'avancement du plan de gestion.

VISION STRATEGIQUE
Identification des responsabilités de la Réserve pour la
conservation du patrimoine naturel
METHODOLOGIE
L'arborescence du plan de gestion prend racine dans chaque enjeu et facteur clé mis en exergue par
le diagnostic. Elle est décrite et précisée par l'évaluation des responsabilités de conservation de la
Réserve qui sont détaillées dans ce document. Pour cha que enjeu, un ou plusieurs Objectifs à Long
Terme (OLT) sont définis afin de fixer un état considéré comme idéal vers lequel tendre. La gestion
opérationnelle résulte de cette vision stratégique. Pour chaque OLT, un ou plusieurs Objectifs
Opérationnels (OO) sont définis afin de fixer le résultat à atteindre en fin de plan de gestion. Pour
chaque OO, un programme d'actions comportant différentes opérations est défini et priorisé au regard
de leur contribution. L'aboutissement de cette démarche est l'établiss ement du plan de travail du
gestionnaire sur la durée du plan de gestion précisant les moyens humains, matériels et financiers
indicatifs.

La responsabilité de la Réserve vis-à-vis des différents taxons peut être estimée en croisant les degrés
de sensibilité, de représentativité et de fonctionnalité (Figure suivante).



Concrètement, pour chaque végétation, espèce animale ou végétale, on attribue :
- 1 note de sensibilité/patrimonialité (+ à +++) en fonction des critères de rareté/menace/protection
présents dans les référentiels naturalistes existants (Catalogue de la flore vasculaire de Normandie,
Inventaire des végétations du Nord-Ouest de la France, listes rouges…)
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- 1 note de représentativité (+ à +++) en fonction des effectifs connus des espèces par rapport au
territoire biogéographique (seule station connue, 75% des effectifs connus…)
- 1 note de fonctionnalité (+ à +++) en fonction de la capacité de la R éserve à offrir des conditions
optimales pour le développement de l'espèce.

Note Critère
Patrimonialité / Sensibilité +++ Espèce protégée ou menace supérieure ou égale à VU
++ Menace=NT
+ Menace inférieure à NT
Représentativité +++ Station isolée ou unique dans la région
++ Rare ou exceptionnelle dans la région
+ Statut de rareté moins important
Fonctionnalité pour une espèce +++ Habitat de l'espèce bien exprimé
++ Habitat de l'espèce rare ou de surface faible
+ Habitat de l'espèce absent ou exceptionnel sur la réserve

La rédaction du diagnostic et de ce document résulte d'un travail à plusieurs mains notamment grâce
aux compétences des chargés de missions du PNR (Simon Gaudet, Géraud Ranvier, Aurélie
Marchalot) et du Gretia. Pour chaque espèce patrimoniale recensée, le degré de responsabilité de la
Réserve est évalué vis-à-vis de la conservation de ce taxon , soit en cumulant les notes attribuées
pour la sensibilité, la représentativité et la fonctionnalité , soit « à dire d'expert » en prenant en
considération par exemple le degré de conservation des milieux dans lesquels se développent les
espèces à une échelle biogéographique donnée. Dans certains cas, la note de fonctionnalité paraît
faible dans la mesure où la gestion n'est actuellement pas adaptée , mais peut être modifiée pour
améliorer cet aspect. Globalement, la f onctionnalité reste difficile à appréhender . Pour la partie
avifaune, la méthodologie a été affinée grâce aux données et aux analyses de l'observatoire de
l'avifaune de la ZPS.

Ce travail s'appuie sur les listes régionales et nationales mises à jour pour les différents groupes
étudiés. A l'échelle de la région Normandie, les enjeux biologiques qui étaient forts pour la H aute
Normandie sont désormais amoindris (responsabilité régionale bien moins évidente). Ces nouvelles
listes donnent ainsi l'impression d'un « amoindrissement » des menaces pesant sur certaines
espèces alors que leur situation ne s'est pas forcément améliorée entre les deux éditions des listes
rouges et les deux plans de gestion de la R éserve (I.E entre 2010 et 2020). Toutefois, lorsque ces
outils sont publiés (à peine le cas pour ortho ptères et les odonates), ils sont utilisés, tout en ayant
un regard plus affiné sur l'entité estuaire/vallée de Seine bien distincte des autres « pays »
normands comme le Perche ou le Cotentin. Pour la flore et les végétations, le niveau d'expertise est
assez fin puisqu 'une étude des végétations du site Natura 2000 a été réalisée en 2019-2020. Elle
appuie la hiérarchisation des taxons et des syntaxons à l'échelle du marais Vernier.

En préambule de ce travail de sélection, deux approches étaient envisageables :
1. au vu des constats pessimistes (niveaux d'eau inadéquats, trop petites stations, habitats dégradés,
ampleur incertaine de l'impact du changement climatique ) du diagnostic concernant la partie
tourbeuse de la Réserve, les espèces et les végétations des tourbières pouvaient être considérées
comme condamnées. Dans ce scénario, leur notation les fait disparaître de la sélection des taxons
et syntaxons à responsabilité pour le site.

Dans un s cénario optimiste , les espèces et les végétations des tourbières apparaissent en piteux
état, mais leurs habitats potentiels sont étendus (à définir) et les leviers d'action au sein de la réserve
et secondairement pour l'ensemble de la tourbière existent.
C'est ce second scénario qui a été choisi pour l'élaboration de ce document stratégique.
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EVALUATION DES RESPONSABILITES DE LA RESERVE POUR LA FLORE, LA BRYOFLORE ET
LES VEGETATIONS
Flore
Pour chaque espèce patrimoniale recensée sur la Réserve, on évalue le degré de responsabilité du site
vis-à-vis de sa conservation.

La liste actualisée recense 233 espèces majoritairement hygrophiles à aquatiques, liées aux sols
tourbeux, paratourbeux et alluvionnaires. La réserve présente un intérêt botanique par sa richesse
spécifique, mais aussi par les fonctions qu'occupent certaines espèces dans l'écosystème. Ainsi,
Molinia caerulea est la plante hôte de la chenille du miroir (Heteropterus morpheus), lépidoptère rare
en Normandie et dont les dernières stations se situent dans le marais Vernier. De même, le charançon
(Mononychus punctumalbum) est inféodé à Iris pseudacorus. Macropis labiata est un Hyménoptère
apidé strictement dépendant des inflorescences de Lysimachia vulgaris. Une noctuelle rare, Hydraecia
osseola, espèce littorale et estuarienne est inféodée à Althaea officinalis . Ces espèces sont bien
présentes sur la réserve.

Plusieurs espèces exotiques envahissantes sont identifiées sur le site . Elles font déjà l'objet de suivis
et d'opérations de gestion :
Ludwigia grandiflora
Xanthium orientale
Senecio inaequidens
Symphyotrichum subulatum var. squamatum
Symphyotrichum salignum
Cuscuta scandens


Nom scientifique
Menace en
Haute-Normandie
Rareté en Haute-
Normandie
Législation
Menace France
Tendance France
Sensibilité
Représentativité
Fonctionnalité
Responsabilité
Drosera intermedia Hayne EN E N2 LC ↘ +++ ++ ++ Fort
Drosera rotundifolia L. VU RR N2 LC → +++ ++ ++ Fort
Lobelia urens L. CR E R LC ↘ +++ ++ + Fort
Lysimachia tenella (L.) L. VU RR R LC ↘ +++ ++ ++ Fort
Triglochin palustris L. VU RR R1 LC ↘ +++ + +++ Fort
Baldellia ranunculoides (L.) Parl. VU RR R1 LC ↘ +++ ++ ++ Fort
Osmunda regalis L. VU RR R1;C0 LC ↘ +++ + +++ Fort
Utricularia australis R. Brown VU R R LC ↘ +++ ++ + Fort
Anacamptis palustris Jacq.X O.
laxiflora Lam NA E R1 LC ↘ +++ ++ + Fort
Thelypteris palustris Schott VU RR R1 LC ↘ +++ + ++ Fort
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Eleocharis multicaulis (Smith) Desv. VU E LC ↘ +++ ++ ++ Fort
Carex punctata Gaudin VU E ? LC ? +++ + ++ Fort
Anacamptis laxiflora Lam. VU RR A2<>6;
C(1) LC ↘ +++ + ++ Fort
Apium inundatum (L.) Reichenb. f. VU R LC ↘ ++ ++ + Fort
Erica tetralix L. VU R LC ↘ ++ ++ + Fort
Ranunculus trichophyllus Chaix VU R LC ↘ ++ + + Fort
Myrica gale L. VU RR LC ? ++ + ++ Fort
Cirsium dissectum (L.) Hill VU RR LC → ++ + +++ Secondaire
Carex viridula Michaux VU RR LC → ++ + ++ Secondaire
Potamogeton polygonifolius Pourr. VU RR LC → ++ + Secondaire
Epilobium palustre L. VU RR LC → ++ Secondaire

17 espèces présentent un enjeu fort et 4 un enjeu secondaire pour la réserve. Il s'agit d'espèces,
protégées ou non, dont les populations sont relativement rares en Normandie mais qui sont, pour
certaines, bien représentées au sein de la Réserve. Elles sont caractérisées par des tendances négatives
au niveau national. On notera notamment la présence, dans ce cortège, d'espèces telles que Triglochin
palustris, espèce protégée caractéristique des prairies pâturées paratourbeuses à tourbeuses ou
encore de Baldellia ranunculoides, (accompagné de Samolus valerandi) caractéristique des berges de
mares et abondante sur le site.

Elles sont également le reflet des gradients qui déterminent la répartition des milieux dans la réserve,
particulièrement sur les Mannevilles. Elles appartiennent en grande partie au cortège des végétations
de mares, de prairies humides alluviales paratourbeuses ou de milieux tourbeux, du pionnier au boisé.
47.6% de ces espèces sont rattachées aux mares et 33.3% se développent dans les prés et les prairies
(avec une espèce supplémentaire commune aux mares et aux prairies). Tandis que 14.2 % se
rattachent aux roselières, cariçaies et aux bois et aux lisières.

Cette liste reflète une gamme diversifiée de pH des sols, de l'acidophile (avec 52,3% des espèces) au
basophile (28.5%) réparties entre les milieux tourbeux et paratourbeux. Il est à noter que la distinction
n'est pas toujours aisée et réclamera sans doute un approfondissement des connaissances sur ces
cortèges d'espèces et les végétations qu'ils composent . Il s'agit d'un g radient parfois ténu qui
s'exprime à la faveur d'une dépression, d'une berge de mare étrépée, d 'une poche d'alluvions
imperméables… Les faciès paratourbeux se rencontrent essentiellement sur le secteur alluvionnaire
des Mannevilles.
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Ces espèces se répartissent selon une gamme d'humidité des terrains, allant de l'hygrophile à
l'aquatique. Elles sont associées à des stades dynamiques variés, depuis les gouilles de cicatrisation,
jusqu'à la bétulaie à molinie en passant par la cariçaie de bord de mare ou les prairies entretenues par
fauche ou pâturage. Certaines présentent des affinités littorales, atlantiques et sont thermophiles.
Elles marquent ainsi l'originalité de la réserve qui se situe en fond d'estuaire.

4 espèces s'individualisent : Drosera intermedia, D. rotundifolia, Lobelia urens et Lysimachia tenella .
Elles caractérisent les milieux tourbeux oligotrophiles. Elles font déjà l'objet de suivis spécifiques. Elles
atteignent le niveau maximal de responsabilité pour la réserve puisqu'il s'agit d'espèces protégées se
développant au sein d'habitats peu représentés dans le marais Vernier et dans la vallée de Seine . En
outre, ces espèces sont peu présentes en Normandie et souvent sous la forme de populations de taille
petite à moyenne et isolées. La fonctionnalité du milieu pour ces espèces est limitée dans la Réserve
par la faible superficie de leur site d'accueil. Toutefois, elles sont signalées sur la Réserve depuis de
nombreuses années et ce de manière régulière. La conservation de ces espèces passe par le maintien
ou la restauration de conditions favorables à un milieu turficole : engorgement, conservation des sols
tourbeux, oligotrophie ( amélioration des connaissances sur les apports issus des eaux et des fèces),
piétinement contrôlé, accumulation de matière organique…


tourbeux
58%paratourbeux
26%
alluvial et
paratourbeux à
tourbeux
16%
Affinités de la flore à enjeu vis-à-vis des
types de sols
acidophile
52%
basophile
29%
neutre
19%
Affinité de la flore à enjeu vis-à-vis du pH
mare
48%
prairie
38%
roselière/cariçaie/
bois
9%
bois/lisière
5%
Flore à enjeu et optimum écologique
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Bryoflore

Nom
Marais de
Bouquelon
Mannevilles
Indication
écologique
Sensibilité
Représentativité
Fonctionnalité
Responsabilité
Herzogiella seligeri (Brid.) Z.Iwats. 2014 2007
épiphytique,
acidophile, sciaphile,
bois mort, pionnier
+++ +++ +++ Fort
Aulacomnium palustre (Hedw.)
Schwägr.
2014 2007
hydrophile à
hygrophile, acidophile,
tourbeux
++ ++ +++ Fort
Cephalozia connivens (Dicks.) Lindb. 2007-
2015
hygrophile, acidophile,
sommet de butte
tourbeuse
++ ++ ++ Fort
Sphagnum cuspidatum Ehrh. ex Hoffm. 2020 2019 hydrophile, acidophile,
tremblant tourbeux
++ ++ ++ Fort
Sphagnum fimbriatum Wilson 2005 2007-
2015
hydrophile, acidophile,
tapis tourbeux
+++ ++ ++ Fort
Sphagnum auriculatum Schimp. 2014
2007-
2015-
2019
tourbes et sables
humides, ouverts,
acides
++ + ++ Secondaire
Sphagnum inundatum Russow 2005 2007-
2015
hydrophile, acidophile,
tapis tourbeux
+ ? ++ Secondaire
Sphagnum subsecundum Nees 2015-
2019
hydrophile, acidophile,
tapis tourbeux
+ ? ++ Secondaire
Sphagnum subnitens Russow & Warnst. 2005
2007-
2015-
2019
hydrophile, acidophile,
tapis tourbeux
+ ? ++ Secondaire
Cephaloziella divaricata 2007-
2015
sable et gravier,
xérophile,
oligotrophile,
photophile
+ + + Secondaire

Aucune des espèces recensées ne bénéficie d'un statut de protection au niveau régional ou national ,
mais toutes les sphaignes sont inscrites à l'annexe V de la directive Habitats Faune Flore 92/43/CEE
(espèces animales et végétales d'intérêt communautaire dont le prélèvement dans la nature et
l'exploitation sont susceptibles de faire l'objet de mesures de gestion ). Cette hiérarchisation est issue
du croisement de la base de données eCoLiBry, Basebryo et d'une étude réalisée sur la Réserve. Elle
souligne le manque de précisions de certaines données qui classe en secondaire 3 espèces de
Préfecture de l'Eure - 27-2024-08-27-00001 - Plan de gestion 2023-2033 22
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Sphaignes. L'amélioration des connaissances (liste d'espèces, écologie, répartition sur le site) sur ce
groupe semble nécessaire pour préciser la nature des enjeux.
Deux secteurs bryophytiques importants ressortent : La mare à Drosera rotundifolia des Mannevilles
caractérisée par la présence d'une grande population de Sphagnum palustre à l'intérieur de laquelle
deux hépatiques à feuilles, Cephalozia connivens et Cephaloziella divaricata , et une bryophyte
pleurocarpe Aulacomnium palustre ont été retrouvées, uniques stations pour ces trois espèces. Il s'agit
de zones où une tourbification est éventuellement possible, bien que Sphagnum palustre ne soit pas
très turfigène.
5 espèces de sphaignes dans un périmètre restreint ont été inventoriées dans la bétulaie dense de
Bouquelon. Il s'agit sans doute de zones refuge (micro-climat, absence de pâturage) qui permettent
l'expression de ces espèces plutôt inféodées aux milieux acides ouverts. Sphagnum cuspidatum a été
identifié sur le même secteur, mais sur les berges de la mare à Drosera intermedia.
Herzogiella seligeri, espèce ligno-saprophile, très rare pour la Haute-Normandie, est présente dans la
bétulaie dense de Bouquelon et éclaircie des Mannevilles. L'intérêt bryologique de la Réserve se trouve
en partie dans la préservation des bois tourbeux.

Végétations

Nom complet
Rareté
Tendance
Menace
Directive Habitats-
Faune-Flore -
Annexe I
Sensibilité
Représentativité
Fonctionnalité
Responsabilité
Juncenion acutiflori Delpech in Bardat et
al. 2004 prov. R R VU Oui +++ ++ +++ Fort
Eleocharitetum multicaulis (Allorge 1922)
Tüxen 1937 E R EN Oui +++ ++ ++ Fort
Cf. Hydrocotylo vulgaris - Juncetum
subnodulosi (Wattez 1968) B. Foucault in
J.M. Royer et al. 2006
E R CR Oui +++ ++ ++ Fort
Cladietum marisci Allorge 1922 E D EN Oui +++ ++ ++ Fort
Loto tenuis - Trifolion fragiferi V. Westh.,
C. Leeuwen & Adriani ex B. Foucault 2008 RR R EN {pp} ++ + +++ Fort
Ericion tetralicis Schwick. 1933 D? D CR* (Oui) +++ ++ + Fort
Drosero intermediae - Rhynchosporetum
albae (Allorge & Denis 1923) Allorge 1926 E D CR Oui +++ ++ + Fort
Myrico gale - Salicetum atrocinereae
Vanden Berghen 1969 E S? EN Non +++ ++ ++ Fort
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Samolo valerandi - Baldellion
ranunculoidis Schaminée & V. Westh. in
Schaminée et al. 1992
R ? EN Oui ++ ++ ++ Fort
Potamion polygonifolii Hartog & Segal
1964 R R VU Non ++ ++ ++ Fort
Molinio caeruleae - Quercetum roboris
(Tüxen 1937) Scamoni & H. Passarge 1959 R? R DD Oui ++ ++ + Secondaire
Scirpetum compacti Van Lagendonck 1931
corr. Bueno & Fern. Prieto in Bueno 1997' RR? R? DD Non ++ + ++ Secondaire
Charetea fragilisF. Fukarek 1961 ? ? DD Oui ++ ++ + Secondaire
Cf. Thelypterido palustris - Phragmitetum
australis Kuyper 1957 em. Segal & V.
Westh. in V. Westh. & den Held 1969'
E D CR Oui +++ ++ + Secondaire
Sphagno palustris - Betuletum pubescentis
(H. Passarge & Hofmann 1968) Mériaux et
al. 1980 nom. inval. (art. 3o, 5)
RR R EN Oui ++ + + Secondaire

Les 10 végétations à enjeu présentent une importante diversité morphologique et dynamique . Elles
sont essentiellement représentatives des milieux ouverts et tourbeux. Elles recouvrent des entités
acidophiles avec 6 groupements et des entités basophiles avec 4 groupements. Leurs principaux points
communs sont
- un substrat para-tourbeux à tourbeux
- un caractère oligotrophile marqué
- un fort besoin en humidité édaphique

Le niveau de responsabilité maximum est atteint pour les végétations patrimoniales ouvertes de la
série dynamique des milieux tourbeux acidophiles. On retrouve tous les stades dynamiques décrits sur
la Réserve depuis les gouilles tourbeuses de cicatrisation du Drosero intermediae - Rhynchosporetum
jusqu'au bois du Myrico gale - Salicetum atrocinereae , en passant par les prairies du Juncenion
acutiflori. Ces végétations se répartissent majoritairement sur le marais de Bouquelon. Toutefois ,
certains faciès se retrouvent sur les Mannevilles comme Cirsio dissecti - Caricetum demissae . Les
tendances d'évolution particulièrement négatives (régression voire en voie de de disparition), définies
pour le territoire du CBNBL souligne la responsabilité de la Réserve pour la conservation de ces
syntaxons. La majorité de ces végétations recouvre des surfaces limitées sur la Réserve correspondant
soit aux mares et aux berges de plans d'eau, soit à des prairies qui ne sont pas toujours en bon état de
conservation.
D'autres végétations à enjeu prioritaire - en danger et pour la plupart en régression - regroupent
également des syntaxons diversifiés avec des végétations des prairies hygrophiles et des végétations
amphibies plus ou moins hautes de bord de mares :
- Hydrocotylo vulgaris - Juncetum subnodulosi, Cladietum marisci, appartenant au système basophile,
tourbeux à para-tourbeux
- Loto tenuis - Trifolion fragiferi , Samolo valerandi - Baldellion ranunculoidis , du système alluvial-
paratourbeux basophile. Il s'agit d'une alliance caractérisant les prairies hygrophiles, subhalophiles,
atlantiques. Elles se développent sur le littoral français jusqu'en Charente Maritime et est décrite dans
Préfecture de l'Eure - 27-2024-08-27-00001 - Plan de gestion 2023-2033 24
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de nombreux pays d'Europe du Nord. Elle présente un intérêt sur le site du fait de ses liens dynamiques
et biogéographiques avec les prairies estuariennes franchement subhalophiles de la R éserve de
l'estuaire de Seine où elle représente d'importantes surfaces. Elle illustre la position du Marais-Vernier
en fond d'estuaire et risque d'évoluer avec les changements climatiques.

Enfin, les herbiers aquatiques enracinés des mares peu profondes tourbeuses à tendance acide,
relativement riches en nutriments, sont également représentés avec le Potamion polygonifolii. A noter
que 6 (voire 7 avec l'Hydrocotylo vulgaris -Junco subnodulosi typique essentiellement décrit sur les
replats topographiques attenant aux mares) des végétations à enjeu fort se retrouvent dans les mares
ou sur leurs berges. Elles reflètent alors la diversité des conditions mésologiques du site.

La responsabilité de la réserve en termes de flore et de végétations se concentre donc, sur les
espèces et synt axons caractéristiques des tourbières et notamment sur l'ensemble des stades
dynamiques, des plus pionniers aux boisés. Elle porte également sur la conservation des végétations
acidophiles des mares peu profondes.

EVALUATION DE LA RESPONSABILITE DE LA RESERVE POUR LA FAUNE
Invertébrés
Odonates

Dernière
observation
LR FR
LR HN
RARETE HN
LR N Version Travail
Bouquelon
Mannevilles
Hors RNN
Autochtonie RNN
Sensibilité
Représentativité
Fonctionnalité
Responsabilité
Coenagrion pulchellum 2022 VU EN RR EN X X X Disparue ? +++ ++ +++ Fort
Lestes virens 2020 LC CR RR LC X X X Présent ++ +++ +++ Secondaire
Brachytron pratense 2018 LC EN R LC X X X Présent ++ ++ +++ Secondaire

La diversité odonatologique observée sur la Réserve peut déjà être considérée comme un enjeu en
tant que tel, étant donné la richesse du site à l'échelle du Nord-Ouest de la France. Une espèce à fort
enjeu et deux espèces à enjeu secondaire se distinguent, toutes trois liées aux mares et fossés riches
en végétation (hydrophytes et hélophytes) :
Coenagrion pulchellum est une espèce en raréfaction dans
toute la France et classée comme vulnérable à l'échelle
nationale. En Haute -Normandie, elle était déjà considérée
comme très rare en 2010 avec trois principaux bastions : la
vallée de la Risle Maritime, le marais Vernier et l'estuaire de la
Seine. Dans ces deux derniers secteurs, une raréfaction est
observée, en particulier sur la réserve ou l'espèce n'a pas été
observée depuis 2015 (de surcroit, les observations post 2010
concernaient des individus isolés). Elle a néanmoi ns été
observée en 2022 sur des terrains adjacents aux Mannevilles. Il
Préfecture de l'Eure - 27-2024-08-27-00001 - Plan de gestion 2023-2033 25
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s'agit donc d'un fort enjeu de conservation pour la réserve, et son statut dans le marais Ve rnier
(Disparu ou encore présent) doit être éclairci à court terme.

Brachytron pratense est liée aux pièces d'eau à ceintures
d'hélophytes. En Haute -Normandie, l'espèce est localisée dans
les mêmes secteurs que Coenagrion pulchellum mais
contrairement à cette dernière, elle ne semble pas
particulièrement en régression.

Lestes virens est liée aux
zones d'eau stagnantes
riches en végétation.
Considérée comme très rare et en danger Critique
d'extinction en 2010 en Haute-Normandie, il semble
finalement en expansion et avoir colonisé le Marais
Vernier cette dernière décennie bien qu'il reste rare
dans la région et a priori localisée aux zones
humides de qualité.
Source des cartes : http://www.asehn.fr/wp-content/uploads/2019/09/Bal-
CERCION_14_VF.pdf

Orthoptères
Taxon
Dernière Obs
Bouquelon
Mannevilles
HORS RNN
Rareté régionale
Liste Rouge Régionale
Sensibilité
Représentativité
Fonctionnalité
Responsabilité
Pseudochorthippus montanus 2013 X X X RR EN +++ ++ +++ Fort
Gryllotalpa gryllotalpa 2012 X X X R EN +++ +++ +++ Fort
Tetrix bolivari X RR EN +++ ++ +++ Fort
Stethophyma grossum 2020 X X X AC NT ++ + +++ Secondaire
Conocephalus dorsalis 2013 X X AC NT ++ + +++ Secondaire

Les milieux humides du site hébergent le plus d'espèces menacées dans la région.
Trois espèces de zones humides menacées et rares en Haute -Normandie sont présentes sur la
Réserve ou à proximité et constituent des enjeux forts de conservation :
Pseudochorthippus montanus a une distribution eurasiatique . En Europe occidentale, il est en
régression, en lien avec la raréfaction de ses lieux de vie habituels (drainage, urbanisation etc.). Il
fréquente les prairies mésotrophes humides, généralement sur sol tourbeux. Il affectionne les endroits
à végétation basse ou semi -haute, assez ouverte , caractéristiques des prairies humides entretenues
par des pratiques pastorales extensives, dans les bas -marais alcalins et les prairies à molinie sur
calcaire.
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Gryllotalpa gryllotalpa évolue en milieu relativement humide : tourbière, marais, prairies et milieux
littoraux humides ... Globalement, la courtilière est en régression et devient rare voire absente de
certaines régions principalement du fait de la dégradation des zones humides. Même si l'espèce n'est
pas menacée à l'échelle du territoire national, elle est néanmoins considérée comme une espèce
fortement menacée d'extinction dans le Nord de la France et comme une espèce menacée, à surveiller
dans les domaines subméditerranéen, aquitain et méditerranéen.
Tetrix bolivari est une espèce hygrophile et géophile qui affectionne les terrains peu végétalisés voire
dénudés à granulométrie fine : vases exondées, limons, argiles et humides en permanence, sous un
climat doux. C'est également une espèce ripicole ; son habitat se trouve généralement à proximité
immédiate de plans d'eau ou de cours d'eau de toutes tailles. Il paraît peu tolérant à la dessiccation
estivale de son habitat. En cas d'assèchement prononcé du milieu, il se réfugie dans un couvert végétal
plus dense et à proximité immédiate (même sommaire). Les Tetrix quittent, avant l'hiver, les habitats
inondables pour se réfugier sur des milieux périphériques.
Deux autres espèces : Stethophyma grossum, Conocephalus dorsalis typiques des zones humides de la
vallée de Seine, mais plus communes peuvent être considérées comme des enjeux secondaires.

Lépidoptères
La liste triée et commentée des Hétérocères, identifiés sur la réserve, se trouve en annexe de ce
document. Certains inventaires sont anciens ou très partiels. Le tri proposé pourra faire l'objet d'un
réajustement lorsque l'atlas régional sera o fficialisé. La liste n'est donc pas prise en compte dans la
sélection des espèces à responsabilité pour la réserve.
Rhopalocères
Taxon
Dernière Obs
Bouquelon
Mannevilles
HORS RNN
Indice de rareté
Liste Rouge Régionale
Sensibilité
Représentativité
Fonctionnalité
Responsabilité
Heteropterus morpheus 2019 X X X RR CR +++ +++ +++ Fort
Apatura ilia 2006 X PC LC + + +++ Secondaire

Heteropterus morpheus est un fort enjeu de conservation sur la Réserve car la partie tourbeuse du
Marais Vernier héberge une des dernières populations de Haute -Normandie, la seule de la vallée de
Seine et le secteur des Mannevilles parait en être un des principaux bastions . La répartition du Miroir
est morcelée en trois principales aires : du nord de l'Espagne à la moitié occidentale de la France, du
nord-ouest de l'Allemagne à l'Est du Benelux, et de l'Europe centrale à la Corée en passant par la Russie
et l'Asie. Le Miroir est principalement menacé par la disparition et/ou la dégradation de son habitat.
Il fréquente les landes humides, marécages, tourbières et les bois clairs tourbeux avec beaucoup de
Molinie bleue. La chenille se développe de juillet à mai (avec une hibernation) sur la Molinie bleue
(Molinia caerulea).

Préfecture de l'Eure - 27-2024-08-27-00001 - Plan de gestion 2023-2033 27
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Coléoptères
Pour les invertébrés suivants, il est encore plus d élicat de statuer sur les enjeux pour la R éserve en
l'absence de liste s de rareté ou de menace au niveau régional (à l'exception des coléoptères
coprophages). Les enjeux sont donc définis à dire d'expert.
Carabidae
Taxon
Dernière Obs
Bouquelon
Mannevilles
HORS RNN
Biologie
Sensibilité
Représentativité
Fonctionnalité
Responsabilité
Elaphrus uliginosus 2004 X Tourbière et
marécages +++ ++ +++ Fort
Demetrias monostigma 2003 X
Parmi les roseaux
dans les grands
marécages
+ ++ +++ Secondaire
Dyschirius tristis 2004 X Secondaire
Odacantha melanura 2019 X
Grands marécages et
étangs, parmi les
roseaux, typhas…
+++ Secondaire

4 espèces de Carabidae peuvent être considérées comme des enjeux de conservation pour la Réserve
étant donné leurs exigences écologiques et leur supposée rareté. Au regard de ces critères, Elaphrus
uliginosus apparait comme un des enjeux les plus forts du site, étant l'espèce de Carabidae la plus
menacée en Europe. Il présente une forte affinité pour les milieux prairiaux et pionniers tourbeux.
Coléoptères aquatiques
Taxon
Dernière Obs
Bouquelon
Mannevilles
HORS RNN
Biologie
Sensibilité
Représentativité
Fonctionnalité
Responsabilité
Agabus unguicularis 2004 1
Espèce très localisée, propre
aux bords des grands marais
à fond tourbeux et
végétation abondante Fort
Hydrovatus cuspidatus 2003 1
Végétation bordant les
étangs et marais découverts.
Espèce assez rare et à
répartition sporadique peu
de stations dans la région en
dehors de celles du Marais
Vernier. Fort
Laccornis oblongus 2004 1
Espèce d'Europe
septentrionale et centrale et Fort
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de Sibérie, très rare, dans les
milieux tourbeux.
Hydroporus marginatus 2003 1
Eau alcaline, stagnante ou
courante Secondaire
Hydroporus scalesianus 2003
Hôte typique des radeaux de
sphaignes en bordure de lacs,
ou des collections de pièces
d'eau plus petites avec des
mousses ou une végétation
dense Secondaire

Comme pour les Carabidae, 5 espèces peuvent être considérées comme des enjeux de conservation,
dont 3 avec des enjeux forts : Agabus unguicularis, Hydrovatus cuspidatus et Laccornis oblongus. La
question se pose pour Hydroporus scalesianus qui ne semble connu que du Marais Vernier dans la
vallée. Aubourg et Stallin , dans leur synthèse sur les coléo ptères aquatiques de Haute Normandie
(2019), l'identifie comme une espèce rare et sporadique qui semble rechercher les grands plans d'eau
comme le confirme la seule observation de cette espèce dans la région (Bords de la Grande-Mare). En
région parisienne, elle se trouve également dans les mares forestières acides.

En 2019, un premier test de l'indicateur composite des coléoptères aquatiques des « Icocam »
développé par le Gretia, réalisé sur une des mares semble confirmer l'intérêt du site pour les
coléoptères aquatiques : Un premier pool d'espèces communes (ex : Agabus bipustulatus, Noterus
clavicornis…) constitue une partie du peuplement observé dans cette pièce d'eau. D'autres cortèges
l'accompagnent et marquent l'originalité de la mare. Deux espèces plutôt littorales et associées
généralement aux milieux saumâtres ( Ochthebius viridis, Enochrus halophilus ), ainsi que des espèces
inféodées aux milieux tourbeux (Paracymus scutellaris, Helophorus flavipes ) ont ainsi été identifiées.
Ce peuplement complexe reflète bien la situation biogéographique du marais. L'indice de rareté est
élevé, ce qui caractérise la présence de plusieurs espèces assez rares ou peu communes à l'échelle du
référentiel ( Limnebius furcatus, Paracymus scutellaris ). La diversité spécifique (33 espèces) est
largement au-dessus de la moyenne observée à l'échelle du référentiel global (19 espèces). La richesse
fonctionnelle s'avère également élevée, traduisant ici une diversité des genres et des traits
fonctionnels représentés. La spécialisation des communautés est également élevée avec notamment
quelques espèces associées aux milieux littoraux. Cette mare s'est avérée particulièrement diversifiée
en espèces et héberge quelques taxons peu communs et originaux. Elle présente à ce titre un potentiel
très élevé reflétant l'intérêt plus global du Marais Vernier qui influence la composition des cortèges
observés (milieux tourbeux, proximité littoral).
Coléoptères saproxyliques
Taxon
Dernière Obs
Bouquelon
Mannevilles
HORS RNN
Biologie
Sensibilité
Représentativité
Fonctionnalité
Responsabilité
Hypoganus inunctus 2005 1 1
Espèce saproxylique
obligatoire, prédatrice. ++ +++ +++ Fort

Hypoganus inunctus est la seule espèce du site avec un indice de patrimonialité de 3 dans le référentiel
sur les coléoptères saproxyliques (SEBEK) qui établit des indices de rareté et de fonctionnalité. La larve
est prédatrice et vit dans les gros bois cariés des feuillus, sous les écorces et sur les vieux arbres feuillus
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22

(Salix, Quercus, Fagus, Acer, Alnus, Carpinus, Sorbus, Tilia, Ulmus ). Cette espèce fréquente les f orêts
froides de plaine et de moyenne montagne de toute l'Europe ( réf. INPN). L'espèce est
occasionnellement myrmécophile.
Coléoptères coprophages
Taxon
Dernière Obs
Bouquelon
Mannevilles
HORS RNN
Biologie
Rareté
Sensibilité
Représentativité
Fonctionnalité
Responsabilité
Acrossus depressus 2013
X
Boisement
frais et
humides R + + +++
Secondaire
Melinopterus punctatosulcatus 2013
X
Estuaires /
Zones
littorales R + ++ +++
Secondaire
Planolinoides borealis 2013 X Milieux
fermés R + + +++ Secondaire

Certaines espèces de coléoptères coprophages semblent rares dans la région, mais pas forcément liées
à des milieux remarquables. Par conséquent, seuls des enjeux moyens de conservation se dégagent.

Syrphidae
La définition des enjeux de conservation pour les diptères syrphidae est basée sur les menaces et les
déclins estimés en France selon la base de données Syrph the net 2016, et la rareté en Basse -
Normandie d'après Lair 2012.
Deux principales catégories d'espèces à enjeux se distinguent : les espèces de marais/zones humides
et les espèces saproxyliques.
• Espèces typiques des zones humides/marais
Taxon
Dernière
observation
Bouquelon
Mannevilles
Rareté BN
Menace
Déclin
Non menacé
Sensibilité
Représentativité
Fonctionnalité
Responsabilité
Lejogaster tarsata 2014 X Non
citée Faible Fort ++ +++ +++ Fort
Orthonevra
geniculata 2014 X RR Fort +++ +++ +++ Fort
Helophilus hybridus 2014 X RR Moyen Moyen ++ + +++ Secondaire
Meligramma
euchroma 2013 X RR Faible Fort ++ ++ +++ Secondaire
Neoascia interrupta 2014 X X Non
citée Faible Fort ++ + +++ Secondaire
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Parhelophilus
frutetorum 2014 X X RR Moyen Moyen ++ + +++ Secondaire
Trichopsomyia
flavitarsis 2014 X X RR Faible Moyen ++ + +++ Secondaire

• Espèces de milieux boisés

Dernière
observation
Bouquelon
Mannevilles
Rareté BN
Menace
Déclin
Non menacé
Sensibilité
Représentativité
Fonctionnalité
Responsabilité
Ceriana conopsoides 2013 1 RR Moyen Moye
n ++ +++ +++ Fort
Ferdinandea ruficornis 2014 1 Non
citée Fort ++ +++ +++ Fort
Caliprobola speciosa 2014 2 RR Faible Fort ++ + +++ Secondaire
Temnostoma bombylans 2014 1 RR Faible Fort ++ + +++ Secondaire

Araignées

Dernière
observation
Bouquelon
Mannevilles
Ecologie
Sensibilité
Représentativité
Fonctionnalité
Responsabilité
Arctosa leopardus 2002 X Caractéristique marais et
tourbière alcalines ++ ++ +++ Secondaire
Marpissa radiata 2002 X Phragmitaie ++ ++ +++ Secondaire
Mendoza canestrinii 2019 X Bas marais alcalins, rare dans le
Nord de la France ++ ++ +++ Secondaire
Trochosa spinipalpis 2002 X Marais froids et tourbières ++ ++ +++ Secondaire

4 espèces d'arachnides peuvent être considérées comme des enjeux moyens de conservation pour la
Réserve. Elles n'apparaissent donc pas dans la liste des espèces à enjeu pour le site. Arctosa leopardus,
Marpissa radiata et Trochosa spinipalpis sont présentes sur la vallée de la Risle. Mendoza canestrinnii
est liée aux cladiaies et aux roselières et ne semble connue dans la région que du Marais Vernier
(Courtils Bouquelon et Réserve).

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Mollusques
Taxon
Dernière
observation
HORS RNN
Marais de
Bouquelon Mannevilles
Indice rareté
pondéré
Législation
LR Europe
LR FR
Sensibilité
Représentativité
Fonctionnalité
Responsabilité
Vertigo angustior 2015 X X RR H2 DHFF VU LC +++ +++ +++ Fort
Vertigo moulinsiana 2015 X R H2 DHFF VU LC ++ + +++ Secondaire
Vertigo antivertigo 2015 X X X R LC LC ++ + +++ Secondaire
Arianta arbustorum 2004 X X R LC LC + + +++ Secondaire
Lymnaea stagnalis 2005 X R LC LC + + +++ Secondaire

Plusieurs espèces de mollusques peuvent être considérées comme des enjeux de conservation, en
particulier les trois Vertigo : antivertigo, angustior et moulinsiana, ces deux derniers étant menacés au
niveau européen et inscrits à l'annexe 2 de la Directive habitats faune flore.
Les bords du Ruel (RCFS de la Grand'Mare) et du fossé des flamands sont d'ailleurs la seule station
connue pour la Haute -Normandie pour Vertigo angustior. La responsabilité de la R éserve quant à sa
conservation est donc très importante. Il est toutefois possible que l'espèce soit présente ailleurs, mais
son observation est rendue délicate par sa très faible détectabilité . L'aire de répartition de Vertigo
angustior est paléarctique, et plus spécifiquement centre -européenne. En France, l'ensemble des
données connues la recense dans une vingtaine de départements.
L'espèce est généralement observée dans trois grands types de milieux : les milieux humides dunaires
et estuariens (dépressions boisées, zones de transition entre dunes et prés salés), les prairies humides
et les marais, les dalles calcaires. On la retrouve dans la litière ou dans les mousses au niveau du sol.
En raison de la disparition de son habitat, l'espèce est actuellement en régression.
D'autres Vertigo (moulinsiana et antivertigo) semblent un peu plus fréquents dans le marais Vernier.

Avifaune
Pour identifier les responsabilités du site, un travail spécifique a été mené , dans le cadre de
l'Observatoire Avifaune, sur les données inhérentes à la Réserve et au marais Vernier. L'analyse fondée
initialement sur le croisement de 3 critères prédéfinis, a été développée et précisée.
À noter que l es e spèces présentes à l'extérieur de la R éserve sont r etirées de l'analyse si aucune
potentialité de présence à l'intérieur du périmètre n'est identifiée . A l'inverse, elles sont prises en
compte si leur présence est avérée sur des terrains proches et si les potentialités d'utilisation de la
Réserve sont probables.
Représentativité ou importance de la Réserve
a. Locale :1 pt
b. Régionale :2 pt
c. Importance ZPS : +1 pt si importance au moins locale
d. Si présence RNN = Ext : 0
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Sensibilité
1. Listes rouges : somme des points
>NT NT
Monde 4 1
Europe 3 1
France 2 1
2. Directive oiseaux
a. DOI : +3
b. Espèces migratrices pas prises en compte car presque toutes les espèces ne sont pas
diagnostiques
3. Points de 0->12
La somme de ces points aboutit à des notes de 0 à 12 pour chaque espèce. La note est ramenée
de 0 à 3 de la façon suivante :
calcul Sensibilité retenue
Nombre d'espèces
concernées
<1 0 99
1-3 1 38
4-6 2 13
7-9 3 3
10-12 3 1

Fonctionnalité
Plusieurs fonctionnalités sont prises en compte : zone de reproduction grandes espèces (+1), zone
d'alimentation (+1), zone de tranquillité : dortoir ou repos diurne (+2), colonie reproduction (+3).
Dans le cas de la reproduction d'espèces à grand territoire, le site a un rôle en permettant à ces espèces
de nidifier et d'exploiter l 'ensemble du marais Vernier. Dans le cas d'e spèces à petit territoire , cet
aspect est pris en compte avec l'importance relative des effectifs : p rise en compte du rôle de la
Réserve pour le marais Vernier, rassemblement d'individus, forte densité…

Le regroupement des trois entrées - sensibilité, représentativité et responsabilité - donne des points
de 0 à 3. Un critère supplémentaire a été intégré au calcul , la SCAP : prioritaire (non pris en compte
finalement).
• Prendre max Nat/Reg
• <2 ->3pt
• 2 -> 2 pt
• 3 -> 1 pt
• A -> 1-2 pt

Le tableau complet se trouve en annexe.
Préfecture de l'Eure - 27-2024-08-27-00001 - Plan de gestion 2023-2033 33
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Espèces
Contexte en
RNNMV
Besoins des
espèces
X : milieu de vie
XX : caractère
supplémentaire
nécessaire
(surface, niveau
eau…)
nom_valide
Exotique
Commentaire
ind_repro_max
Période présence
Présence périmètre
Régularité
Thématiques RNNMV
Paysage ouvert
prairies
palustres
eau y compris inondation
boisements ouverts, lisières
Boisements
Sensibilité
Représentativité
Fonctionnalité
Responsabilité
Platalea leucorodia Linnaeus, 1758 dortoir, colonie
certaine et
constatée R P H Colonie Ruel X X ++ +++ +++
Fort
Anas crecca Linnaeus, 1758 repro et hivernage tranquillité alimentation probable RMH O H Tranquillité XX + ++ +++
Fort
Phalacrocorax carbo (Linnaeus, 1758) dortoir, colonie
certaine et
constatée A O H Colonie Ruel XX +++ +++
Fort
Bubulcus ibis (Linnaeus, 1758) colonie limitrophe RNN possible A O H Colonie Ruel X +++ +++
Fort
Circus aeruginosus (Linnaeus, 1758) Roselière Mannevilles
certaine et
constatée A O H Tranquillité X X XX XX ++ + ++
Fort
Ardea alba Linnaeus, 1758 dortoir, colonie. Irrégulier possible A O H Colonie Ruel X X XX ++ + ++
Fort
Anthus pratensis (Linnaeus, 1758) Repro, troupe hivernage alimentation
certaine et
constatée A O H X XX + ++ ++
Fort
Vanellus vanellus (Linnaeus, 1758) Mannevilles
certaine et
constatée A O H Tranquillité X X ++ ++ +
Fort
Ardea cinerea Linnaeus, 1758 colonie limitrophe RNN probable A O H Colonie Ruel X X ++ +++
Fort
Pandion haliaetus (Linnaeus, 1758) Présence reproduction sur aménagement possible M O H Aménagement X X ++ + +
Fort
Asio flammeus (Pontoppidan, 1763) Repos diurne, alimentation H O H Tranquillité X X X X + ++ +
Fort
Egretta garzetta (Linnaeus, 1766) dortoir, colonie. Irrégulier possible A O H Colonie Ruel X X XX + + ++
Fort
Numenius arquata (Linnaeus, 1758) Mannevilles uniquement probable R O H Tranquillité X X ++ + +
Fort
Nycticorax nycticorax (Linnaeus, 1758) discret
certaine et
constatée R P H Colonie Ruel XX ++ + +
Fort
Spatula clypeata (Linnaeus, 1758) reposoir faible, repro faible probable RMH P H Tranquillité X X X ++ ++
Fort
Acrocephalus paludicola (Vieillot, 1817) Présence terrains voisins (2 entités) M P ? X X X XX +++
Fort
Ciconia ciconia (Linnaeus, 1758) mâts et arbres
certaine et
constatée A O H Spécifique X X XX + ++ +
Fort
Crex crex (Linnaeus, 1758) 3 en 20 ans probable R O R XX ++ ++ +
Fort
Gallinago gallinago (Linnaeus, 1758) Repos diurne, alimentation possible MH O H Tranquillité X X X + + +
Secondaire
Cettia cetti (Temminck, 1820) probable A O H X X X + ++
MOYEN
Emberiza schoeniclus (Linnaeus, 1758) probable A O H X X X X + ++
MOYEN
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27

Locustella naevia (Boddaert, 1783) probable RM O H X X X + ++
MOYEN
Luscinia svecica (Linnaeus, 1758) probable MR O H X X X X + ++
MOYEN
Saxicola rubetra (Linnaeus, 1758) Reproduction > 2019 probable R O R X XX + ++
MOYEN
Ardea purpurea Linnaeus, 1766 1ère reproduction MV 2021 Grand'mare possible M O R X XX + ++
MOYEN
Mareca strepera (Linnaeus, 1758) reposoir faible, repro faible probable RMH P H X X + ++
MOYEN
Anas platyrhynchos Linnaeus, 1758 reposoir faible
certaine et
constatée RMH O H X X + ++
MOYEN
Alcedo atthis (Linnaeus, 1758) possible A P R X +++ /
MOYEN
Aythya ferina (Linnaeus, 1758) probable A P R X +++ /
MOYEN
Streptopelia turtur (Linnaeus, 1758) probable R O H X X +++ /
MOYEN
Accipiter gentilis (Linnaeus, 1758) Discret, couple Manneville 2020 probable A O R
Diversité
milieux XX + +
MOYEN
Alauda arvensis Linnaeus, 1758 rare hiver probable A O H X XX + +
MOYEN
Cisticola juncidis (Rafinesque, 1810) rare hiver probable A O H X X X + +
MOYEN
Lymnocryptes minimus (Brünnich, 1764) Repos diurne HM O H X X X XX + +
MOYEN
Pernis apivorus (Linnaeus, 1758) Reproduction ancienne probable RM O R X XX + / +
MOYEN
Acrocephalus palustris (Bechstein, 1798) probable RM O H XX ++
MOYEN
Acrocephalus schoenobaenus (Linnaeus, 1758)
certaine et
constatée RM O H X X X ++
MOYEN
Circus cyaneus (Linnaeus, 1758) possible MH O R X X X ++ /
MOYEN
Motacilla flava flavissima (Blyth, 1834)
certaine et
constatée MR O H X XX ++
MOYEN

Préfecture de l'Eure - 27-2024-08-27-00001 - Plan de gestion 2023-2033 35
28

La Réserve en tant que telle avec sa surface restreinte, ne peut être le support d'un enjeu strictement
avifaunistique. Elle contribue néanmoins au maintien des fonctionnalités liées à la reproduction, à
l'hivernage et à l'alimentation de 18 espèces.
En connectant « Les Flamands » au Nord avec « Les Litières » à l'Ouest, « les Mannevilles » permettent
l'existence d'une importante zone humide ouverte fonctionnelle et particulièrement attractive à l'Est
du Marais Vernier pour des passereaux nicheurs, le Vanneau huppé, le Courlis cendré, le Busard des
roseaux. Le Râle des genêts peu observé sur le Marais -Vernier, mais régulièrement présent dans la
vallée de Seine en faible effectif, peut également bénéficier de ces vastes espaces ouverts.
137 taxons ont été détectés en Réserve en période de reproduction dont 111 fournissent des indices
de reproduction. C'est un chiffre très important comparé aux nombres d'espèces nicheuses régionales
(160 environ). Cela illustre la très forte potentialité d u site du Marais Vernier comme celle de la
Réserve. Ce nombre s'approche d'un plafond sans l'atteindre véritablement jusqu'en 2019. Une
nouvelle espèce nicheuse a été détectée depuis : l'Autour des palombes en 2021. Les effectifs
reproducteurs de passereau x prairiaux et palust res sont également importants et atteignent
régulièrement des seuils nationaux. Au vu d e son statut de « menacé mondialement », le Phragmite
aquatique pourrait être recherché sur le site , puisqu'il est observé à proximité immédiate de la
Réserve.

Pour les grands échassiers coloniaux, la Réserve assure sécurité et facilité d'accès aux arbres le long du
Ruel. En lien avec la RCFS de la Grand'mare, ces deux réserves jouent un rôle essentiel pour la présence
de ces espèces au Marais Vernier. Il serait également pertinent de prendre en co mpte les besoins en
alimentation de ces espèces. La localisation des Mannevilles sous la colonie, lui confère un fort
potentiel pour l'alimentation et joue un rôle important au moment de l'envol des jeunes. Ils ont un
faible rayon d'action ; les sites d'alimentation à proximité immédiate de la colonie peuvent participer
à leur survie et à leur émancipation. Cet emplacement est stratégique pour l'exploitation des zones
humides alentours.

Les Mannevilles, entre les bras de la Grand'mare, constitue un ensemble attractif pour les oi seaux
d'eau migrateurs. Le Ruel fonctionne occasionnellement comme une zone de repli diurne (repos,
sécurité) secondaire de la Grand'mare avec des zones de gagnage (alimentation) immédiatement
disponibles. Les espèces présentes s'alimentent principalement d ans les prairies sous de faibles
hauteurs d'eau. La Sarcelle d'hiver est l'espèce de canards « emblématique » du Marais Vernier ; elle
est souvent la plus nombreuse sur le Ruel , avec 17-18% des effect ifs des sarcelles d'hiver du Marais
Vernier qui sont régulièrement d'importance nationale comme en février 2021.

Mammifères
La majorité des espèces recensées (hors chauves -souris et Campagnol amphibie) a été identifiée en
tant que reproducteurs réguliers sur la Réserve. Concernant la menace qui pèse sur les mammifères
du marais Vernier tourbeux, le Campagnol amphibie est le seul menacé dans le monde et en Europe.
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Noms scientifiques
Directive Habitats
Convention de Berne
Liste rouge France
Tendance nationale
Liste rouge Régionale
Haute Normandie
Tendance régionale
Statut de protection
Dernière observation
Sensibilité
Représentativité
Fonctionnalité
Responsabilité
Arvicola sapidus NT  VU ? N 2015 +++ ++ + Fort
Neomys fodiens LC  VU ? N 2015 +++ ? + Fort
Mustela putorius NT  NT  - 2021 +++ ? + Fort
Martes martes LC  EN  - 2021 + Secondaire
Martes foina LC ? LC  - 2021 + Secondaire
Meles meles LC  LC  - 2020 + + Secondaire
Vulpes vulpes LC  LC  - 2021 + + Secondaire
Talpa europaea LC  LC ? - 2020 + + Secondaire
Capreolus
capreolus LC  LC  - 2021 + + Secondaire
Cervus elaphu LC  LC  - 2021 + + ++ Secondaire
Sus scrofa LC  LC  - 2021 + + Secondaire
Lepus europaeus LC ? LC  - 2021 + + Secondaire


Nom scientifique
Liste rouge
France
Tendance
nationale
Liste rouge
Haute
Normandie Tendance
régionale
Protection
nationale
Directive
"Habitats"
Convention de
Berne
Convention de
Bonn
année
observation
Sensibilité
Représentativité
Fonctionnalité
Responsabilité
Myotis
daubentonii Khul
1819
LC ? LC  X Annexe
IV
Annexe
II
Annexe
I et II 2000
+ + + Fort
Nyctalus noctula
Scherber 1774 VU  VU  X Annexe
IV
Annexe
II
Annexe
I et II 2008 +++ + + Fort
Rhinolophus
ferrumequinum
Schreber 1774
LC  VU  X Annexe II
et IV
Annexe
II
Annexe
I et II 2000
+++ Secondaire
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30

Pipistrellus
nathusii Keyserling
et Blasius 1839
NT ? NT ? X Annexe IV Annexe
II
Annexe
I et II 2013
++ + + Secondaire
Eptesicus
serotinus Scherber
1774
NT ? LC ? X Annexe IV Annexe
II
Annexe
I et II 2013
+ + Secondaire
Pipistrellus
pipistrellus
Scherber 1774
LC  LC ? X Annexe IV Annexe
III
Annexe
I et II 2013
+ + Secondaire
Myotis mystacinus
Kuhl 1819 LC  LC  X Annexe IV Annexe
II
Annexe
I et II 2013 + + Secondaire
Myotis nattereri
Kuhl 1818 LC ? LC ? X Annexe IV Annexe
II
Annexe
I et II 2013 + + Secondaire
Plecotus auritus
Linnaeus 1758 LC ? LC ? X Annexe IV Annexe
II
Annexe
I et II 2013 + + Secondaire
Pipistrellus cf.
kuhlii NT  LC  X Annexe IV Annexe
II
Annexe
I et II 2008 + Secondaire

Des chiroptères sont régulièrement observés en vol sur la réserve, mais n'ont pas fait l'objet
d'inventaire spécifique. Le site constitue un secteur de chasse pour ces espèces.

Amphibiens
Ils sont des bio -indicateurs, ou « organismes sentinelles » qui réagissent précocement aux
modifications de l'environnement. Or depuis les années 1980, 9 espèces se sont éteintes, 113 sont en
confirmation de disparition et 1856 sont menacées d'extinction dans le monde, soit 32 % de ces
espèces.

La Rainette verte, la Grenouille agile et la Grenouille verte de Lessona sont protégé es au niveau des
individus, mais aussi de leurs habitats.
Noms scientifiques
Directive Habitats
Convention de
Berne
Liste rouge France
Tendance
nationale
Liste rouge
Régionale
Haute Normandie
Tendance
régionale
Statut de
protection
Dernière
observation
Sensibilité
Représentativité
Fonctionnalité
Responsabilité
Hyla arborea
(Linnaeus,
1758)
Annexe
IV
Annexe
II NT  EN R+++ Art.
2 2021 +++ ++ +++ Fort
Pelophylax
lessonae
(Camerano,
1882)
Annexe
IV
Annexe
III NT  DD ? Art.2 2014 ++ ++ +++ Fort
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31

Lissotriton
vulgaris
(Linnaeus
1758)
NT  VU R++ Art.
3 2021 +++ ++ +++ Fort
Rana
temporaria
(Linnaeus,
1758)
Annexe
V B3 LC  NT R+ Art.
5 2019 ++ ++ ++ Secondaire
Pelophylax kl.
esculentus
(Linnaeus,
1758)
Annexe
V
Annexe
III NT  LC R+ Art.
5 2021 + ++ +++ Secondaire
Ichthyosaura
alpestris
(Laurenti,
1768)
LC  LC R+ Art.
3 1999 + ++ +++ Secondaire
Lissotriton
helveticus
(Razoumowsky,
1789)
LC  LC R Art.
3 2021 + ++ +++ Secondaire
Rana
dalmatina
(Fitzinger in
Bonaparte,
1838)
Annexe
IV
Annexe
II LC  LC Stable Art.
2 2021 + ++ +++ Secondaire
Bufo bufo
(Linné, 1758) Annexe
III LC  LC Stable Art.3 2014 + ++ +++ Secondaire

Sans inventaire exhaustif, le diagnostic fait ressortir p eu d'éléments sur les amphibiens. Deux mares
ont été inventoriées dans le cadre d'un e étude plus globale, en 2014-2015 : quatre espèces ont été
signalées dont la Rainette verte (EN en Haute-Normandie) et la Grenouille de Lessona (NT au niveau
national). En 2019 , des observations ponctuelles ont été réalisées dont la Grenouille rousse (VU en
Basse-Normandie et NT en Haute -Normandie) ; cette dernière qui n'avait pas été détectée en 2014 -
2015, serait comme la Vipère péliade intéressante à suivre dans un contexte de changements
climatiques.
Pour les amphibiens et les reptiles, la diversité des mares et les habitats en mosaïque (broussailles,
haies, lisières forestières exposées au sud…) constituent un élément essentiel pour la réalisation de
leur cycle de vie. Le caractère acide des eaux peut néanmoins constituer un facteur limitant pour ces
espèces.


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Reptiles
Noms
scientifiques
Directive Habitats
Convention de
Berne
Liste rouge
régionale
Tendance
régionale
Liste rouge
France
Tendance
nationale
Statut de
protection
Sensibilité
Représentativité
Fonctionnalité
Responsabilité
Vipera berus
(Linnaeus,
1758)
Annexe
III
EN R+++
VU

Nat.
+++ +++ +++ Fort
Zootoca
vivipara
(Jacquin, 1787)
Annexe
III
NT R+
LC
 Art.
3
++ +++ +++ Fort
Coronella
austriaca
(Laurenti, 1768)
Annexe
IV
Annexe
III
NT R+
LC
? Art.
2
++ ++ +++ Secondaire
Natrix natrix
(Linnaeus, 1758) Annexe
III
LC R LC  Art.
3
+ ++ +++ Secondaire
Anguis fragilis
(Linnaeus, 1758) Annexe
III
LC R LC  Art.
3
+ ++ +++ Secondaire

L'espèce qui connait le plus fort déclin actuellement est la Vipère péliade, espèce septentrionale,
véritable relique boréale. Elle a besoin essentiellement de milieux ouverts et fuit les forêts ombreuses
dépourvues de clairière. Elle affectionne les végétations basses étagées à structuration complexe, qui
lui offre à la fois une bonne productivité en nourriture (abondance des mic ro-mammifères), et des
cachettes où elle peut se retirer rapidement en cas de danger (broussailles, friches, haies, buissons
épars comme les ronciers). De même, le Lézard vivipare aux affinités bioclimatiques proches est à
surveiller.
Le suivi des reptiles initialement prévu n'a pas été réalisé. Pourtant la Vipère péliade, présente sur le
site, est menacée à l'échelle régionale (EN en Haute -Normandie et en Basse-Normandie) et nationale
(VU). La Normandie a une responsabilité importante en matière de conservation de cette espèce en
France car environ un quart de son aire d'occupation nationale s'y trouve. Cette vipère n'est pas
menacée en tant qu'espèce car son aire de répartition est la plus grande des serpents d'Europe. On la
trouve de la France à la Russie et, au-delà, jusqu'en Corée. Cependant, la biodiversité ne se réduit pas
aux espèces ; elle intègre également la diversité des écosystèmes et des gènes. Et c'est bien un
patrimoine génétique particulier qui est en train de disparaitre avec les populations françaises, en
limite d'aire de répartition. Il est prévu un plan régional d'action sur cette espèce (+ d'autres
amphibiens reptiles) et un PNA a été lancé.
En outre, la Vipère péliade , notamment les femelles gestantes et leurs embryons, présente des
contraintes hydriques importantes. En d'autres termes, des sécheresses en été et/ou l'absence de
zones en eau, sont défavorables à la reproduction de cette espèce.
Plus globalement, les reptiles sont de s organismes ectothermes, particulièrement intéressants pour
suivre l'impact du changement climatique sur la biodiversité . Ils constituent des espèces « sentinelles
des changements climatiques ». Il serait donc essentiel de poursuivre l'inventaire et le suivi protocolé
(e.g. POPReptile (SHF-CNRS)) récemment engagés.
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SYNTHESE : IDENTIFICATION DE LA RESPONSABILITE DE LA RESERVE VIS-A-VIS DE LA
CONSERVATION
Le tableau ci -dessous regroupe l'ensemble des espèces qui apparaissent comme prioritaires pour la
Réserve.

Nom scientifique
Sensibilité
Représentativité
Fonctionnalité
Enjeu
Flore
Drosera intermedia Hayne +++ ++ ++ Fort
Drosera rotundifolia L. +++ ++ ++ Fort
Lobelia urens L. +++ ++ + Fort
Lysimachia tenella (L.) L. +++ ++ ++ Fort
Triglochin palustris L. +++ + +++ Fort
Baldellia ranunculoides (L.) Parl. +++ ++ ++ Fort
Osmunda regalis L. +++ + +++ Fort
Utricularia australis R. Brown +++ ++ + Fort
Anacamptis palustris Jacq.X O. laxiflora Lam +++ ++ + Fort
Thelypteris palustris Schott +++ + ++ Fort
Eleocharis multicaulis (Smith) Desv. +++ ++ ++ Fort
Carex punctata Gaudin +++ + ++ Fort
Anacamptis laxiflora Lam. +++ + ++ Fort
Myrica gale L. ++ + ++ Fort
Apium inundatum (L.) Reichenb. f. ++ ++ + Fort
Erica tetralix L. ++ ++ + Fort
Ranunculus trichophyllus Chaix ++ + + Fort
Bryoflore
Herzogiella seligeri (Brid.) Z.Iwats. +++ +++ +++ Fort
Aulacomnium palustre (Hedw.) Schwägr. ++ ++ +++ Fort
Cephalozia connivens (Dicks.) Lindb. ++ ++ ++ Fort
Sphagnum cuspidatum Ehrh. ex Hoffm. ++ ++ ++ Fort
Sphagnum fimbriatum Wilson +++ ++ ++ Fort
Groupements végétaux
Juncenion acutiflori Delpech in Bardat et al. 2004 prov. +++ ++ +++ Fort
Eleocharitetum multicaulis (Allorge 1922) Tüxen 1937 +++ ++ ++ Fort
Cf. Hydrocotylo vulgaris - Juncetum subnodulosi (Wattez 1968)
B. Foucault in J.M. Royer et al. 2006 +++ ++ ++ Fort
Cladietum marisci Allorge 1922 +++ ++ ++ Fort
Loto tenuis - Trifolion fragiferi V. Westh., C. Leeuwen & Adriani
ex B. Foucault 2008 ++ + +++ Fort
Ericion tetralicis Schwick. 1933 +++ ++ + Fort
Drosero intermediae - Rhynchosporetum albae (Allorge & Denis
1923) Allorge 1926 +++ ++ + Fort
Myrico gale - Salicetum atrocinereae Vanden Berghen 1969 +++ ++ ++ Fort
Samolo valerandi - Baldellion ranunculoidis Schaminée & V.
Westh. in Schaminée et al. 1992 ++ ++ ++ Fort
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Potamion polygonifolii Hartog & Segal 1964 ++ ++ ++ Fort
Odonates
Coenagrion pulchellum +++ ++ +++ Fort
Orthoptères
Pseudochorthippus montanus +++ ++ +++ Fort
Gryllotalpa gryllotalpa +++ +++ +++ Fort
Tetrix bolivari +++ ++ +++ Fort
Rhopalocères
Heteropterus morpheus +++ +++ +++ Fort
Carabidae
Elaphrus uliginosus +++ ++ +++ Fort
Coléoptères aquatiques
Agabus unguicularis Fort
Hydrovatus cuspidatus Fort
Laccornis oblongus Fort
Coléoptères saproxyliques
Hypoganus inunctus ++ +++ +++ Fort
Syrphidae
Lejogaster tarsata ++ +++ +++ Fort
Orthonevra geniculata +++ +++ +++ Fort
Ceriana conopsoides ++ +++ +++ Fort
Ferdinandea ruficornis ++ +++ +++ Fort
Mollusques
Vertigo angustior +++ +++ +++ Fort
Avifaune
Platalea leucorodia Linnaeus, 1758 ++ +++ +++ Fort
Anas crecca Linnaeus, 1758 + ++ +++ Fort
Phalacrocorax carbo (Linnaeus, 1758) +++ +++ Fort
Bubulcus ibis (Linnaeus, 1758) +++ +++ Fort
Circus aeruginosus (Linnaeus, 1758) ++ + ++ Fort
Ardea alba Linnaeus, 1758 ++ + ++ Fort
Anthus pratensis (Linnaeus, 1758) + ++ ++ Fort
Vanellus vanellus (Linnaeus, 1758) ++ ++ + Fort
Ardea cinerea Linnaeus, 1758 ++ +++ Fort
Pandion haliaetus (Linnaeus, 1758) ++ + + Fort
Asio flammeus (Pontoppidan, 1763) + ++ + Fort
Egretta garzetta (Linnaeus, 1766) + + ++ Fort
Numenius arquata (Linnaeus, 1758) ++ + + Fort
Nycticorax nycticorax (Linnaeus, 1758) ++ + + Fort
Spatula clypeata (Linnaeus, 1758) ++ ++ Fort
Acrocephalus paludicola (Vieillot, 1817) +++ Fort
Ciconia ciconia (Linnaeus, 1758) + ++ + Fort
Crex crex (Linnaeus, 1758) ++ ++ + Fort
Mammifères
Arvicola sapidus +++ ++ + Fort
Amphibiens
Hyla arborea (Linnaeus, 1758) +++ ++ +++ Fort
Pelophylax lessonae (Camerano, 1882) ++ ++ +++ Fort
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Lissotriton vulgaris (Linnaeus 1758) +++ ++ +++ Fort
Reptiles
Vipera berus (Linnaeus, 1758) +++ +++ +++ Fort
Zootoca vivipara (Jacquin, 1787) ++ +++ +++ Fort

La hiérarchisation des espèces et des végétations recensées sur la réserve en fonction de leur
patrimonialité, de leur représentativité et de la fonctionnalité au sein du site, aboutit à l'identification
d'une responsabilité forte de la Réserve vis-à-vis de la conservation de 71 taxons et syntaxons répartis
en 3 groupes selon leurs affinités écologiques :

1. Potamion polygonifolli, Utricularia australis , R anunculus trychophyllus, les amphibiens,
l'Agrion joli, les 3 Coléoptères aquatiques constituent le groupe des espèces et des végétations
liées à la présence de mares et d'eau libre. Les végétations amphibies de bord de mare peuvent
y être rattachées : Baldellia ranunculoides, Apium inundatum, Eleocharis multicaulis qui
illustrent l'Eleocharitetum multicaulis et le Samolo valerandi -Baldellion ranunculoidis. On y
rajoute également le Cladietum marisci pour les végétations de type roselières.

2. Un système tourbeux avec des représentants des stades les plus pionniers des tonsures
tourbeuses dénudées, tremblants avec le Drosero intermediae -Rhynschosporetum albae et
Drosera intermedia, D. rotundifolia, Elaphrus uliginosus, Aulacomnium palustre , Sphagnum
cuspidatum, aux systèmes prairiaux ou bas -marais diversifiés avec Sphagnum fimbriatum ,
Cephalozia connivens, Pseudochorthippus montanus, Lysimachia tenella, Triglochin palustris,
Carex punctata ou Anacamptis laxiflora, Juncenion-acutiflori, Hydrocotylo vulgaris -Juncetum
subnodulosi. On y retrouve également, mais de manière moins régulière, des espèces liées aux
landes atlantiques de l'Ericion tetralicis , hygrophiles à mésohygrophiles avec Erica tetralix ,
Lobelia urens et des milieux tourbeux boisés jeunes (Myrico gale-Salicetum atrocinereae) ou
très peu denses à Myrica gale et Heteropterus morpheus , Osmunda regalis et Thelypteris
palustris, avec des bois morts pour Herzogiella seligeri , Hypoganus inunctus, Ceriana
conopsoides, Ferdinandea ruficornis. Il s'agit d'un s ystème dans lequel les espèces et les
végétations se répartissent en 2 sous -groupes selon leurs affinités acidophiles, les plus
nombreuses, et basophiles à neutres.

3. Les espèces et les végétations, associées aux zones humides alluviales de fond d'estuaire,
caractérisent des milieux essentiellement ouverts ; elles réclament également la présence
d'eau libre (mares, fossés, annexe hydraulique) , voire de fourrés ou de haies . Ce groupe
englobe les o iseaux, le Campagnol amphibie, le Vertigo étroit , les 2 premières espèces de
Syrphes, le Tetris caucasien et la Courtillière, la V ipère péliade et le Lézard vivipare , les
hétérocères. Les végétations qui s'y rattachent appartiennent au Loto tenuis-Trifolion fragiferi.

Préfecture de l'Eure - 27-2024-08-27-00001 - Plan de gestion 2023-2033 43
végétations à enjeu- Drosero Intermediaé - Rhynschosparetum aibse[ Rhynetceperion[ Esccharitetum mutticautis[[7] Caro vericilati - Juncenion acutfori[ Juncenion acmor[ -uncenion scttior peté ce Alnus glutinossMRE Hydrocotylo v-lgaris - Juncetum scutiforE Petuse ouverte et surpétinée & Sirsium éissedtum[ Demunés regais - tayiicion galeMRE —vérocotylo vlgaris - Juncetum subnodulosi[ZZ] Hydrocotylo v.lgaris - Schoënenion nigricantisMRE =ciamion polygonifoli[ Srésietum marisci[ Lo tenuis - Trfslion fragiferi
SCURULSe o]
Eouciesl Sens Yomaroe
répartition des végétations à enjeuMannevilles, 2023
Niveau de dégradationHN très dégradé" dégradé" bon à dégradéH bon état
Niveau de dégradation des végétations à enjeu
36

Description de l'enjeu de conservation
Le diagnostic du plan de gestion et la première partie de ce document ont fait émerger un enjeu de
conservation qui constituent la racine du tableau de bord du plan de gestion et qui se décline ensuite
en OLT.
ENJEU : DIVERSITE DES ECOSYSTEMES MESOTROPHILES A OLIGOTROPHILES, D'UNE
ZONE HUMIDE ALLUVIALE DYSFONCTIONNELLE D'ESTUAIRE
Les espèces à responsabilité qui sont ressorties de l'analyse, réalisent tout ou partie de leur cycle de
vie sur la réserve et nécessitent pour se faire une zone humide alluviale de fond d'estuaire en bon état
de conservation avec des paysages végétaux diversifiés et complémentaires.
L'originalité et la richesse de la réserve sont fondées sur la diversité des milieux qu'elle renferme avec
une intéressante représentativité des grands ensembles humides du marais Vernier, de l'alluvial
minéral au tourbeux et du tourbeux alcalin au tourbeux acide. Les gradients pédologique, de pH et de
salinité définissent d'emblée la multiplicité des milieux. Cet e njeu peut être scindé en 2 grands
ensembles où le tourbeux semble d'emblée le plus fragile et le plus menacé et le minéral, plus proche
des prairies de fond d'estuaire de Seine présente une plus grande résilience.
Pour répondre à la diversité des besoins écologiques des espèces à responsabilité et au regard de la
diversité des milieux exprimés sur le site, il s'agit de conserver la mosaïque d'habitats en tant que telle.
Enfin la réserve s'intègre dans des entités alluviales fonctionnelles plus vastes et contribue ainsi au
maintien des fonctionnalités liées, par exemple, à la reproduction, à l'hivernage et à l'alimentation de
nombreux oiseaux.




















Préfecture de l'Eure - 27-2024-08-27-00001 - Plan de gestion 2023-2033 44
- répartition des végétations à enjeu - Bouquelon, 2023
wbgdatons à enjouDrosero interB rimenozporB Frieccharteu( cae vesticitaD Joncerion 2Juncorien @B Hydrocotylo«B Fekuse ouveB Osmundo re;B Hrdrocotyl>»Z Hydrocotyl>»DE Fotamion po/[ cladistum m- Loto tenuis-
16 - Rhyrscresporetum albae
Micausisamcenion acutifiriii picte de Alnus alutinzsa5 - Jurcetum acutifori:suroiétinéa à Cisium dissectum-Myricion gale#s - Jurcotum subnodulosis - Schoononion nigricantisi
on fragifen
Niveau de dégradation des végétati enjeu
Niveau de dégradationHE très dégradé" dégradébon à dégradéHE bon état
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Végétations para-tourbeuses à tourbeuses, hygrophiles à aquatiques, oligotrophiles, et leur
faune associée
Les végétations turficoles ouvertes sont au cœur des enjeux de conservation de la réserve. Ces
végétations hébergent non seulement un cortège floristique remarquable, mais sont également
utilisées par des espèces faunistiques spécialisées, peu nombreuses et exceptionnelles (Elaphrus
uliginosus). Les 40 ans de gestion ont maintenu de larges espaces ouverts et ont conduit au
développement d'un patchwork dynamique en constante mutation entre différentes végétations. Ces
années de gestion conservatoire ont permis l'expression de végétations patrimon iales. La réserve
abrite ainsi des séries dynamiques diversifiées : stades aquatiques et pionniers sur tourbe dénudée,
landes et jeunes bois. Au sein de ces végétations tourbeuses, deux systèmes liés au pH des sols et aux
types d'alimentation en eau se jux taposent et composent parfois des mosaïques complexes comme
sur certaines mares, les deux types de milieux tourbeux s'expriment : végétations amphibies et
aquatiques plutôt acidophiles et végétations des berges plutôt basophiles. Ces mares, très anciennes
pour certaines, toutes d'origine anthropique, ont une mise en eau et un assec naturels et se situent à
proximité de secteurs boisés ou de haies.
Les descriptions pédologiques réalisées en 2016 font ressortir un gradient de pH marqué et soulignent
le niveau de dégradation de la tourbe en surface, plus ou moins élevé selon les secteurs. Une
modification des pratiques peut favoriser le maintien de la tourbe en bon état de conservation et le
redémarrage de la tourbification (permettre l'accumulation de matières organiques, limiter la
déstructuration et le tassement de la couche superficielle, assurer un approvisionnement en eau
suffisant). La condition essentielle pour assurer la pérennité des systèmes tourbeux est le maintien
d'une tourbe en bon état de conservation voire d'une dynamique de tourbification. Or, aujourd'hui le
constat est plutôt pessimiste concernant la minéralisation de la tourbe, influencée par la quantité et
la qualité des eaux qui arrivent sur le site, et concernant la déstructuration de la tourbe superficielle
dans les secteurs pâturés. Ces processus se traduisent par un enrichissement du milieu et une
banalisation de la flore et des végétations. Les deux systèmes tourbeux forment un continuum
écologique où le système tourbeux acidophile centré sur le Hydrocotylo – Juncetum acutiflori (ou
Juncenion acutiflori ) se trouve, t rès localement, en bon état de conservation. Ces secteurs qui
constituent des points de référence pour les végétations -cible de cet enjeu, subissent néanmoins un
Préfecture de l'Eure - 27-2024-08-27-00001 - Plan de gestion 2023-2033 45
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certain isolement. Il est d'autant plus marqué pour des populations d'espèces, comme Drosera
intermedia. Les surfaces d'habitats à responsabilité sont restreintes et se limitent souvent à des patchs
au sein de matrices plus dégradées. Cette dégradation se traduit par une progressive banalisation de
la flore avec le maintien de quelques espèces typiques. Les causes en sont multiples et se cumulent :
La fonctionnalité de la tourbière est mise à mal par des niveaux d'eau inadaptés et par la qualité
physico-chimique des eaux de surface qui pose question. La présence d'une espèce exotique
envahissante : Campylopus introflexus qui se développe à la faveur de l'assèchement du milieu, en
témoigne. Depuis quelques années, force est de constater que cette dynamique tend également vers
l'enfrichement et le boisement des secteurs ouverts sur Bouquelon. Pour améliorer l'état de
conservation de ces espaces ouverts, il est indispensable d'adapter les pratiques pour lutter
efficacement contre ce processus.
On retrouve ce système acidophile sur les Mannevilles dans la partie boisée de la réserve. Il s'agit d'une
forêt à peuplement arborescent ouvert à très ouvert, mésophygrophile à franchement hygrophile
acidophile, caractérisée par l'omniprésence de Betula pubescens. La densité d'arbres est variable ; les
strates arbustives et herbacées sont peu diversifiées et mal structurées, en lien sans doute avec la
gestion ancienne par pâturage et par l'abroutissement des grands animaux. Des fourrés à Myrica gale
y sont identifiés. La strate herbacée dominée par Molinia caerulea qui se présente le plus souvent sous
la forme de touradons, abritent quelques pieds de Osmunda regalis et une petite population
d'Heteropterus morpheus. La prédominance de Molinia caerulea et Frangula alnus caractérise un
faciès d'atterrissement avec une baisse du niveau de la nappe d'eau. Ces communautés forestières
jeunes jouent un rôle fonctionnel pour des espèces xylophages et épiphytiques et constituent
vraisemblablement des zones refuges pou r des espèces ordinairement héliophiles. Il est donc
important de les conserver en bon état.
Dans les prairie s Sud des Mannevilles, des faciès de transition (acido -basophiles) se succèdent et
posent des difficultés d'interprétation. Une grande partie du secteur semble en cours d'acidification,
avec l'expression du Juncetum effusi. Une autre hypothèse souligne l'im pact du pâturage hivernal
parfois inadapté. De nombreuses interrogations demeurent sur le devenir de ce secteur.
Dans les mares tourbeuses acidophiles, les herbiers aquatiques patrimoniaux du Potamion
polygonifolii sont en partie colonisés par les hélophytes qui menacent le maintien et le développement
de ces herbiers à enjeu. Pour redynamiser ces herbiers, des interventions sont éventuellement à
prévoir. Les végétations rattachées à l'Eleocharitetum multicaulis ou à l'Hydrocotylo-Baldellion (Apium
inundatum, Eleocharis multicaulis) se sont développées à la faveur des secteurs étrépés et des berges
en pente douce et ne représentent pas de fait de grandes surfaces sur la réserve. Leurs communautés
végétales sont en général pauvres en espèces. Les surfaces réduites et le pâturage marqué de ces
secteurs expliquent cet état de fait. L'amélioration de leur état de conservation passe par
l'augmentation de leur surface et par l'a daptation des pratiques pastorales. Des sphaignes comblent
certaines mares pour former des micro-tourbières bombées au sein du marais, où se développent des
végétations et des espèces à forte responsabilité de conservation pour la réserve. Des faciès isolés de
tourbières de transition à Drosera rotundifolia et intermedia, Carex punctata (Ericion tetralix et
Drosero-Rhynschosporetum)… s'y maintiennent sans pâturage depuis plusieurs années. On constate
néanmoins un fort isolement et une fragilité marquée de certaines populations d'espèces comme
Lobelia urens, Erica tetralix (une station de chaque espèce sur la réserve avec très peu de pieds et peu
de stations à l'échelle du marais Vernier) caractéristiques des landes qui nécessitent des opérations de
renforcement.
Un système tourbeux à paratourbeux basophile est centré sur le bas-marais alcalin avec le
Hydrocotylo-juncetum subnodulosi, présent uniquement sur les Mannevilles à la faveur de quelques
secteurs spécifiques, comme les z ones expérimentales d'étrépage. À cette occasion, une tourbe
fonctionnelle mise à nu et des niveaux d'eau favorables ont permis son développement. Il apparaît
également sur certaines berges en pente très douce de mares ou sur des replats périphériques aux
plans d'eau qui constituent alors de s refuges pour ces végétations. Il peut ainsi servir de point de
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comparaison avec les autres végétations de la réserve et d'appui à la fonction refuge de ces mares :
mieux connaître et cibler les conditions optimales (fonctionnement hydrologique et niveaux
topographiques) pour l'accueil de ces végétations, de Pseudochorthippus montanus . Baldellia
ranunculoides, Lysimachia tenella sont présentes au sein des pelouses amphibies exondables, du
Samolo Baldellion. La première espèce est assez courante sur la réserve tandis que la seconde est
réapparue récemment en une unique station sur le site. Certaines mares peuvent également abriter le
Cladietum marisci, sur des surfaces très limitées. La notion d'isolement est encore plus marquée pour
ces habitats basophiles. Différentes actions pourront limiter cet isolement. L'unique prairie de
l'Hydrocotylo-juncetum subnodulosi est actuellement en mauvais état de conservation. Sont en cause
un pâturage hivernal lors d'une saison très inondée aggravé par l'action des sangliers (fouilles, boutis,
excavations). Elle nécessite une action spé cifique de restauration qui permettra l'expression de cette
végétation sur des surfaces prairiales plus importantes.

En résumé, les habitats à responsabilité présentent très localement un bon état de conservation,
malgré l'isolement de certaines végétations et populations d'espèces. Les surfaces d'habitats
patrimoniaux sont globalement restreintes et se limitent souvent à des taches au sein de matrices plus
dégradées. Sans remettre en cause le pâturage sur la réserve, la question de l'adaptation de ce mode
de gestion face aux évolutions du milieu et des conditions mésologiques (conservation de la tourbe en
surface, pressions de pâturage, saison de pâturage…) se pose. Des potentialités de restauration
existent, malgré la fonctionnalité hydrologique de la tourbière dégradée avec un manque de maîtrise
des niveaux d'eau et de la qualité physico-chimique des eaux de surface. Dans un contexte où le marais
connait un dysfonctionnement hydrologique majeur , les mares constituent des zones -refuge pour de
nombreuses espèces et végétations ; elles pourront servir de zones-source, une fois que les conditions
hydro-pédologiques favorables seront retrouvées ou recréées. Ce petit territoire recèle une 20aine de
mares, créées pour diversifier les habitats du site ( multiplicité des formes, tailles, profondeurs,
berges...). Leur diversité reflète les différents gradients écologiques identifiés sur la réserve. Le but est
d'entretenir cette mosaïque d'habitats ouverts à semi -ouverts allant des végétations prairiales
jusqu'aux bois pionniers, cladiaies, jonchaies et gouilles tourbeuses en passant par les végétations
aquatiques et amphibies et d'améliorer leur caractère turficole.

Communautés biologiques associées aux milieux ouverts, mésohygrophiles à aquatiques, sur
alluvions Ou milieux humides mésotrophiles à oligotrophiles, diversifiés et complémentaires,
de fond d'estuaire
Les communautés herbacées alluviales du Loto-Trifolion fragiferi (et secondairement du Alopecurion
rendlei pour la prairie mixte de fauche) caractérise le système minéral basophile, résultat de l'évolution
géologique et géomorphologique du site , qui se juxtapose aux systèmes tourbeux décrits dans le
premier enjeu. Ces prairies présentent différents faciès selon le niveau d'humidité, la richesse en
éléments nutritifs, le type de sols, et les pratiques de gestion pastorale (pâturage, de regain ou
déprimage, surpâturage, pâturage occasionnel, fauche…). Il est essentiellement terrigène et forme un
ensemble cohérent avec les milieux tourbeux pour assurer les différentes fonctionnalités des espèces
visées. Les deux ensembles s'imbriquent dans le temps et dans l'espace. Il constitue un milieu semi -
naturel sur de grandes surfaces au Nord des Mannevilles, des végétations pionnières associées aux
entrées de pâtures ou aux bords de mares jusqu'aux roselières et mégaphorbiaies. Elles s'apparentent
aux prairies de fond d'estuaire et présentent quelques points communs avec les prairies du Hode voire
les prairies du secteur subhalophile de la réserve de l'estuaire de la Seine. Certaines espèces
remarquables et halo -tolérantes s'y développent : Juncus gerardii, Samolus valerandi, Spergularia
marina, Polypogon monspeliensis, Alopecurus bulbosus , Tripolium pannonicum . Elles marquent la
spécificité de ces prairies, support d'un certain nombre d'enjeu x pour la réserve. La cartographie des
végétations demande des éclairages d'expert et un travail approfondi, notamment sur les prairies et
les mares, dans l'idée d'établir une trajectoire de ces milieux à 2050.
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Certaines parcelles sont en bon état de conservation et constituent des stations de référence pour la
restauration d e faciès dégradés. Le maintien de ces parcelles constitue un e njeu avec la volonté
d'étendre ces faciès au détriment des secteurs dégradés. La biodiversité végétale apparaît
fragmentaire pour ce type de milieu. Elle se note par l'absence d'espèces typiques ( Dactylorhiza
incarnata, D. praetermissa …) et l'omniprésence des espèces sociales des milieux eutrophes ( Festuca
arundinacea, Calamagrostis epigeios, Holcus lanatus…). En fond d'estuaire, ces prairies sont peut-être
en l imite d'aire micro -biogéographique et/ou leur gestion est inadaptée. Une certaine incertitude
demeure dans l'interprétation des données phytosociologiques. Il s'agit de consolider le cortège
d'espèces spécifiques, dans la mesure du possible, qui évoluera naturellement avec l'impact des
changements climatiques (augmentation de la salinité des eaux et des sols). Les mares sont également
de type estuarien, avec des berges à Scirpetum maritimi et à Samolo -baldellion, des herbiers
aquatiques à Characées. Ces mares, anciennes et de petite taille, se comblent progressivement . La
conservation des différents types de végétations (aquatiques et amphibies) doit être a ccompagnée
d'une gestion spécifique.
Pour répondre à la d iversité des besoins écologiques des espèces à responsabilité et au regard de la
diversité des milieux exprimés sur le site, il s'agit de conserver la mosaïque en tant que telle . Les
végétations hautes et denses , la présence de litière épaisse, à proximité de l'eau grâce à une gestion
extensive des prairies humides favorisent le maintien d'une petite population de Vertigo angustior très
localement. Arvicola sapidus, présent en périphérie de la réserve, pourrait investir les berges des plans
d'eau ou les linéaires de fossés à condition d'y mener un pâturage adapté, c'est -à-dire suffisamment
extensif pour permettre le développement de végétations hautes et denses à touradons de Carex
paniculata, par exemple. Actuellement, elles ne sont p as en bon état de conservation, limitées par
l'action du pâturage. Il nécessitera des adaptations, avec une répartition différente des animaux, dans
l'espace et dans le temps.
Tetrix bolivari profite au contraire de secteurs assez dénudés sur les bords de mares exondées et dans
les boutis de sangliers, sur les secteurs à végétations rases hygrophiles. Ces types de milieux e xistent
déjà sur la réserve.
La Rainette, le Triton ponctué et la Grenouille de Lessona bénéficient de la diversité des plans d'eau et
de leur environnement. La proximité de fourrés, de haies , de zones boisées est particulièrement
favorable à la Rainette. Les espèces d'hétérocères à enjeu soulignent également l'importance de la
diversité des milieux humides sur un même secteur : elles sont toutes inféodées aux zones humides
parfois tourbeuses ( Eulithis testata, Coenobia rufa ) mais pas que, et présentent une écologie variée,
depuis les roselières, les mares jusqu'aux prairies, en passant par les lisières et les bois, avec rarement
une affinité maritime (Globia sparganii). La Vipère péliade particulièrement rare sur le site et le Lézard
vivipare, plus commun, recherchent également des milieux humides diversifiés, situés à proximité de
l'eau. L'assèchement estival et parfois printanier des mares (et leur faible profondeur liée à un
comblement avancé) limite la reproduction de certaines espèces d'amphibiens . L'amélioration des
conditions d'accueil pour la Rainette pourrait également être favorable au T riton crêté (observé à
proximité des Mannevilles) qui affectionne des mares ensoleillées et bien végétalisées. Son absence
est sans doute liée au pâturage (pratique inadaptée) et au manque de profondeur (comblement) de la
plupart de ces plans d'eau. Elle interroge également sur l'état et la fonctionnalité du réseau de mares
à l'échelle de plus grands secteurs et sur sa connectivité. L'ensemble des mares de la réserve s'insèrent
spatialement dans un vaste réseau de pièces d'eau à l'échelle du marais ou de sous-secteurs : fossés,
mares de chasse, abreuvoirs, plan d'eau de la Grand'mare. Elles participent potentiellement à la
connexion entre des habitats favorables à de nombreuses espèces à responsabilité. Elles permettent
ainsi le maintien de méta-populations grâce à la migration/dispersion des individus et au transfert de
gènes. A l'inverse, elles peuvent être vulnérables à la dispersion des espèces exotiques envahissantes,
comme la Jussie, la Crassule ou encore la tortue de Floride...
La réserve s'intègre dans des entités alluviales fonctionnelles plus vastes et contribue ainsi au maintien
des fonctionnalités liées à la reproduction, à l'hivernage et à l'alimentation d es passereaux prairiaux
Préfecture de l'Eure - 27-2024-08-27-00001 - Plan de gestion 2023-2033 48
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ou paludicoles et des grands échassiers nicheurs ainsi que de la sarcelle d'hiver en migration. Toutes
ces espèces bénéficient de la quiétude des deux réserves ( réserve et Grand'Mare) et de l'abondance
de nourriture des prairies des Mannevilles. Les limicoles nicheurs comme le Vanneau, le Courlis cendré
ou encore le Râle des genêts privilégient, pour nicher les grands espaces ouverts, peu perturbés, dont
les Mannevilles font partie avec les Flamands et les litières de Quillebeuf. Ce type de paysage
fonctionnel doit être maintenu voire consolidé.

Déclinaison de l'enjeu de conservation en OLT
Une description succincte de chaque OLT est ici développée avec les résultats attendus et un relatif
état de référence et/ou niveau d'exigence préalablement défini (état visé pour atteindre l'OLT) . Les
OLT visent à maintenir en bon état de conservation les végétations et les espèces terrestres et
aquatiques, à responsabilité particulière pour la réserve.

OLT1 : AMELIORER LES FONCTIONNALITES DES ECOSYSTEMES TOURBEUX
Pour être le support d'un marais tourbeux en bon état de conservation, la tourbe doit être préservée,
gorgée d'eau et dynamique. Cet état nécessite des niveaux d'eau hauts et relativement stables toute
l'année. Actuellement, les s urfaces des habitats sur tourbe plus ou moins dégradée, se répartissent
entre :
• Les milieux acidophiles pour 80ha (35 ha de milieux ouverts à enjeux et 45ha de milieux
boisés),
• Les milieux en transition pour 22.6ha,
• Les milieux basophiles pour 5ha.

L'évolution de cette répartition dépend du devenir de certaines surfaces notamment dans la zone de
transition, historiquement classée dans le basophile , sur le site des Mannevilles . Aujourd'hui, la
tendance à l'acidification est nette. Ce secteur se situe en outre en périphérie d'un bombement acide
correspondant au boisement des Mannevilles. Si cette tendance se maintient, elle engendrera un large
déséquilibre avec le basophile limité à de très faibles surfaces , en situation quasi-relictuelle. Il
s'exprimera à la faveur de zones étrépées ou de dépressions plus humides. Cette trajectoire dépend à
la fois des types d'alimentation en eau (nappes, sources, pluie) et de l'évolution de leur proportion
(périodicité, quantité, niveaux d'eau). Elle découle également du fonctionnement des cycles de l'azote
et du phosphore qui impacte potentiellement le pH des sols.
syntaxon Acidophile Basophile Acido-basophile
Potamion polygonifolii 0,78
Rhynchosporion 0,17
Drosero intermediae - Rhynschosporetum albae 0,57
Eleocharitetum multicaulis 2,22
Hydrocotylo vulgaris - Juncetum acutiflori 4,71
Juncenion acutiflori 25,19
Osmundo regalis - Myricion gale 0,89
Pelouse ouverte et surpiétinée à Cirsium dissectum 0,70
Caro verticillati - Juncenion acutiflori 4,35
Cladietum marisci 0,14
Hydrocotylo vulgaris - Juncetum subnodulosi 0,36
Hydrocotylo vulgaris - Schoenenion nigricantis 22,08
34,54 5,05 22,59
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La configuration de Bouquelon est assez simple avec une homogénéité des milieux tourbeux
acidophiles qui peuvent couvrir la totalité du site. La qualité et la diversité des milieux dépendent donc
entièrement de la gestion qui en est faite (niveaux d'eau et pratiques de gestion).
Au-delà des questions de surfaces, c'est le bon état de conservation de chaque entité écologique qui
est visé. Les 40 ans de gestion ont permis de maintenir de larges espaces ouverts et de favoriser
l'expression de végétations à enjeu, à des stades dynamiques variés. Il s'agit de conserver la diversité
des stades d'évolution, depuis l 'aquatique des mares jusqu'aux jeunes bois à Myrica gale . Ils sont
localement renforcés (en qualité , mais pas en surface) pour tendre vers un meilleur état de
conservation de ces faciès arbustifs tourbeux. Au sein des secteurs boisés de la réserve, il s'agit de
développer la capacité d'accueil de ces habitats pour certains insectes, bryophytes et champignons ,
tout en limitant l'embroussaillement des milieux ouverts. Laisser les arbres où ils sont déjà bien établis
et les couper là où ils commencent à se développer.

Tourbière en bon état de conservation et conditions propices à l'accumulation et à la fabrication de
tourbe.
L'état de santé d'un système tourbeux où la tourbe est constituée de débris végétaux mal ou non
décomposés et gorgés d'eau stagnante de bonne qualité , est étroitement lié au degré de
minéralisation de la matière organique. Il doit être le plus faible possible pour qu 'il se maintienne et
que la tourbification s'enclenche. Des analyses en laboratoire permettent d'estimer cet état de santé.
Ce taux de dégradation dépend notamment de la stabilité des niveaux d'eau dans les 40 premiers
centimètres de tourbe.
Indicateur d'état Métrique Opération
Fluctuation des niveaux d'eau en
surface
Profondeur de la
nappe/sol
Suivi piézométrique des
niveaux d'eau dans le sol
Densité apparente Sans unité Suivi de la masse volumique et
de la densité apparente par
échantillonnage de différents
sols et histosols.
Rapport C/N Suivi du rapport C/N
Estimation de l'accumulation de
tourbe

Epaisseur en cm
d'accumulation
Pose de repères ONU (AMI
OFB habitats tourbeux) en
début du PDG

Oligotrophie des eaux
Le bassin versant d u système tourbeux constitue une zone de dépendance fonctionnelle où il est
exposé à l'altération de la qualité des eaux qui l'alimentent . Il est tributaire d'une eau oligotrophe,
c'est-à-dire particulièrement pauvre en éléments nutritifs. Ces analyses doivent s'appuyer sur un
laboratoire de recherche.
Indicateur d'état Moyen Métrique et valeurs
Variation des concentrations en
éléments nutritifs
Suivi des eaux de surface, réalisé sur les
différents types de tourbières
Mesures sur l'azote et le phosphore
biodisponibles
Taux de phosphore
total, Azote,
Orthophosphates,
Nitrates


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Surfaces des différents habitats à responsabilité en bon état de conservation
Les végétations turficoles ouvertes qui sont actuellement en bon état sur des surfaces restreintes, sont
étendues à hauteur de 80ha. Cette progression doit se faire au dépend de la matrice dégradée dans
laquelle elles s'insèrent. Malgré la stabilisation des milieux ouverts par le pâturage, leur dynamique de
fermeture est forte, notamment sur Bouquelon (cycle du phosphore ?, assèchement ?). Pour corriger
l'isolement des végétations de bas-marais alcalin, la prairie historiquement rattachée à ces végétations
doit faire l'objet d'une restauration ciblée . Dans le cas d'une restauration réussie, elle constitue un
grand ensemble surfacique tourbeux basophile de 25ha reliant différents petits patchs en bon état de
conservation. Dans le cas d'une résilience limitée et/ou contrainte (changement climatique…) de ces
milieux, les surfaces s eront beaucoup moins importantes et se limite ront aux dépressions déjà
présentes dans ce secteur.
Indicateur d'état Métrique Moyen
Typicité et diversité des
groupements
Nombre de
végétations identifiées
Cartographie des
végétations
Qualité fonctionnelle du
cortège
Surface de végétations
typiques
Diversité des végétations
Stades dynamiques des
bas-marais acide et
basophile
Nombre de
groupements
végétaux
Intégration des
données
phytosociologiques
actualisées dans un
schéma systémique

Présence de différents stades dynamiques
Il s'agit de m aintenir l'ensemble des stades dynamiques diversifiés et fonctionnels qui s'expriment
actuellement sur la réserve comme les stades aquatiques et amphibies en luttant contre le
comblement des mares. Les faciès de landes avec Lobelia urens et Erica tetralix sont également
renforcés. L'état de conservation des bois est amélioré en favorisant leur rôle fonctionnel, sans pour
autant en augmenter les surfaces voire même en les réduisant.
Indicateur d'état Métrique Moyen
Caractérisation et diversité des
végétations des mares
Nombre de mares
décrites (20)
Cartographie fine des
végétations
Présence de 3 espèces à enjeux de
Coléoptères aquatiques (Agabus
unguicularis, Hydrovatus cuspidatus
et Laccornis oblongus)
Nombre d'individus/
note de l'ICOCAM
Suivi des coléoptères
aquatiques,
descripteurs
fonctionnels de
l'hydrosystème dont 3
espèces à rechercher
en priorité.
Etat de conservation des populations
d'espèces floristiques à enjeu
Nombre d'individus Suivi des populations
de Lobelia urens, Erica
tetralix
Expression des cortèges typiques de
Syrphes
Nombre d'espèces Syrph the net


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Habitats refuge fonctionnels
Le déboisement des tourbières est toujours préconisé, au moins en partie afin d'éviter un abaissement
théorique de la nappe. Par contre les milieux humides boisés sont aussi précieux pour la biodiversité
qu'ils renferment et pourraient également offrir à certaines espèces à enjeu , plus héliophiles, un
refuge plus frais et humide pendant les sécheresses estivales.
Dans la même logique, des communautés de bas-marais basophile s'expriment au sein d'îlots refuge,
notamment autour des mares qui leur offrent des conditions mésologiques optimales . Ces secteurs
sont à conserver en priorité puisqu'elles constituent des zones -sources essentielles à l'extension
éventuelle de ces communautés. Les pelouses acidophiles de bords de mare ou de zones étrépées sur
Bouquelon, souvent fragmentaires ou basales, pourraient être agrandies ou gérées différemment afin
de favoriser le développement d'espèces typiques et d'un cortège plus accompli . En parallèle, ces
patchs isolés sont étendus pour devenir coalescents ou plus proches.
Indicateur d'état Métrique Moyen
Variations micro-
climatiques
Valeurs humidité sol
Températures à caler en
relatif. Valeurs moyennes sur
ensemble des données.
Comparaison des données
entre grands types de milieux.
Suivi des
conditions
microclimatiques
Surface de bas-marais
typique
Ha
Nombre de tâches de + de
20m² / surfaces cumulées /
sociabilité des tâches
Suivi
phytosociologique
et cartographie

OLT2 : FAVORISER LA DIVERSITE DES ECOSYSTEMES OUVERTS MESOTROPHILES A
OLIGOTROPHILES, D'UNE ZONE HUMIDE ALLUVIALE

Le secteur alluvionnaire couvre environ 40ha sur la réserve. Il s'agit de v égétations alluviales sur
d'assez grandes surfaces d'un seul tenant, au Nord des Mannevilles . La diversité des faciès végétaux
selon le niveau d'humidité, la richesse en éléments nutritifs, le type de sols et les pratiques de gestion
est particulièrement intéressante pour bon nombre d'espèces à enjeu . La capacité d'accueil de ces
habitats, à différents stades dynamiques, pour les espèces aquatiques et palustres à responsabilité
pour la réserve est optimisée si la mosaïque des grandes unités paysagères est respectée, dans la
réserve et avec son environnement proche, et si le site bénéficie d'une quiétude renforcée.

Préfecture de l'Eure - 27-2024-08-27-00001 - Plan de gestion 2023-2033 52
Entités écologiques - Mannevilles, 2022
grands ensembles écologiques| aiviei[ tourbeux acidophitel:l tourbeux basophile- tourbeux de transition- tourbeux neutrocline
seO dento)PFALISATION
Parc
l Sano Vermande Parc naturel régional des Boucles de la Seine Normandewwpni-seine-normande.com
45













Milieux alluvionnaires caractéristiques et diversifiés
Le secteur alluvionnaire qui couvre environ 40ha sur la réserve, est à son maximum d'expression
surfacique. Son état de conservation peut être amélioré et sa composition floristique peut être
renforcée pour renforcer la typicité de ces prairies de fon d d'estuaire. Cette intervention se doublera
d'un a ccompagnement des c hangements écologiques induits par l'évolution du climat. A l'horizon
2050, la tendance sera it à l'augmentation des surfaces présentant une salinité accrue avec une
apparition de ce phénomène à l'Ouest du marais Vernier.
Les mares de la réserve sont toutes marquées par un stade avancé de comblement, avec des
hélophytes qui limitent l'expression de végétations aquatiques à enjeu. Elles nécessitent un
rajeunissement, échelonné dans le temps , afin de multiplier les stades d'évolution des plans d'eau.
Sont attendues des mares ensoleillées et riches en végétations, plus grandes et plus profondes en
certains points. Ces mesures sont favorables à l'ensemble des espèces d'amphibiens, y compris à des
espèces potentielles comme le Triton crêté (présent à proximité de la réserve) . Les variations de
niveaux d'eau permettent l'exondation de franges de vases propices à l'installation des Tetrix, groupe
à enjeu sur la réserve.
Indicateur d'état Métrique Moyen
Typicité des végétations Nombre de végétations
identifiées
Cartographie des
végétations
Mesure de la salinisation
des sols
Taux de sel/l Suivi de la salinité dans
les eaux de surface et de
nappe voire des sols en
surface
Présence d'un cortège
significatif d'espèces
caractéristiques des zones
alluviales estuariennes
Nombre d'espèces
caractéristiques de ces
végétations (comparaison
avec prairies estuaire)
Suivi des espèces
végétales subhalophiles
et thermophiles, en
nombre, en répartition et
en surface
Préfecture de l'Eure - 27-2024-08-27-00001 - Plan de gestion 2023-2033 53
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Présence d'espèces
sentinelles
Nombre d'individus par
espèce sentinelle
Recherche de Vipère
péliade et Lézard vivipare,
Coenagrion pulchellum
Présence de Vertigo
angustior
Nombre d'individus Suivi et recherche de
Vertigo angustior
Fluctuation des niveaux
d'eau
Variations en m Suivi de la date de mise
en assec et de remise en
eau

Grands espaces ouverts
La répartition des différentes unités paysagères au sein de la Réserve et à l'échelle du Marais -Vernier
pour constituer des entités écologiques et paysagères fonctionnelles est également à préserver en
l'état, voire à améliorer dans le cas de Bouquelon . La Réserve s'intègre dans des entités alluviales
fonctionnelles plus vastes et contribue ainsi au maintien des fonctionnalités liées à la reproduction, à
l'hivernage et à l'alimentation d es passereaux prairiaux ou paludicoles et des grands échassiers
nicheurs ainsi que de la sarcelle d'hiver en migration. Toutes ces espèces bénéficient de la quiétude
des réserves et de l'abondance de nourriture des prairies des Mannevilles . Les limicoles nicheurs
comme le Vanneau, le Courlis cendré ou encore le Râle des genêts privilégient pour nicher les grands
espaces ouverts, peu perturbés, dont les Mannevilles font partie avec les Flamands et les litières de
Quillebeuf. L'atteinte de cet l'OLT dépend à la fois des actions de gestion menées sur la Réserve et de
la cohérence des gestions appliquées sur les différents sites qui constituent ces grandes entités.
Ensemble prairial Les Mannevilles, les Flamands et les
litières de Quillebeuf
A maintenir
Ensemble prairial Bouquelon, Ferme modèle,
territoires de chasse de la tourbière
du marais ancien
A restaurer
Ensemble prairial et
surface en eau
surplombée d'arbres
Les Mannevilles, les Flamands
boisés et la RCFS de la Grand'Mare
A maintenir
Ensemble prairial inondé
en hiver et surface en eau
Les Mannevilles et les bras de la
Grand'Mare
A maintenir
Préfecture de l'Eure - 27-2024-08-27-00001 - Plan de gestion 2023-2033 54
Secteurs fonctionnels pour l'avifaune - Mannevilles, 2023
E' obstacle * °. dortoir 0s 00066' coloniesecteurs fonctionnels R, AN TN A SO ce o8## Bouquelon-Ferme modèle e e's Mannevilles-APPB-FlamandsMannevilles-Grand-Mare(O PPB des itières de QuillebeufOrtho_ROL_MV
AN
SOURCESOrtho ROL (2020)
REALISATIONPNRESN - CD (2023)
Parc naturel régional des Boucles de la Seine Normande
47


Indicateur d'état Moyen Métrique
Cortèges en bon état de
conservation

Comptages concertés
oiseaux d'eau hivernant et
limicoles nicheurs, suivi
STOC
Nombre d'espèces
par groupe
Evaluation de la capacité
d'accueil de la colonie du Ruel
Suivi de la colonie du
marais Vernier
Nombre d'espèces
nicheuses (+de 9)
Estimations des espèces en
dortoir
Suivi du dortoir grands
échassiers et cormorans en
fonction de la saison et de
la tranquillité des lieux
Nombre d'espèces (+
de 3)

Préfecture de l'Eure - 27-2024-08-27-00001 - Plan de gestion 2023-2033 55
Secteurs fonctionnels pour l'avifaune - Bouquelon, 2023
E' obstaclesecteurs fonctionnelss# Bouquelon-Ferme modèle## Mannevilles-APPB-Flamands( APPE des litières de QuillebeufOrtho_ROL_MV
AŸN
SOURCESOrtho ROL (2020)
REALISATIONPNRESN - CD (2023)
Parc naturel régional des Boucles de la Seine Normande
48



Mosaïque fonctionnelle
La mosaïque formée par la juxtaposition de prairies, végétations hautes, pièces d'eau, jeunes bois et
haies à l'échelle de la Réserve est à maintenir en tant que telle . Elle héberge non seulement des
cortèges floristiques particulièrement patrimoniaux, mais sont également utilisées par nombre
d'espèces faunistiques remarquables, comme les Hétérocères. Ces différentes entités paysagères sont
indispensables à tout ou partie du cycle de vie d es espèces à enjeu. La Rainette se reproduit dans les
mares qui se trouvent à proximité de fourrés, de haies et de bois. Elle bénéficie comme l'ensemble des
amphibiens d 'un réseau de mares dense et fonctionnel. Le but ici est d'entretenir cette mosaïque
fonctionnelle qui compose la zone humide alluviale. La grande faune (sanglier, chevreuil, cerf) a un
impact sur cette mosaïque par l'abroutissement des végétations basses et arbustives, le prélèvement
des glands et le retournement des végétations herbacées.
Indicateur d'état Métrique Moyen
Présence d'amphibiens et indice de reproduction Nombre d'individus
et de pontes
Suivi amphibiens
dont Hyla arborea
Fonctionnalité du réseau de mares Nombre de mares
connectées, note
donnée au réseau
Etude du réseau de
mares (protocole
normé)
Equilibre entre grands animaux et état de conservation
des milieux. Indice de pression des grands animaux
(cerfs, sangliers, chevreuils) identification de l'impact
des grands herbivores sauvages sur les végétations
Surface
dégradée/broutée
Suivi des impacts
sur le milieu
Effectifs peuplement

Suivi des
populations de
cervidés

Préfecture de l'Eure - 27-2024-08-27-00001 - Plan de gestion 2023-2033 56
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Facteurs clé de la réussite de la conservation du
patrimoine naturel de la réserve
La prise en compte de ces Enjeux de conservation et la réalisation des OLT et OO sont également liées
à la mise en place de mesures permettant leur accomplissement. Ces Facteurs Clés de la Réussite (FCR)
et se déclinent également en objectifs et en opérations. Ils comprennent notamment les mesures de
pédagogie à l'environnement, les actions de communication, l'acquisition de nouvelles connaissances
naturalistes ainsi que le fonctionnement administratif de la réserve. Il s'agit de doter le gestionnaire
de tous les moyens nécessaires à la réussite du programme de conservation qu'il met en œuvre. Ces
facteurs impliquent de positionner la gestion de la réserve au plus près de son territoire et de travailler
son ancrage territorial, de continuer à engranger de l'information et de nouvelles connaissances
naturalistes, de se doter d'un fonctionnement administratif efficace et de construire un mode de
gouvernance positif.
AMELIORATIONS DES CONNAISSANCES SCIENTIFIQUES ET NATURALISTES
La connaissance du patrimoine naturel et du territoire est essentielle au gestionnaire. Elle lui permet
d'améliorer la stratégie de conservation en (re)précisant les enjeux, en orientant au mieux la gestion,
ou encore en définissant de nouveaux bio-indicateurs pertinents pour analyser la fonctionnalité de
l'écosystème. La mise en pratique du programme opérationnel du plan de gestion ne doit pas faire
perdre de vue une des missions essentielles du gestionnaire qui est d'engranger de nouvelles données
naturalistes sur des groupes connus sur le site, mais dont les données s ont anciennes ou sur de
nouveaux groupes auxquels s'intéressent les réseaux naturaliste s. Cette amélioration permanente de
la connaissance scientifique permet de contribuer activement aux réseaux de veille naturalistes mis en
place au niveau national et régional, par le biais des observatoires de la biodiversité et des systèmes
d'information spécifiques (SINP…). Elle constitue aussi une base importante pour le gestionnaire qui
se doit d'intégrer ces nouvelles connaissances dans le plan de gestion.
Si de nombreux inventaires et de multiples études ont déjà été menés sur le site, des lacunes ont été
mises en évidence, notamment sur les rôles et la description des milieux boisés tourbeux, sur certains
groupes taxonomiques peu approfondis (les algues, les bivalves d'eau douce, les Tetrix, Domolède
plantarius comme indicateur des niveaux d'eau sur les mares…), aux données trop anciennes (tels que
les lépidoptères dont certaines observations datent des années 80 ), sur l e fonctionnement
hydrologique du site et sur l a qualité de l'eau, ou encore sur les conséquences du changement
climatique sur les habitats et les espèces au sein de la réserve naturelle.
ANCRAGE TERRITORIAL
La priorité est donnée aux actions qui permettent de (re)créer un lien entre les acteurs locaux et la
réserve afin de bâtir une situation d'échanges riches et constructifs pour que la réserve soit identifiée
comme un acteur parmi d'autres dans le marais et non comme une contrainte administrative, imposée
de « l'extérieur ». L'ancrage territorial de la réserve repose d'abord sur la connaissance de son
territoire et la maîtrise de son jeu d'acteurs. La notion de territoire implique des découpages
administratifs, techniques et culturels, selon des jeux d'échelles incessants. Un bon ancrage territorial
des programmes de conservation de la biodiversité passe par un e recherche du juste équilibre et de
réciprocité entre la déclinaison locale d'enjeux internationaux et nationaux et les réalités quotidiennes
et concrètes des territoires de mise en pratique des programmes de conservation. Le cadre partenarial
de la gestion est constamment en mouvement en raison du renouvellement des agents des services
de l'Etat et des collectivités, des élus, des représentants associatifs. L'instauration d'un climat de travail
stable et fructueux nécessite que le gestionnaire se tienne constamment informé des mutations de
son environnement professionnel et entretienne son réseau.
Préfecture de l'Eure - 27-2024-08-27-00001 - Plan de gestion 2023-2033 57
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L'appropriation de la réserve et de ses objectifs passe également par une implication de la population
sur le site. Cette reconnaissance de la réserve par les habitants doit occuper une place déterminante
pour le gestionnaire car c'est par ce biais qu'une sensibilisation plus active de la population aux enjeux
de la biodiversité est possible. Cela se traduit aussi par l'accueil de publics variés dans le cadre
d'animations ciblées sur les thèmes portés par la réserve (fréquentation touristique, valorisation
pédagogique…).
La réussite du programme de gestion conservatoire est étroitement dépendante d'un certain nombre
de paramètres externes, tels que la prise en compte de différents usages autour de la réserve. La
thématique « sangliers » est un bon exemple à ce titre ; elle représente un investissement en temps
de travail conséquent et demande une énergie permanente, mais elle constitue un moyen efficace
d'ancrer la réserve dans son territoire. Ce partenariat avec les acteurs du monde rural (agriculteurs-
chasseurs du marais) est essentiel pour qu'un climat de confiance s'instaure et que les programmes de
conservation soient compris du plus grand nombre.
Le partenariat avec les autres gestionnaires de milieux naturels de la boucle est fondamental pour
assurer une prise en compte efficace du patrimoine naturel et de ses fonctionnalités qui dépassent
largement le périmètre de la réserve ; il s'agit dans ce cas de r enforcer les échanges techniques et
scientifiques comme par exemple dans la gestion des EEE . Ce partenariat se décline également à
l'échelle régionale avec une participation active du gestionnaire aux échanges régionaux et à la
structuration de ces échanges.
L'animation territoriale s'étoffe progressivement et demande un investissement conséquent et sur le
long terme pour aboutir à une gestion et une animation sereine du territoire.
GOUVERNANCE DE LA RESERVE
Une gouvernance efficiente repose sur la stabilité de l'organisme gestionnaire et des salariés affectés
à la mission, ainsi que sur des liens solides avec les membres du comité consultatif.
Comité consultatif
Le préfet de la région Haute-Normandie organise la gestion de la réserve conformément aux articles
R. 332-15 à R. 332-22 du code de l'environnement. Pour se faire, le préfet préside un comité consultatif
et s'appuie sur son avis. Il se compose de 4 collèges respectant une représentation égale :
• De représentants des administrations civiles et militaires et des établissements publics de
l'Etat intéressés
• D'élus locaux représentant les collectivités territoriales ou leurs groupements
• De représentants des propriétaires et des usagers
• De personnalités scientifiques qualifiées et de représentants d'associations agréées ayant pour
principal objet la protection des espaces naturels.
Les membres sont nommés par arrêté préfectoral pour 5 ans (cf. annexe). Ce comité consultatif donne
avis sur le fonctionnement de la réserve, sur sa gestion et sur les conditions d'application des mesures
prévues par la décision de classement. Il peut aussi s'appuyer sur le conseil scientifique de la réserve.
Conseil scientifique
Le Conseil Scientifique du patrimoine Naturel (CSRPN) de Normandie tient lieu de conseil scientifique
pour la réserve. Les membres du CSRPN sont nommés par arrêté préfectoral pour une durée de 5 ans.
Il assure la validation scientifique du plan de gestion. Même si le gestionnaire peut le consulter pour
parfaire et valider certains protocoles , un accompagnement scientifique plus prégnant serait
souhaitable, surtout en période de rédaction du plan de gestion , à travers notamment des temps
d'échange en amont de la présentation du document de gestion.
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Plus généralement, l es gestionnaires de réserve confrontés à l'utilisation du CT88 souhaiteraient la
création d'un groupe de travail en région, avec la désignation de membres référents au sein du CSRPN,
sur diverses thématiques. Il aurait pour objectif de mettre en commun les différentes façons d'utiliser
le CT88 et de co-construire la stratégie de l'élaboration de l'arborescence. Cela permettrait d'obtenir
une vision globale et cohérente des sites normands en s'appuyant sur le réseau de sites.
Organisme gestionnaire
Le Parc naturel régional des Boucles de la Seine Normande est le gestionnaire de la réserve par décision
du comité consultatif, actée par une convention de gestion et grâce à un financement constant
d'agents et de matériel . Au sein du Parc, la mission de gestion de la réserve est coordonnée par un
agent « conservateur ». Cet agent occupe , à temps plein, ses fonctions dans le pôle « eau et
biodiversité ». Il est complété par 0.6 ETP pour les zootechniciens qui s'occupent de l'ensemble des
troupeaux répartis sur les 500ha gérés par le Parc. Ce temps reste insuffisant et la répartition des 0.6
ETP sur 3 agents limite leur réelle implication dans la gestion de la réserve.
Il faut également souligner l'investissement d'autres agents du Parc, non financés sur le budget de la
réserve. Cette participation complémentaire s'élève à presque un mi -temps notamment pour les
besoins de gestion technique et administrative, de mise en place de protocoles scientifiques,
d'éducation à l'environnement et de communication. Elle démultiplie le champ d'action du
gestionnaire, notamment pour l'organisation des animations (dans le cadre des rdv du Parc) et la
communication sur le programme. Le g estionnaire s'appuie également sur les compétences
scientifiques des agents du pôle pour les aspects invertébrés, avifaune et hydro -pédologie des
tourbières ; ce qui constitue un atout essentiel pour l'amélioration de la connaissance du site et de son
fonctionnement.
Parmi les tâches administratives qui incombent au gestionnaire, la recherche de financements et le
montage de demandes de subventions représente nt une part importante du temps de travail
« conservateur ». Ces financements conditionnent la bonne mise en œuvre opérationnelle du plan de
gestion : remplacement de l'ensemble des infrastructures de gestion, gestion de l'hydraulique sur le
site…
La rédaction du plan de gestion de la réserve, en application de la nouvelle méthodologie CT88, en plus
des autres missions de gestion, alourdit considérablement la charge du conservateur. Elle nécessite
pour être menée à bien, soit un allègement du temps de travail lié aux autres missions de gestion, soit
un ETP supplémentaire afin de se consacrer uniquement à la rédaction de ce document. Le recours à
une prestation RNF pour l'élaboration de l'arborescence ou à un prestataire externe pour la partie
administrative du plan de gestion permettrait au gestionnaire de se focaliser uniquement sur les
parties diagnostique et opérationnelle.

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STRATEGIE OPERATIONNELLE
Déclinaison des OLT en objectifs opérationnels OO
La définition des objectifs opérationnels découle des facteurs d'influence. Ces objectifs opérationnels
orientent la mise en place de la stratégie d'actions et les moyens à mettre en œuvre pour atteindre les
objectifs à long terme. Planifiés pour la durée du plan de gestion, ces objectifs constituent des lignes
opérationnelles précises et évaluables en cours et à la fin du plan de gestion.
OLT1 RESTAURER LES ECOSYSTEMES PARATOURBEUX A TOURBEUX, HYGROPHILES A
AQUATIQUES, OLIGOTROPHILES ET LEUR FAUNE ASSOCIEE
L'OLT1 cible donc l a restauration d'un hydrosystème tourbeux fonctionnel, caractérisé par une
humectation des tourbes stable et suffisante et par une t ourbification active, des processus de
dégradation des tourbes limités, ainsi que la préservation des cortèges biologiques typiques des
habitats tourbeux identifiés sur le site à différents stades dynamiques, depuis l'aquatique jusqu'au
boisé. Si les milieux ouverts sont principalement recherchés, les habitats tourbeux boisés - la bétulaie
para-tourbeuse de B ouquelon et la chênaies -bétulaie sur tourbe des Mannevilles - réclament une
analyse plus fine pour une meilleure prise en compte de ces habitats dans la gestion de la réserve.
Différents paramètres abiotiques et biotiques sont identifiés pour évaluer l'état de conservation des
habitats visés tels que des indicateurs liés au fonctionnement hydrologique de surface, à l'oligotrophie
des eaux, à l'état de la tourbe, à la typicité des végétations et à leur dynamique, à la conservation
d'habitats-refuge.
Facteurs d'influence
Plusieurs facteurs d'influence qui débouchent sur la définition des objectifs opérationnels du plan, ont
été identifiés pour cet objectif à long terme.
• La dépendance étroite de la réserve vis -à-vis de la gestion des niveaux d'ea u, du régime des
pluies et de la qualité de l'eau à l'échelle de la boucle . Il apparaît que le niveau de la nappe est
insuffisant, pendant de longues périodes (mars à septembre) et ce depuis plusieurs années
(depuis au moins 15 années), pour assurer un niveau d'engorgement favorable au maintien en
bon état de la tourbe. La baisse printanière est en général brutale et se rattrape difficilement ; les
prélèvements estivaux sont suffisamment importants pour marquer un abaissement des niveaux
d'eau en juillet. Le constat est particulièrement vrai sur le site des Mannevilles. Les causes en sont
multiples : changements climatiques, gestion collective des niveaux d'eau, usages sur le marais et
en périphérie. Certains paramètres peuvent faire l'objet d'un levier d'action collectif comme la
gestion des niveaux d'eau superficiels ou l'évolution progressive des pratiques sur le marais
(MAEC, arrêt des pompages pour les mares de chasse) . Les autres ne peuvent faire l'objet que
d'une évaluation et une prise en compte des conséquences sur le site . Les incertitudes sur le
devenir des habitats tourbeux sont d'autant plus importantes que la connaissance du
fonctionnement hydrologique du marais reste aujourd'hui approximative.
• La dynamique spontanée de la végétation est forte dans le marais tourbeux de Bouquelon où les
végétations prairiales s'enfrichent et se boisent extrêmement rapidement. Sur les Mannevilles, le
phénomène est également constaté, mais moins marqué et plus ancien . L'enfrichement du site
est stabilisé à l'état de mosaïque, mêlant friche humide et marais tourbeux (acide et/ou alcalin).
Le pâturage, tel qu'il est mis en œuvre aujourd'hui et au vu du comportement des animaux en
place, ne permet pas de contrer cette dynamique. Des actions mécaniques sont indispensables
pour compléter ces pratiques. Elle est aussi l'expression d'un dérèglement des cycles de l'azote
et du phosphore qui joue sur l'eutrophisation et l'acidification des sols.
• La dynamique de tourbification est étroitement liée aux facteurs précédents. Les niveaux d'eau
trop variables, la tourbe dégradée en surface, l'eutrophisation des eaux, pas ou peu d'espèces
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turfigènes au profit d'espèces nitrophiles et l'absence de litière spécifique constituent les
principaux freins au processus de tourbification.
L'OLT1 se décline en 9 objectifs opérationnels.

OO1 Favoriser l'expression des communautés patrimoniales ouvertes
Sur les Mannevilles, les grandes surfaces de prairies sur tourbe plus ou moins dégradée s'expriment
sous forme de m osaïque de friche s ou d'ourlet s humides associés à des faciès tourbeux acido -
basophiles. L'objectif est de c onserver la mosaïque, avec une proportion plus importante des faciès
tourbeux au détriment des végétations de friche. Sur Bouquelon, on constate le même processus
d'enfrichement avec un envahissement arbustif plus marqué, synonyme d'une dynamique de
boisement extrêmement rapide.
Cet objectif opérationnel se traduit concrètement par la réduction des surfaces impactées par la
présence des arbustes colonisateurs et/ou d'espèces herbacées ubiquistes (20% max). Sa réalisation
et l'efficacité de ses opérations de gestion se mesurent en surface d'habitats restaurés et en nombre
d'espèces turfigènes favorisées. Elles doivent déboucher sur la réapparition d'espèces et de
végétations ouvertes tourbeuses à responsabilité. Cet objectif s'appuie sur des opérations de
restauration (broyage/arrachage des arbustes) et de modifications des pratiques de gestion
(pâturage/fauche/broyage) sur le site. L'évaluation du précédent plan de gestion a souligné la
nécessité de refondre la pratique du pâturage extensif au sein de la réserve naturelle. Le pâturage
extensif bovin-équin ne donne pas aujourd'hui les résultats attendus en termes d'entretien des milieux
naturels, notamment pour contrer la progression des fourrés de ligneux dans le marais tourbeux de
Bouquelon.
OO2 Consolider les stations d'espèces typiques des landes tourbeuses
Ces espèces présentent peu de stations, de petite taille et fragmentées sur la réserve . Elles sont e n
partie envahies par des populations monospécifiques de Molinia caerulea ou leur expression est
limitées par le pâturage. Au Sud de Bouquelon, la diminution de la pression de pâturage ces dernières
années a permis l'expression d'un faciès de lande à Calluna vulgaris et Myrica gale sur tapis de
sphaignes. Sur les Mannevilles, ces espèces se cantonnent à la mare aux droseras pour les végétations
les plus humides et aux secteurs boisés anciennement réouverts puis pâturés où l'on retrouve Myrica
gale, quelques sphaignes, Hydrocotyle vulgaris et une majorité de Molinia caerulea depuis l'arrêt du
pâturage.
Pour f avoriser le développement des espèces caractéristiques de ces végétations , cet objectif
opérationnel prévoit une gestion spécifique des abords de la mare aux droseras et une modulation du
pâturage sur Bouquelon pour au minimum y conserver les secteurs à Myrica gale.
OO3 Laisser en libre évolution les secteurs de chênaie-bétulaie à molinie et bétulaie à
sphaigne
Mis au second plan voire coupés pour certains, les milieux boisés restent mal connus, en dehors des
peuplements de syrphidés qui ont montré des résultats mitigés quant à l'intégrité de ces peuplements
forestiers. Par prudence, le choix est fait de laisser ces milieux évoluer librement. Avant de décider de
la meilleure orientation de gestion et avant toute intervention dans ces secteurs, plusieurs points sont
à éclaircir :
- Ils nécessitent une caractérisation phytosociologique en fonction de leur date d'apparition sur le site
et de leur histoire . Elle permet notamment la mise en évidence de scénarii d'évolution avec ou sans
gestion de ces bois.
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- Des prospections ciblées sur certains groupes d'invertébrés peuvent également mettre en lumière
des cortèges saprolignicoles, associés aux différents stades de vie et de décomposition des ligneux.
Elles peuvent être complétées par la caractérisation de la fonge spécifique de ces milieux.
- Un premier constat concernant le boisement des Mannevilles fait état de l'absence de régénération ;
peu ou pas de Chêne juvénile n'est observé dans le secteur . Il réclame une étude plus approfondie
pour en connaitre l'étendue, les causes et les conséquences sur le devenir du boisement.
En outre, le rôle de ces habitats boisés dans le fonctionnement global de l'hydrosystème de la tourbière
est mal cerné, notamment vis -à-vis de l'évapotranspiration, de la captation de la pluie, du processus
de t ourbification, de la création de conditions micro -climatiques favorables … Ce paramètre est en
partie repris dans l'évaluation de l'OLT1.
OO4 Maintenir les patchs de végétations typiques des tourbières basses
Un système tourbeux à paratourbeux basophile , centré sur le bas-marais alcalin avec le Hydrocotylo-
juncetum subnodulosi, est présent uniquement sur les Mannevilles à la faveur de quelques secteurs
spécifiques, comme les zones expérimentales d'étrépage et sur certaines berges en pente très douce
de mares ou sur des replats périphériques aux plans d'eau qui constituent alors des refuges pour ces
végétations. Sur Bouquelon, d'anciennes zones étrépées présentent des végétations basales très
appauvries à cause d'un facteur externe (pâturage ?) qui élimine les espèces d'amplitude écologique
étroite et où le semis de saules juvéniles est important.
Cet objectif se décline en 2 étapes : dans un premier temps, il s'agit de mieux connaître et de cibler les
conditions optimales ( étude du fonctionnement hydrologique localisé, description pédologique et
niveaux topographiques) pour l'accueil de ces végétations. En fonction de ces résultats, le mode de
gestion pour étendre ces surfaces et les rendre coalescentes sera défini. La mise en place d'exclos est
également envisagée sur Bouquelon pour déterminer les causes de l'appauvrissement des secteurs
anciennement étrépés.
OO5 Favoriser l'accumulation de litière nécessaire à la tourbification
Les 4 premiers objectifs actionnent les leviers d'action fondés sur la modulation et la diversité des
pratiques de gestion dans la réserve. Ils génèrent les conditions favorables au maintien voire à
l'extension d'espèces et de végétations tourbeuses, à différents stades dynamiques. Elles constituent
le socle pour des conditions propices à la tourbification. L'accumulation de litière d'espèces turfigènes,
matière première de la tourbe, dépend également des modes de gestion ; un pâturage trop marqué
limite son accumulation et empêche le développement des sphaignes, principales espèces ingénieures
de la tourbière.
Le suivi du développement des sphaignes peut être un indicateur de l'état de ce processus.
OO6 Limiter l'assèchement en individualisant l'unité hydrologique de la réserve
En parallèle de cette démarche de concertation, la situation hydrologique au sein de la réserve peut
être améliorée grâce au comblement effectif des drains dans le site. Il s'agit de soutenir le dôme
piézométrique dans la réserve et de favoriser le stockag e d'eau pour limiter l'effet des sècheresses
printanières et augmenter la capacité de résilience de cette partie de la tourbière : limiter
l'assèchement en individualisant l'unité hydrologique de la réserve. Cet objectif se traduit par des
travaux concrets de maîtrise et de gestion des écoulements superficiels.
OO7 Contribuer à l'amélioration de la connaissance du fonctionnement hydrologique
La réalisation d'un état des lieux du fonctionnement hydrologique constitue le préalable indispensable
au suivi sur le long terme de l'évolution de ces paramètres hydrologiques
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(quantité/périodicité/origine) et de leurs conséquences sur les milieux. Il permettra un réajustement
des enjeux et une réorientation de la gestion, si nécessaire.
Cet état des lieux s'inscrit dans la volonté du Parc d'étudier les relations entre les différentes masses
d'eau, de définir et de mettre en œuvre des actions opérationnelles de restauration fonctionnelle de
la tourbière. Un projet intitulé « la stratégie pour la restauration fonctionn elle du marais Vernier
tourbeux » a été déposé en 2023 dans le cadre de l'appel à projet 'eau et biodiversité ' de l'Agence de
l'eau Seine Normandie. La réserve y est identifiée comme un site d'expérimentation. Ce projet, s'il voit
le jour, pourra également s'appuyer sur un diagnostic fonctionnel réalisé par un expert prestataire ou
un laboratoire de recherche à l'instar des diagnostics fonctionnels du complexe tourbeux de la Réserve
naturelle régional de la tourbière de Vred (Nord), de la tourbière de la Plaine-Jacquot (La Godivelle et
Compains)…
La caractérisation physico -chimique et la qualité des eaux qui alimentent les deux secteurs de la
réserve posent également des questions récurrentes auxquelles il faudra tenter de répondre par un
suivi le long de transect s avec des prélèvements en surface et en profondeur. Avec une maîtrise des
niveaux d'eau qui échappe au gestionnaire, au même titre que la gestion de la qualité physico -
chimique des eaux de surface qui cheminent via les pluies, les affleurements de nappe s et
secondairement depuis les points hauts du bassin versant, il est particulièrement difficile d'infléchir un
facteur qui dépasse les limites de la réserve.

OLT2 FAVORISER LA DIVERSITE DES ECOSYSTEMES OUVERTS, MESOTROPHILES A
OLIGOTROPHILES, D'UNE ZONE HUMIDE ALLUVIALE
Facteurs d'influence
Certains de ces f acteurs d'influence sont valables pour les deux OLT de ce plan de gestion, sans être
spécifiques aux milieux tourbeux. Ils sont dans ce cas rattachés à l'OLT qui porte sur la zone humide de
fond d'estuaire.
• La dynamique végétale dans le cas des prairies alluviales, correspond à un enfrichement
partiel, lié essentiellement aux modes de gestion et à leurs pratiques.
• L'évolution lente des mares se traduit par un comblement de ces plans d'eau, pourtant
porteurs d'enjeux très forts pour la réserve. Aujourd'hui, elles concentrent un grand nombre
d'espèces à responsabilité dont l'existence est menacée par ce processus naturel . Le
gestionnaire se trouve face à un dilemme entre restaurer les mares et conserver le patrimoine
en place, mais créer des surfaces d'eau libre source d'évaporation et de drainage localisé, à
l'heure où l'on cherche à conserver l'eau ou laisser ces plans d'eau évoluer naturellement et
disparaître à terme.
• Un espace de fonctionnalité plus vaste dont la réserve représente un maillon essentiel : C'est
le cas pour la plupart des oiseaux qui fréquentent le site et qui y font tout ou partie de leur
cycle de vie.
L'OLT2 se décline en 3 objectifs opérationnels

OO8 Développer les cortèges typiques des végétations prairiales alluviales (pâturées,
fauchées et mixtes)
La diversité des prairies alluviales est déterminée par l'hydro-topographie du secteur et par la diversité
des pratiques de gestion : pâturage, fauche et/ou gestion mixte. Ces prairies sont plus résilientes aux
variations des niveaux d'eau que les prairies tourbeuses, davantage dégradées, qui les jouxtent. Elles
sont présentes sur les Mannevilles et couvrent 30ha. Pour s'assurer de la diversité des faciès végétaux
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et des espèces associées, il faut jouer sur la diversité des pratiques en alternant le pâturage et la fauche
par exemple ou en prévoyant des période s d''abandon' après des interventions quasi -intensives. Il
s'agit dans ce cas d'atteindre un stade pionnier pour obtenir le stade transitoire recherché et de
relancer la gestion au moment où la dynamique végétale reprend.
Le p lan de pâturage qui prend également en considération la partie tourbeuse , définit , dans cette
optique, les grandes lignes de l'utilisation des animaux domestiques sur le site. Il varie selon les
secteurs, voire les parcelles, et les objectifs fixés. Il doit permettre, dans l'idéal, une gestion dynamique
des milieux et pourra régulièrement évoluer en fonction des résultats obtenus. Une sortie des animaux
en hiver ou pendant les périodes d'abandon nécessite des terrains d'hivernage disponibles, équipés et
suffisamment grands pour accueillir l'ensemble des troupeaux de la réserve. Ce plan de pâturage est
associé à une surveillance hebdomadaire des troupeaux et à l'entretien des infrastructures. En cas de
mortalité d'un animal domestique , la règlementation impose de ne pas le laisser sur place, limitant
l'expression d'un pan du cycle du recyclage de la matière . Une autorisation spécifique peut être
envisagée, accompagnée d 'un contrôle si nécessaire, afin de concilier les règles sanitaires et les
équilibres biologiques recherchés dans une réserve. Les sangliers abattus et non récupérés ou blessés
mortellement sur la boucle compensent en partie ce déficit.
La parcelle de fauche des Mannevilles répond à trois objectifs :
• Diversifier les végétations de la réserve.
• Permettre l'expression d'une station importante de Orchis laxiflora.
• Produire du foin pour nourrir en cas de besoin le cheptel ou l'attirer dans le cadre d'un changement
de parcelles, suivi vétérinaire...
Le site présente encore des éléments issus des activités humaines anciennes (chasse sur le marais de
Bouquelon par exemple) : bâches, vieux bâtiments, piquets, grillages... qu'il convient d'extraire du site
pour améliorer le contexte paysager, éviter les accidents et les pollutions.
OO9 Hiérarchiser et organiser la restauration des mares
Les mares quel que soit le contexte tourbeux ou minéral, sont naturellement colonisées par
Phragmites australis ou Cladium mariscus (pour la zone tourbeuse) progressant de manière
concentrique depuis les berges. Cette dynamique est particulièrement lente sur la réserve puisque de
nombreuses années séparent leur création des premiers curages d'entretien. Ces milieux artificiels
concentrent une grande partie d'espèces animales et végétales à responsabilité forte pour la réserve
qui peuvent souffrir de cette compétition et de l'affaiblissement de la profondeur de ces plans d'eau.
A l'inverse, c ertaines mares connaissent un stade de comble ment très avancé et particulièrement
intéressant à conserver avec le développement de végétations acidophiles à sphaignes et drosera.
C'est le cas de deux mares sur Bouquelon et sur les Mannevilles.
Pour établir un 'plan de gestion ' des mares à restaurer avec un échelonnement des travaux dans le
temps, un suivi piézométrique , fin et de surface , doit être réalisé au préalable afin de mesurer les
éventuels effets d'un curage. Quelques suivis spécifiques comme le suivi avant/après des algues d'eau
douce et des bivalves donnent également de bonne indication sur l'effet de ces opérations sur les
mares et leur écosystème . La recherche de Dolomedes plantarius comme bioindicateur des niveaux
d'eau peut également se poursuivre et s'intensifier.
OO10 Améliorer le caractère ouvert de grands ensembles prairiaux
Les Mannevilles s'intègrent dans un vaste ensemble prairial, avec ou sans chasse, qui est essentiel pour
l'avifaune. A l'inverse, Bouquelon, avec son taillis de bouleaux dans la partie Nord -Est du site,
fragmente un ensemble de prairies anciennement propice à l'accueil et à la nidification du Courlis
cendré.
Préfecture de l'Eure - 27-2024-08-27-00001 - Plan de gestion 2023-2033 64
Localisation des unités fonctionnelles pour l'avifaune - 2023
courlis A e* données 2002 a 2007 AL K3* données 2008 a 2014E obstacle. dortoir. coloniesecteurs fonctionnels' Bouquelon-Ferme modéle' Mannevilles-APPB-FlamandsMannevilles-Grand-MareF APPB des litières de QuillebeufN Périmetre_RNNOrtho_ROL_MVSOURCESOrtho ROL(2020)
REALISATIONPNRESN - CD (2023)
Parc naturel régional des Boucles de la Seine Normande
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Le maintien de ces fonctionnalités dépend de la bonne entente entre les différents gestionnaires
présents sur le secteur (Conservatoire du littoral, OFB, Fédération de chasse 27 et particuliers ) et
d'actions concrètes sur la réserve avec le déboisement de tout ou partie du taillis de bouleaux qui s'est
reconstitué depuis 2005 dans la partie Nord-Est du site.

L'atteinte de ces objectifs passe par la réalisation de facteurs clés de succès qui permettent d'optimiser
la gestion et de mieux orienter les objectifs et les opérations. Ils sont déclinés en 2 OLT qui portent sur
l'ancrage territorial et la gouvernance :

FCR1 AMELIORER L'INTEGRATION DE LA RESERVE DANS SON TERRITOIRE
Le FCR1 vise à développer l'ancrage territorial de la réserve naturelle. Plusieurs facteurs déterminent
le niveau d'ancrage, tels que le degré de connaissance du site protégé par les habitants et les élus, les
possibilités d'accueil du public au sein de la réserve, la diversité des moyens de communication et
d'information mobilisés ainsi que des actions de sensibilisation proposées, l'identification des points
de crispation s'il y a lieu. La fréquentation illégale peut avoir des conséquences néfastes, tant en
termes de dérangement de la faune (avifaune n icheuse, cervidés…) qu'en termes de dégradation des
habitats et végétations. Ces actes sont en partie liés à une mauvaise visibilité de la réserve et une
mauvaise acceptation de la réserve.
Le développement des EEE, en nombre de taxons et en nombre de stations, constitue le reflet d'un
dysfonctionnement écologique du site. Leur présence implique des actions de surveillance et de
gestion de plus en plus importantes et régulières. Le suivi des abords avec l'apparition d'espèces
problématiques comme la Crassule à proximité de Bouquelon est également nécessaire pour
intervenir dès l'éventuelle apparition de l'espèce sur le site.
Préfecture de l'Eure - 27-2024-08-27-00001 - Plan de gestion 2023-2033 65
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La surfréquentation du site par les sangliers est soit liée à un phénomène global de surpopulation,
soit liée à une concentration des animaux dans un secteur où la pression de chasse est moindre, où
les habitats leur sont particulièrement favorables, à proximité immédiate de secteurs de nourrissage.

Ce FCR est décliné en 6 objectifs opérationnels.
OO11 Assurer l'accueil du public pour mieux faire connaitre la réserve et échanger sur le
respect de la nature et ses bienfaits
La réserve naturelle constitue un espace privilégié de sensibilisation à la nature grâce aux habitats, aux
espèces et aux problématiques environnementales qu'elle concentre sur un même espace. S'il reste
contraint par la réglementation spécifique de la réserve naturelle , par sa fragilité et par les difficultés
d'accès, l'accueil encadré de tous les publics reste essentiel. Faire connaître la réserve naturelle ainsi
que les actions qui y sont menées participe tant au niveau local à l'ancrage territorial du site protégé
au sein de s communes de la boucle et des intercommunalités dont elles dépendent , qu'aux niveaux
régional et national (attrait touristique du secteur).
Ces actions de sensibilisation et de communication sont d'autant plus importantes, que la réserve n'est
pas parfaitement identifiée par les habitants de la boucle . L'accès limité et contraint a certainement
contribué à ce relatif désintérêt de la part des locaux. Quelle que soit l'origine du public , on constate
également une confusion récurrente entre les dénominations du village, de la boucle et de la réserve.
S'y ajoute un amalgame entre différents statuts, notamment avec Natura 2000. Malgré tout, le site
bénéficie d'un atout fondé sur une image forte, véhiculée par l'introduction des highland cattle dans
le marais . Le marais Vernier est ainsi connu et reconnu pour ses vaches, ses courtils et son
architecture ; c'est moins le cas de la réserve naturelle du même nom.
Cette reconnaissance de la réserve par les habitants et par les élus doit occuper une place
déterminante pour le gestionnaire ; c'est par ce biais qu'une sensibilisation plus active de la population
et de leurs représentants à la conservation de la tourbière est possible. Cela se traduit par l'accueil de
publics variés dans le cadre d'animations sur les thèmes portés par la réserve . Le programme des
sorties (une vingtaine/an) est, chaque année, diversifié par les thèmes abordés (suivis participatifs,
bien-être, travaux manuels, observations d'espèces ou de groupes d'espèces…) et réparti toute l'année
avec une forte récurrence en période printanière et estivale. Cette action est rendue possible grâce à
un budget dédié de l'EEDD depuis 2021 et par l'implication des agents du pôle eau & biodiversité et
du pôle communication du Parc, dans l'organisation et le suivi de ces RDV . Ce budget consacré à la
professionnalisation des actions de sensibilisation à l'environnement permet de proposer de nouvelles
animations aux thématiques novatrices et faisant appel à des prestataires pour attirer davantage le
public local et éventuellement un public peu familiarisé à la nature : ateliers de vannerie sauvage,
découvertes en calèche, découverte des sols et histosols de la Réserve… Une partie de ce budget
permet également la constitution d'un ensemble de supports pédagogiques, dont un reportage
photographique professionnel sur la réserve. Des centaines de clichés sont ainsi à disposition du
gestionnaire pour illustrer les rapports, plaquettes, panneaux . Ces supports photographiques qui
associent données scientifiques et vision artistique, seront exploités dans le cadre d'une exposition
d'extérieur itinérante (impression sur dibon, panneaux de 1.5m sur 1.5m sur support métallique) dont
la fabrication est programmée en 2023. Si les habitants ne viennent pas sur la réserve, c'est la réserve
qui viendra à eux.
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WiLa tourbiere du marais Vernierexceptionnelle et fragile...
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Une réflexion, déjà engagée pendant le plan de gestion précédent, pourra également être relancée sur
l'ouverture au public d'une partie du site : elle passe par l'amélioration de l'accessibilité du site et par
la création d'un sentier voire d'un observatoire.
La communication des Rendez-vous du Parc, relais des animations de la réserve, doit être poursuivie.
Pour ce programme comme pour d'autres thématiques, la communication se fait par la presse locale
et régionale. Les animations ont également été planifiées et inscrites dans des programmes régionaux
et nationaux : journée porte ouverte des Réserves normandes, fête des mares, fête de la nature. Pour
doper la participation locale (cible prioritaire) un agenda papier, spécial « réserve », est édité et déposé
dans les boites aux lettres des habitants des communes de la boucle.
De nombreuses animations scolaires ont également lieu sur la réserve.
OO12 Améliorer l'appropriation de la réserve par les usagers du territoire
La priorité est donnée aux actions qui permettent de (re)créer un lien entre les acteurs locaux et la
réserve afin de bâtir une situation d'échanges riches et constructifs pour que la réserve soit identifiée
comme un acteur parmi d'autres dans le marais et non comme une contrainte administrative, imposée
de « l'extérieur ». Plusieurs opérations sont déjà décrites et rattachées aux OLT1 et 2 : participation au
règlement d'eau, aux réunions de l'ASA, aux actions de régulation des sangliers , vente d'herbe sur la
réserve.
La thématique « sangliers » est à ce titre un bon exemple ; elle représente un investissement en temps
conséquent pour le gestionnaire, mais elle constitue un moyen efficace d'ancrer la réserve dans son
territoire chassé. Ce partenariat avec les acteurs du monde rural (agriculteurs-chasseurs du marais) est
essentiel pour qu'un climat de confiance s'instaure et que les programmes de conservation soient
compris du plus grand nombre. Il nécessite une présence accrue du gestionnaire sur le terrain et une
participation aux différentes actions menées sur le site.
D'autres pistes peuvent être explorées comme le pâturage de la réserve par conventionnement avec
un éleveur de la boucle.
La réussite du programme de gestion conservatoire est étroitement dépendante d'un certain nombre
de paramètres externes, tels que la prise en compte de différents usages autour de la réserve . Le
gestionnaire reçoit régulièrement des r equêtes de la part des chasseurs au gibier d'eau, voisins de la
réserve, concernant la gestion de ses marges : boisements, fossés, invasives. Il s'agit de développer
des actions communes, lorsqu'elles sont en adéquation avec les enjeux et les objectifs de la réserve,
pour favoriser les échanges et une compréhension mutuelle.
Le partenariat avec les autres gestionnaires de milieux naturels de la boucle est fondamental pour
assurer une prise en compte efficace du patrimoine naturel et de ses fonctionnalités qui dépassent
largement le périmètre de la réserve ; il s'agit dans ce c as de renforcer les échanges techniques et
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scientifiques. Ce partenariat se décline également à l'échelle régionale avec une participation active
du gestionnaire aux échanges régionaux et à la structuration de ces échanges.
OO13 Organiser des opérations de surveillance et de police
Chaque année, le gestionnaire fait le constat sur le site d'une fréquentation non autorisée assortie
d'actes de malveillance (vol de matériel, atteinte aux milieux) qui engendre une perturbation de la
tranquillité du site et des espèces qui y vivent . Ces faits soulignent la difficulté de surveiller en tout
temps et à tout moment l'espace protégé , même si la présence de l'organisme gestionnaire y est
régulière (toutes les semaines de l'année, plusieurs fois par semaine). Ils marquent également un
manque de v isibilité (d'acceptation ?) de la réserve sur le terrain, dans son environnement, et une
lacune de communication sur sa gestion.
La mission de police vise à veiller au respect de la règlementation propre au statut de la réserve
naturelle, telles que précisé dans l'arrêté ministériel de classement, mais également aux
réglementations liées aux espèces protégées, à la circulation des v éhicules terrestres à moteur. Elle
est assurée par l e conservateur de la réserve et les zootechniciens dans une moindre mesure . Les
agents de l'Office Français de la Biodiversité peuvent également intervenir en cas de besoin .
L'entretien des limites, des p anneaux d'entrée et la pose de bornes informatives sur le pourtour du
site accentuent la lisibilité de son statut.
L'organisation des activités du gestionnaire doit également prendre en considération le respect de la
quiétude du site. Cette attention doit être particulièrement marquée sur certaines zones sensibles,
identifiées, selon différentes périodes et en fonction de différents groupes d'espèces, sur les cartes
suivantes.
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Zone de sensibilité aux dérangements en hiver - Mannevilles, 2023Zone de sensibilité aux dérangements au printemps - Mannevilles, 2023
2003 ce zonsbiré Zenz 3¢ ekliVOH févierajain ME norntre s BkPéiriehie FNNDiko RCL MY
1400 m900 m
ité aux dérangements grands mammifères - mai à aoûtZone de sensibilité aux dérangements en automne - Mannevilles, 2023
2048 eonebité g ands manrPériree REYke ROL Wy
2o ve vsblP52ytà ncoaPéitneta_RHTl RO Ws
i
1000ETE800 m
61






















OO14 Contribuer à la définition d'une gestion transversale et cohérente à l'échelle du marais
Vernier
Contribuer au dialogue autour de la gestion de l'eau sur le marais . Le maintien de l'hydrosystème
tourbeux fonctionnel impose de limiter les trop fortes fluctuations des niveaux d'eau à l'échelle du
marais tourbeux. Malgré une maîtrise des niveaux d'eau qui échappe au gestionnaire, Il convient d'agir
sur le mode de gestion et d'entretien des éléments liés à l'hydrosystème laissant aujourd'hui peu de
place à un fonctionnement naturel.
Le gestionnaire veillera donc à une meilleure prise en compte des enjeux de la réserve en participant
activement au dialogue autour de la gestion de l'eau sur le marais. Se pose également la question des
drains périphériques qui ceinturent les deux sites de la réserve et qui peuvent subir encore aujourd'hui
des curages avec un impact non quantifié, mais patent sur la réserve. Traditionnellement le fond des
fossés fixe les limites de propriétés, la moitié de chaque linéaire appartenant à un des deux riverain s.
Cette volonté de curer les fossés dans la tourbière ancrée dans les esprits comme bénéfiques à la
tourbière doit faire l'objet d'une concertation accrue.
Ces opérations de concertation, déjà menées lors du plan de gestion précédent, s'appuient sur un
travail en transversalité avec d'autres agents du Parc : le chargé de mission hydrologie des zones
humides qui assure le lien avec la DDTM et les usagers, les animateurs Natura 2000.
Préfecture de l'Eure - 27-2024-08-27-00001 - Plan de gestion 2023-2033 69
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Intégrée dans un réseau dense d'espaces préservés, la réserve bénéficie de cette complémentarité,
important levier d'action pour répondre à un certain nombre de fonctionnalités à l'échelle du marais
Vernier. Pour être efficace, ce réseau nécessite une vision globale de s suivis et de la gestion des sites
qui le composent. La boucle bénéficie en outre de classements sans doute moins contraignants, mais
établis à plus petite échelle, comme Natura 2000 dont le document d'objectif constitue un socle
commun à cette recherche de complémentarité.
Pour asseoir cette complémentarité, un travail rapproché entre les différents gestionnaires de la
boucle s'avère indispensable. Cette démarche est déjà entamée avec des suivis communs sur
l'avifaune, les reptiles, Dolomedes plantarius, Heteropterus morpheus. Ces actions sont à systématiser
et leur programmation est à préparer en amont, annuellement, avec l'appui de l'animateur Natura
2000. Elles pourraient porter sur le suivi de certaines espèces végétales et végétations, avec comme
base de travail la carto graphie des végétations du marais Vernier réalisée en 2019 -2020. Cette
actualisation des données floristiques pourrait déboucher sur la réalisation d'un schéma systémique à
l'échelle du marais.
OO15 Endiguer le développement des populations EEE sur la réserve
Cet objectif est déjà en application. Il s'inscrit dans une stratégie locale de lutte contre les espèces
exotiques envahissantes , déclinée dans l'OO13 , et comprend des actions de gestion adaptées aux
espèces les plus néfastes et des actions de surveillance sur la réserve.
OO16 Limiter la surfréquentation du site par les sangliers
La présence du sanglier sur la réserve ne représente pas un problème en soi. Son impact sur le milieu
dans la mesure où il reste modéré (fouilles sur - de 2% des surfaces de prairies et bords de mares), peut
être bénéfique pour certaines espèces qui affectionnent les milieux très ouverts et perturbés. Le
constat est plutôt négatif ; l es dégradations régulières et étendues de végétations prairiales
patrimoniales et l'absence de régénération de la chênaie associée à une surconsommation des glands
sont en lien avec une concentration des sangliers dans ce secteur du marais Vernier. Elle peut
également affecter très fortement les populations de reptiles et d'amphibiens.
Les actions inscrites dans cet objectif ( effarouchement et réduction des populations) sont en cours
depuis de nombreuses années . Il s'agit de réduire la population , lors de battues administratives, en
concertation avec les acteurs locaux. Si le tir des sangliers réduit la quantité de dégâts à court terme,
le tir de femelles a des conséquences sur le plus long terme. La recherche de solutions plus efficaces
est à privilégier. Pour contribuer à une baisse significative des effectifs, l'arrêt de l'agrainage, en dehors
des périodes de semis, sur tout le territoire en zone humide est essentiel et régulièrement réclamé.
Cette problématique nécessite une gestion concertée, à l'échelle du marais Vernier.

FCR2 AMELIORER LES CONNAISSANCES SUR LA RESERVE
La mise en pratique du programme opérationnel du plan de gestion ne doit pas faire perdre de vue
une autre mission du gestionnaire qui est d'engranger de nouvelles données scientifiques ou
naturalistes Cette amélioration permanente de la connaissance scientifique permet de contribuer
activement aux réseaux de veille naturalistes mis en place au niveau national et régional, par le biais
des observatoires de la biodiversité et des systèmes d'i nformation spécifiques (SINP…). Elle constitue
aussi une base importante pour le gestionnaire qui se doit d'intégrer ces nouvelles connaissances dans
le plan de gestion. Le changement climatique, susceptible de modifier le fonctionnement de
l'hydrosystème et de provoquer une évolution des cortèges floristiques et faunistiques
caractéristiques des milieux tourbeux et alluviaux. Les impacts du changement climatique affecteront
de manière s directes et indirectes, l'intégrité et la fonctionnalité du marais et en particulier de la
tourbière. Ce paramètre n'a jamais été appréhendé pour le site et demande à être étudié.
Préfecture de l'Eure - 27-2024-08-27-00001 - Plan de gestion 2023-2033 70
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OO17 Améliorer les connaissances sur le patrimoine naturel
Si de nombreux inventaires et de multiples études ont déjà été menés sur le site, des lacunes ont été
mises en évidence, notamment sur les rôles et la description des milieux boisés tourbeux, sur certains
groupes taxonomiques peu approfondis aux données trop anciennes (tels que les lépidoptères dont
certaines données datent des années 80 ). L'ancienneté de la dernière observation pour certaines
espèces d'hétérocères questionne la fréquentation contemporaine de la réserve. Ces données
anciennes voire très anciennes ont été conservées dans le tableau fourni en annexe et analysées, mais
ne sont pas ressorties dans la liste des espèces à responsabilité. Pour une meilleure prise en compte,
elles réclament une mise à jour des données pour s'assurer de la responsabilité de la réserve vis-à-vis
d'espèces non observées depuis plus de 30 ans. Ces différents travaux seront réalisés en fonction des
opportunités (techniques et financières) qui se présenteront au gestionnaire tout au long du plan de
gestion.
OO18 Participer aux réseaux de gestionnaires d'espaces naturels, d'experts et de naturalistes
Une des missions du gestionnaire est de poursuivre en continu la récolte de nouvelles données
naturalistes sur des groupes déjà étudiés sur le site ou pas. Cette amélioration permanente de la
connaissance scientifique du site qui se fait au gré des opportunités, permet de contribuer activement
aux réseaux de veille naturalistes mis en place au niveau national et régional, par le biais des
observatoires de la biodiversité et des systèmes d'information spécifiques (SINP…). Elle constitue aussi
une base import ante pour le gestionnaire qui intègre progressivement ces nouvelles connaissances
dans le plan de gestion. Cette amélioration de la connaissance permet donc d'affiner ou de réorienter
la stratégie de conservation mise en œuvre sur le site en définissant de nouveaux enjeux ou en
identifiant des bio-indicateurs pertinents pour analyser la fonctionnalité de l'écosystème.
Les rencontres de gestionnaires d'espaces naturels (Réserves naturelles de France, le réseau des
gestionnaires d'espaces naturels normands (ANBDD), le réseau des réserves de Normandie ou encore
le Groupe d'Etude des Tourbières) offrent une opportunité d'échanges scientifiques et techniques, de
mutualisation d'expériences et de formation.
Au sein du réseau des réserves de Normandie, il serait intéressant de constituer un groupe des
« réserves tourbeuses », tant leurs problématiques et leurs enjeux sont proches. Ce groupe de travail
et d'échange pourrait faciliter et rendre cohérente la rédaction des plans de gestion sans pour autant
lisser la spécificité de chaque site.
La saisie en ligne ou la transmission des données aux observatoires thématiques locaux (Parc, ZPS) et
régionaux (CBN, OBHN, GRETIA, GMN… qui eux-mêmes alimentent la base de données régionale animé
par l'ANBDD, à l'observatoire du patrimoine naturel de Rése rves Naturelles de France, à l'INPN
(MNHN)… contribuent à l'amélioration et à la diffusion des connaissances scientifiques et naturalistes
aux niveaux régional et national
OO19 Améliorer les connaissances sur les impacts du changement climatique
La problématique du changement climatique n'est pas traitée dans les documents de gestion de la
réserve. Depuis quelques années, cette thématique prend une ampleur croissante y compris chez les
gestionnaires d'espaces naturels, qui tendent à en étudier les conséquences sur leurs sites et à
apporter des éléments de réponse pour adapter les enjeux, la gestion et limiter les impacts négatifs
autant que possible (ex https://naturadapt.com/).
La réalisation d'un diagnostic de vulnérabilité face au changement climatique pour la réserve, suivi
d'un plan d'adaptation, constitue une première étape pour améliorer l'appréhension de ce facteur au
niveau local. Il pourra s'intégrer dans le diagnostic fonctionnel prévu dans l'OO8 de l'OLT1.

Préfecture de l'Eure - 27-2024-08-27-00001 - Plan de gestion 2023-2033 71
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FCR3 OPTIMISER LA GESTION COURANTE DE LA RESERVE
Le FCR3 vise à répondre au facteur clé de réussite lié à la gouvernance de la réserve naturelle. Le
principal facteur d'influence pour cet objectif à long terme est lié aux possibilités de financement des
missions portées par le gestionnaire (postes salariés) et des opérations afférentes à ces missions
(travaux, études, acquisitions de matériels, etc.) nécessitant le concours de prestataires extérieurs, et
au degré de mobilisation de ces financements (complexité des dossiers de demande , délais de
remboursement, etc.).
Le FCR3 se décline en 2 objectifs opérationnels.
OO20 Assurer la gestion courante administrative et financière de la réserve
Cet objectif concerne le fonctionnement courant de la réserve naturelle, porté par la structure
gestionnaire, indispensable pour la mise en œuvre concrète des actions de gestion. S'il est
principalement assuré par l e conservateur, il implique également plusieurs salariés du pôle
administratif (direction, comptabilité, secrétariat). Il est tributaire des financements alloués par la
Dreal, pour la partie fonctionnement des postes.
Le cadre institutionnel de la gestion est constamment en mouvement en raison du renouvellement
des agents des services de l'Etat et des collectivités, de certains élus. L'instauration d'un climat de
travail stable nécessite que le gestionnaire se tienne co nstamment informé des mutations de son
environnement professionnel et entretienne son réseau par le biais de visites de terrain, par exemple,
qui permettent une appréciation rapide et efficace des problématiques associées à la réserve et au
marais Vernier plus globalement.
OO21 Mettre en œuvre et évaluer le plan de gestion
Il s'agit de c onsulter et de valider de manière participative l'avancement opérationnel du plan de
gestion auprès des instances de gouvernance (comité consultatif, secondairement conseil
scientifique). Un rapport d'activité faisant état de l'avancée du plan de gestion, de la réalisation des
opérations et du bilan financier est présenté chaque année lors du comité consultatif de la réserve. Ce
document correspond à une évaluation annuelle.

L'évaluation du plan de gestion reste une étape indispensable pour s'assurer du bien -fondé de la
gestion mise en œuvre, de la robustesse des indicateurs choisis, et pour conforter les objectifs
prioritairement visés ou les réorienter si nécessaire. Elle synthétise l'ensemble des actions menées et
positionne le niveau d'atteinte des objectifs au regard des éléments fournis par le suivi des indicateurs.
Sur les 10 années de gestion planifiée, deux évaluations sont à réalis er, l'une intermédiaire à 5 ans, la
seconde au terme des 10 ans qui débouche sur la rédaction du plan de gestion suivant.
Préfecture de l'Eure - 27-2024-08-27-00001 - Plan de gestion 2023-2033 72
pression à gérerHR sppauvrissement végétations- dégradation des habitats (sangliers)- dégradation des habitats (sangliers) & EEEME Drain & EEE- dynamique de comblementME cynamique de tourbificationME cynamique de tourbification & EEED effets drainsD embroussaillementI embroussaillement & EEEE] fragmentation landesÛ ourlification[ ouriification & EEE[ stabilisation facies amphibiesÛ stabilisation facies amphibles & EEE(==Périmetre_RNN
REAISATIONFNRESN - CD (2023}
pression à gérer- appauvrissement végétationsHE cécracation des habitats (sanglers)- dégradation des habitats (sanghers) & EEEHE Drain & EEEHE cyramique de comblementHE cyramique de tourbificationME cyramique de tourbification & EEE[:] effets drainsD embroussaillementD embroussaillement & EEE:] fragmentation landesD ourlification[ ouriifcation & EEE[ stabiisation facies amphibies[[] stabilisation tacies amphibles & EEE=3Périmetre_RNN
sourcesOrrho ROL (2020)
Parc naturel régional des Boucles de la Seine Normande
Parc naturel régional des Boucles de la Seine Normande
65


SYNTHESE CARTOGRAPHIQUE DES PRESSIONS A GERER ET DES OBJECTIFS
OPERATIONNELS QUI EN DECOULENT

























+ à l'échelle de l'ensemble du site et du
marais :
- Changements climatiques
- Eau (gestion/origine/qualité)
- Dérangement des espèces
- Fragmentation de grands ensembles
prairiaux
- Diversité des gestions sur le marais
Préfecture de l'Eure - 27-2024-08-27-00001 - Plan de gestion 2023-2033 73
pression gérerBl s<orcation des habtats (sanglers) & EEE| MOsME eyramique de tourtification & EEEB emtrousssitement& EEEcurifcation& EEE[ stabissation facies amphibies & EEEPécmetre_RNN
REALISATYP - CO
pression à géverM cs cccHE s crainsPéaimetre_RNN
pression à gérerME siramique de comblementHE syramique de soutincatonMEN cyramique de scurtincaton & EEEME ragmentaton andes[ mabitsation tcies ampridion(C] satibsation noñs amphidies & EEEPétimetse_RNN
66

En détail :







































Préfecture de l'Eure - 27-2024-08-27-00001 - Plan de gestion 2023-2033 74
pr: n à gérerDE aprauvrissement végétetionsÆ ouriicatorPétimetre_RNH
UKLS B,
pression à gérerB emvroussatiementB emoroussailement & EEEE owriscationourlfication& EEEPérimetre_RNN
A
SOURCESOrthe ROL (20001
600 m
Parc naturel régional des Boucles de la Seine Normande
ds Boues4 50 verraneLParc naturel régional des Boucles de la Seine
pression à gérerHEN décracation des habitats {sangliers)- degradation des habitats isangliers) & EEEPérimetre_RNN
Pzrc= nilurerégionades Bcudasde1z Saina Morrande Parc naturel régional des Boucles de la Seine Normande
67































Préfecture de l'Eure - 27-2024-08-27-00001 - Plan de gestion 2023-2033 75
objectifs opérationnels- 0010 prairie alluviale- 0010 prairie alluviale + 0017 sangliers- 0014 grand ensemble prairial Bouquelon\:l QO1 expression milieux ouverts + OOS5 litière\:l Q012 gestion des mares[:] 0012 gestion des mares + OOS5 litière[[] 0016 EEE + 0017 sangliers[[] 002 landes + 005 litièreD OO3 libre évolution + OOS litiere- Q04 patchs tourbiére basse+ OOS litière- QO7 limiter l'assèchement- OO7 limiter l'assèchement + 0016 EEEPérimetre_RNN
SOURCESOrtho ROL (2020)REAUISATIONPRRBSH - CD (2023)
Parcnalurerôgionaldes Boucles dela Seinz Normande Parc naturel régional des Boucles de la Seine Normande
objectifs opérationnels- 0010 prairie alluviale- 0010 prairie alluviale + 0017 sangliers- 0014 grand ensemble prairial Bouquelon\:l QO1 expression milieux ouverts + OOS5 litière\:l Q012 gestion des mares[:] 0012 gestion des mares + OOS5 litière[[] 0016 EEE + 0017 sangliers[[] 002 landes + 005 litièreD OO3 libre évolution + OOS litiere- Q04 patchs tourbiére basse+ OOS litière- QO7 limiter l'assèchement- OO7 limiter l'assèchement + 0016 EEEPérimetre_RNN
SOURCESOrtho ROL (2020)REAUISATIONPRRBSH - CD (2023)
Parcnalurerôgionaldes Boucles dela Seinz Normande Parc naturel régional des Boucles de la Seine Normande
68































+ OO6 gouvernance autour de la gestion
de l'eau
+ OO8 et 9 Amélioration des
connaissances hydropédologiques
+ OO11 Surveillance et police
+ OO13 Définition d'une gestion
cohérente à l'échelle du marais
+OO15 Amélioration des connaissances
sur l'impact des CC
Préfecture de l'Eure - 27-2024-08-27-00001 - Plan de gestion 2023-2033 76
ObjectifsObjectifs a Résultats | Indicateurslong terme souhaités d'état
Stratégie a long termeObjectifs Résultats | Indicateursopérationnels | souhaités depressionPlan d'action à moyen terme| | | |
I
69

Arborescence
Conformément à la méthodologie des plans de gestion des réserves naturelles, l'arborescence du plan
de gestion synthétise l'ensemble des éléments et l'argumentaire présenté dans le diagnostic (Tome 1)
et les premières parties de ce document (Tome 2). Elle apporte une vision globale, pour l'enjeu
formulé, des objectifs à atteindre à long et moyen terme et des opérations pour y parvenir. Elle
s'articule en deux grandes parties :
• la stratégie à long terme (50 à 100 ans), ou tableau de bord, qui fixe le cap et pose les résultats
attendus,
• la déclinaison opérationnelle, ou plan de gestion, qui définit le plan d'action sur 10 ans. Elle
fixe, en fonction des facteurs d'influence, les objectifs opérationnels et les indicateurs de
pression correspondants et la liste les opérations de gestion ou de suivi qui en découle . Une
même opération peut être affectée à plusieurs objectifs. Elles sont réparties en 8 types selon
la codification proposée par RNF :
- CC : Création de supports de communication et de pédagogie
- CI : Création et entretien des infrastructures
- CS : Connaissances et suivi du patrimoine naturel
- IP : Intervention sur le patrimoine naturel
- MS : Management et soutien
- PA : Prestation d'accueil et d'animation
- PR : participation à la recherche
- SP : Surveillance du territoire et police de l'environnement
Pour chaque opération des niveaux de priorité sont attribués :
• Priorité 1 : opération prioritaire. Cette priorité d'action est affect ée à des opérations menées
sur le temps long (ex : suivi des oiseaux nicheurs, de la flore patrimoniale…) ou des opérations
de gestion essentielles à l'atteinte des objectifs. C ertaines de ces opérations sont tributaires
des sources de financement (parfois très importantes) qui sont à rechercher.
• Priorité 2 : ce degré de priorité est attribué aux opérations qui sont utiles dans l'acquisition de
nouvelles connaissances, mais qui n'empêchent pas, si elles ne sont pas réalisées, la mise en
œuvre de la gestion et l'atteinte des objectifs.
• Priorité 3 : ce niveau de priorit é est affecté aux opérations que l'on peut considérer comme
facultatives. Leur absence de réalisation ne va pas affecter le patrimoine naturel du site. Elles
sont effectuées au gré des opportunités (spécialiste demandeur de prospections sur le site…).

Préfecture de l'Eure - 27-2024-08-27-00001 - Plan de gestion 2023-2033 77
Enjeu Objectifs à long terme Etat visé sur le long 
terme Indicateurs d'état Métriques
Valeur idéale à 
atteindre sur le 
long terme
Code Opérations (suivis scientifiques) Indicateurs de 
réponse Priorité
fluctuation des niveaux d'eau en surface niveau d'eau (profondeur 
piézomètrique)
engorgement 
permament à 40cm 
max dans le sol
CS1
suivi piézomètrique de surface. Hauteurs et 
amplitude. stockage d'eau. Unités 
fonctionnelles (3 Mannevilles/ 2 Bouquelon)
réalisation des transects 
piézo ou piézo isolés selon 
les différents types de 
milieux
1++
densité apparente sans unité
masse volumique 
apparente très faible 
jusqu'à  0,1t/m3. 
saprique plus élevée 
à 0,2t/m3
CS2
suivi de la masse volumique et de la densité 
apparente par échantillonnage de différents 
sols et histosols.
Conjointement à la détermination de la masse 
volumique apparente (exprimée en g/cm3) qui 
est numériquement égale à la densité 
apparente (sans unité), on peut déterminer la 
teneur en eau massique ou pondérale de 
l'échantillon prélevé.
suivi réalisé
1
rapport carbone sur azote C/N
tourbe acide: 50
tourbe alcaline: 
inférieur à 30
CS3
Suivi du rapport C/N
Plus le rapport C/N d'un
produit est élevé, plus il se décompose 
lentement dans le sol et plus l'humus obtenu 
est stable. indicateur qui permet de juger du 
degré d'évolution de la matière organique, 
c'est‐à‐dire de son aptitude à se décomposer 
plus ou moins rapidement dans le sol 
suivi réalisé
1
estimation de l'accumulation de tourbe épaisseur en cm 
d'accumulation
du positif au 
minimum sur un 
secteur / 3mm sur 10 
ans
PR1
expérimentation: repère ONU (AMI OFB 
habitats tourbeux) tige en métal dans tourbe / 
rondelle sur fer. doublons 1 avec rondelle et 
un sans (avec écrou)
expérimentation lancée
1
Taux d'azote Kjeldahl (NKJ en 
mg/l) Nitrate< 1 mg/l
Taux de nitrate NO3‐ (mg/l) Nitrate< 2 mg/l
Taux de phosphore (mg/l) P < 0,05 mg/l
Taux d'orthophosphate PO4 
(mg/l) PO4< 0,1 mg/l
typicité et diversité des groupements
comparaison à la définition 
CBNBL des végétations 
identifiées/ espèces 
caractéristiques présentes
6 végétations 
acidophiles/3 
végétations 
basophiles
CS5 transects de suivi de végétations
analyse relevés phyto et 
spatialisation des résultats, 
tous les 5 ans. Application 
protocole seino
1
CS6
Suivi des coléoptères aquatiques, ICOCAM 
descripteurs fonctionnels de l'hydrosystème 
dont 3 espèces à rechercher en priorité.
nombre de mares suivies 
Expression de cortèges typiques de Syrphes
Nombre d'espèces/ fonction 
réservoir de biodiversité en % 
par type de milieu = intégrité 
écologique des 3 grands types 
de milieux
nombre de synusies ‐ 
+ de 60% pour les 
milieux ouverts. + de 
50% pour les milieux 
fermés
CS7 Syrph the net tous les 10 ans suivi réalisé
2
Etat de conservation des populations d'espèces floristiques à 
responsabilité: Lobelia urens et Erica tetralix, Lysimachia tenella, 
2 Drosera
Nombre d'individus populations en 
augmentation CS8 Suivi des populations de Lobelia urens, Erica 
tetralix, Lysimachia tenella…
suivi réalisé/nombre de pieds 
ou de stations comptés 1
variations micro‐climatiques
analyse de données
Valeurs d'humidité du sol et 
températures à caler en relatif. 
à définir en début de 
plan de gestion ‐ 
Valeurs humidité et 
température de l'air 
et du sol. À caler en 
relatif par rapport 
milieu ouvert
CS9
Suivi des conditions microclimatiques 5 sondes 
posées dans des milieux très différents. 
Valeurs moyennes sur ensemble des données. 
comparaison des données entre grands types 
de milieux. 
récolte et analyse réalisées
1
 surface de bas‐marais typique des zones refuge
 nombre de tâches de + de 
20m² / surfaces cumulées / 
sociabilité des tâches
dépasser les 5ha en 
surfaces cumulées CS5 suivi phytosociologique et cartographie relevés réalisés et a nalysés
1
Facteurs d'influence Pressions / Influence à gérer Objectifs 
opérationnels Pressions attendues Indicateurs de pression Métriques
Valeur à 
atteindre 
pendant la 
durée du plan 
de gestion
Code Opérations (gestion et suivis) Indicateurs de réponse Priorité
surface 35ha max IP1 arrachage et/ou broyage d'arbustes sur deux 
secteurs de Bouquelon opération réalisée 1
données en nombre d'espèces 
turficoles favorisées
à définir en cours de 
plan de gestion CS10 suivi des secteurs gérés suivi réalisé 1
opérations complémentaires au pâturage surface d'habitats réouve rts
% de marais 
tourbeux plus élevé 
que % de friche 
humide
IP2 fauche avec exportation de zones de refus de 
pâturage opération réalisée
1
conservation d'un couvert boisé peu dense et limitation du 
pâturage dans les secteurs de lande surface et composition 0,5ha à 2ha IP3 modulation du pâturage sur le secteur Sud de 
Bouquelon modulation réalisée 1
limitation du développement des moliniaies ‐ régression de la  
surface de touradons de molinie aux abords de la mare à Lobelia 
urens et Erica tetralix sur les Mannevilles
surface 0,1ha IP4 fauche et arrachage de touradons de molinie à 
proximité des stations d'espèces visées opération réalisée 2
maintien de la présence et de l'abondance de Heteropterus 
morpheus Nombre d'individus plus  de 15 CS11 suivi annuel de  Heteropterus morpheus suivi réalisé 2
développement de faciès 
forestiers vieillissants avec 
strates arbustives et herbacées 
diversifiées et sol en adéquation
réduction des interventions au minimum surface surface bétulaie + 
chênaie
niveau de régénération suffisant 
pour permettre la pérennisation 
des faciès boisés de la Réserve
Mesure de la régénération des espèces ligneuses nombre de juvéniles et de 
jeunes individus à l'ha
présence d'une 
structure d'âges 
diversifiée
Caractérisation des végétations 
boisées réalisation d'inventaires et de relevés nombre de relevés 
phytosociologiques
intégration des 
syntaxons dans le 
schéma systémique 
caractérisation de la faune et de 
la fonge associées à ces 
boisements
réalisation d'inventaires et de relevés nombre de stations étudi ées
état 0 du cortège des 
coléoptères 
saproxyliques
CS13 réalisation d'inventaires sur les cortèges 
d'invertébrés saprolignicoles inventaires réalisés
2
relevé pédo et description 
normée
2 relevés pédo par 
patch identifié (1 
dedans et un à 
proximité)
suivi piézométrique spécifique
un transect piézo par 
type de milieu 
identifié
surface  1ha IP6 mise en exclos de zones anciennement 
étrépées (Bouquelon) opération réalisée
1
IP7 opération réalisée
dynamique tourbification
déficit de litière et d'accumulation de 
matiére organique (carbone) et faible 
représentation des espèces 
turfigènes
OO5‐ Favoriser 
l'accumulation de litière 
nécessaire à la 
tourbification
Présence de litière et d'espèces 
turfigènes
développement des tapis de bryophytes et de cypéracées 
(espèces‐cible pour la turfigènése) surface à définir en début de 
plan de gestion (2ha) CS15 surveillance, détermination et cartographie 
des peuplements de sphaignes suivi réalisé
1
amélioration des connaissances 
des types d'alimentation en eau 
de la Réserve. 
instrumentation de la réserve en cohérence avec projet 
"stratégie pour la restauration fonctionnelle du marais Vernier 
tourbeux"
données/équipements à définir en début de 
plan de gestion CS17
participer au diagnostic du fonctionnement 
hydro du marais "stratégie pour la restauration 
fonctionnelle du marais Vernier tourbeux". 
RNN = site d'expérimentation
participation effective
1
qualification de l'état fonctionnel 
des milieux tourbeux de la 
réserve
réalisation d'une étude: récoltes de données et analyse par un 
expert étude CS18
réalisation d'un diagnostic fonctionnel à 
l'échelle de la réserve (prestation Pierre 
Goubet). En complément si besoin de l'étude 
"stratégie fonctionnelle".
réalisation de l'étude
1
Méconnaissance de la qualité des 
eaux qui alimentent la Réserve
amélioration des connaissances 
sur la qualité des eaux 
d'alimentation
échantillonnage de points d'analyses nombre d'échantillons et de 
points de prélèvement
5 points 
Mannevilles/5 points 
Bouquelon
CS19
suivi de la qualité de l'eau en lien avec le projet 
"stratégie pour la restauration fonctionnelle 
du marais Vernier tourbeux". Dans et autour 
de la Réserve avec points le long d'un transect 
Bouquelon‐courtils. Rajouter salinité
suivi réalisé
1
abondance de Heteropterus  Nombre d'individus > 5 5 à 10 10 à 15 15 à 30 > 30 invidivus
1 max
nombre de drains bouchés
ensemble des drains 
principaux et 
majorités des drains 
secondaires
nombre de piézomètres 4/site ?  CS16
pose de piézomètres équipés de sondes et 
suivi des niveaux d'eau intra‐site avant gestion 
des drains et aprés
interventions gestion des écoulements et drainage superficiel 
périphérique
OO7‐ Contribuer à 
l'amélioration de la 
connaissance du 
fonctionnement 
hydropédologique et de la 
qualité des eaux
compilation de données
nombre de bouchons 
réalisésIP8 mise en place de bouchons hydrauliques sur 
les drains de la Réserve
effets négatifs des drains dans et 
autour de la Réserve 
OO6‐ limiter l'assèchement 
en individualisant l'unité 
hydrologique de la Réserve
soutenir et relever le dôme 
piézométrique à l'intérieur de la 
Réserve
niveaux et qualité de l'eau 
dans la réserve et à l'échelle 
de la tourbière
favoriser le stockage d'eau pour 
limiter l'effet des sècheresses 
printanières
dynamique végétale en lien 
avec le cycle de l'azote et du 
phosphore
fragmentation et faible superficie des 
faciès de lande faciès de landes étendus
OO1‐ Favoriser l'expression 
des communautés 
patrimoniales ouvertes
embroussaillement & ourlification
réduction des surfaces 
impactées par la présence des 
arbustes colonisateurs ou 
d'espèces herbacées ubiquistes
réapparition d'espèces et de 
végétations ouvertes tourbeuses 
à responsabilité
OO2‐ consolider des stations 
d'espèces typiques  et des 
faciès de landes tourbeuses 
des faciès forestiers jeunes et en 
cours de maturation / absence de 
régénération dans les zones boisées à 
conserver sur les deux sites/ 
destructuration des végétations 
boisées
OO3‐ Laisser en libre 
évolution les secteurs de 
chênaie bêtulaie à molinie 
et de bétulaie à sphaignes
OO4‐ maintenir les patchs 
de végétations typiques des 
tourbières basses
stabilisation des faciès hydrophiles à 
amphibies
conservation de l'existant en 
bon état et augmentation des 
surfaces
4 ‐ présence de différents stades 
dynamiques au sein de grands 
types de végétations mosaïque 
gradient
1 ‐ Tourbière en bon état de 
conservation et conditions 
propices à l'accumulation de 
tourbe
OLT1 ‐ restaurer les 
écosystèmes para‐
tourbeux à tourbeux, 
hygrophiles à 
aquatiques, 
oligotrophiles, et leur 
faune associée
5 ‐ habitats refuge fonctionnels
Parmi les deux grandes entités écologiques de la 
réserve, les milieux tourbeux, prioritaires, 
dégradés et fragiles, couvrent 73% de la surface.
Fonctionnalité  de la tourbière dégradée avec 
manque de maîtrise des niveaux d'eau et de la 
qualité physico‐chimique des eaux de surface. Très 
localement bon état de conservation, mais 
isolement de certaines végétations et populations 
d'espèces. Des potentialités de restauration 
existent.
1
CS14
caractérisation des sols ou histosols dans ces 
patchs en parallèle de l'installation des 
piézomètres. 2 à 3 piézo de surface installés en 
transect sur replat mare, zone étrépée, 
dépression naturelle (1ère étape).
CS12
Diagnostic : Phase analytique Vision stratégique et opérationnelle Outil d'évaluation des atte intes des objectifs Action
Etat actuel de l'enjeu
Diversité des habitats, mésotrophiles à oligotrophiles, d'une zone humide alluviale dysfonctionnelle de fond d'embouchure
milieux humides, mésotrophiles à oligotrophiles, diversifiés et complémentaires de fond d'estuaire
Méconnaissance des fonctionnalités 
hydrologiques de la tourbière
variation des concentrations en éléments nutritifs2 ‐ Oligotrophie des eaux
3 ‐ Surfaces des différents 
habitats à enjeu en bon état de 
conservation
caractérisation et diversité des végétations des mares
Présence de 3 espèces à enjeux de Coléoptères aquatiques 
(Agabus unguicularis, Hydrovatus cuspidatus et Laccornis 
oblongus)
1
caractérisation réalisée. pose 
et suivi réalisé 1
opération réalisée 1
CS5
surface d'intervention 1ha gestion des ligneux sur zones étrépées 
(Bouquelon)
élaboration d'un schéma en 
concertation avec le CBNBL
réouverture de milieux prioritaires
gestion spécifique 
surface
surface identique au 
minimum; 0,5ha à 
gratter 
IP5
qualité fonctionnelle des groupements
présence à 
déterminer
note de l'ICOCAM/nombre 
d'individus des espèces visées
22 mares, présence 
des 3 végétations à 
enjeu
nombre de mares décrites, 
nombre de groupements par 
mare
atteinte et 
dépassement de 
l'aire minimale pour 
chaque groupement
surfaces minimales (par rapport 
surface potentielle) de 
végétations typiques, 
sociabilité
pose et suivi réalisés
1
1
1
CS4 suivi physicochimique des eaux tous les 5 ans prélèvements et analyses de 
terrain réalisés
cartographie des végétations carto complète à réaliser 
tous les 5 ansCS5
réalisation d'une étude de la structure des 
végétations boisées de la RNN. 
suivi de la régénération des bois. pose et suivi 
de quadrats enclos/exclos
pose et suivi réalisés.
carto et caractérisation des 
peuplements réalisées
actualisation de la cartographie des 
végétations des mares
étrépage/grattage si nécessaire de zones 
favorables (2ème étape). Choix des méthodes 
de gestion
2
1
Préfecture de l'Eure - 27-2024-08-27-00001 - Plan de gestion 2023-2033 78
Suivi des 
indicateurs :
Etat visé sur le long terme I ndicateurs d'état Métriques Indéterminé très mauvais Score = 1 Mauvais Score 
= 2
 Score moyen = 
3
Bon Score
 = 4
Très bon Score 
= 5 Note
fluctuation des niveaux d'eau en surface niveau d'eau (profondeu r piézomètrique)  1m et plus en été 1m ‐60 cm 60‐40 cm moins de 40 cm 
au printemps
engorgement 
permament à 
40cm max dans le 
sol
densité apparente sans unité <0,2t/m3 0,2 0,15 0,1 >0,1t/m3
rapport C/N
à préciser en 
début de plan de 
gestion
tourbe acide < 50
tourbe alcaline < 30
tourbe acide = 50
tourbe alcaline > 
30
Taux d'azote Kjeldahl (NKJ en mg/l) > 12 mg/l  6 < x < 12 2 < x < 6    1 < x < 2 < 1 mg/l
Taux de nitrate NO3‐ (mg/l) > 50 mg/l 25 < x < 50 10 < x < 25  2 < x < 10 < 2 mg/l
Taux de phosphore (mg/l) > 1 mg/l 0,5 < x < 1   0,2 < x < 0,5  0,05 < x < 0,2 < 0,05 mg/l
Taux d'orthophosphate PO4 (mg/l) > 2 mg/l 1 < x < 2 0,5 < x < 1  0,1 < x < 0,5 < 0,1 mg/l
typicité et diversité des groupements
définition CBNBL. nombre de végétations 
identifiées. espèces caractéristiques 
présentes
disparition des habitats à 
enjeu
perte d'habitats à 
enjeu. 
situation 
identique 
6 végétations 
acidophiles/3 
végétations 
basophiles en 
état de 
conservation 
moyen
6 végétations 
acidophiles/3 
végétations 
basophiles en 
bon état de 
conservation
Présence de 3 espèces à enjeux de Coléoptères 
aquatiques Nombre d'individus
à définir au 
début du plan de 
gestion
perte des 3 espèces
perte d'une 
espèce et/ou 
présence 
ponctuelle
maintien de 
l'existant
présence des 3 
espèces (nombre 
d'individus  plus 
faible)
présence des 3 
espèces en 
nombre 
d'individus 
important
Expression de cortèges typiques de Syrphes par 
grand type de milieu
nombre de synusies ‐ intégrité écologique 
en %
% < à ceux de 2016
résultats 
variables entre 
grands types de 
milieux
mêmes résultats 
qu'en 2016
légère 
augmentation 
des %
< 60% pour les 
milieux ouverts. < 
50% pour les 
milieux fermés
Etat de conservation des populations d'espèces 
floristiques à enjeu: Lobelia urens et Erica 
tetralix, Lysimachia tenella, 2 Drosera
Nombre d'individus 0 populations en 
forte régression
population en 
baisse
populations 
stabilisées
population en 
augmentation. 
Nombre de pieds 
variable selon les 
espèces (Lobelia 
<10 pieds, 
Drosera 
rotundifolia <300 
pieds)
Mesure de la régénération des espèces ligneuses nombre de juvéniles à l'ha
à définir en 
début de plan de 
gestion
0  individu juvénile > 5 juvéniles
présence de 
plantules et 
jeunes arbres en 
bon état
variation des conditions micro‐climatiques
Valeurs humidité et température de l'air 
et du sol. À caler en relatif par rapport 
aux différents milieux étudiés
à définir en 
début de plan de 
gestion
 surface de bas‐marais typique des zones‐ refuge ha disparition des zones‐
refuges
régression du 
nombre de zones‐
refuge
maintien de 
l'existant
maintien de 
l'existant avec 
augmentation 
des surfaces
augmentation du 
nombre de patch 
et de leur 
surface: <5ha 
Grille de lecture des métriques 
2 ‐ oligotrophie des eaux variation des concentrations en éléments 
nutritifs
3 ‐ Surfaces des différents 
habitats à enjeu en bon état de 
conservation
valeur très négative valeur négative 0 valeur positive
du positif au 
minimum sur un 
secteur / 3mm 
sur 10 ans
disparition de végétations 
typiques
régression des 
surfaces
maintien de 
l'existant
4 ‐ présence de différents stades 
dynamiques
5 ‐ habitats refuge fonctionnels
1 ‐ Tourbière en bon état de 
conservation et conditions 
propices à l'accumulation et 
fabrication de tourbe
estimation de l'accumulation de tourbe épaisseur en cm d'accumul ation
qualité fonctionnelle des groupements
surfaces minimales (par rapport surface 
potentielle) de végétations typiques, 
sociabilité
atteinte de l'aire 
minimale pour 
chaque 
groupement
dépassement de 
l'aire minimale 
pour chaque 
groupement
caractérisation des végétations des mares nombre de mares décrites, nombre de 
groupements par mare
moins de 5 mares décrites 
et perte d'habitats
moins de la 
moitiè  des mares 
décrites et perte 
d'habitats
moitié des mares 
décrites et 
maintien de 
l'existant
22 mares, 10 
types de 
végétations 
22 mares, 10 
types de 
végétations en 
bon état de 
conservation
Préfecture de l'Eure - 27-2024-08-27-00001 - Plan de gestion 2023-2033 79
Enjeu Objectifs à long terme Etat visé sur le long 
terme Indicateurs d'état Métriques
Valeur idéale à 
atteindre sur le long 
terme
Code Opérations (suivis scientifiques) Indicateurs de réponse Prio rité
typicité des végétations
comparaison à la 
définition CBNBL des 
végétations identifiées/ 
espèces caractéristiques 
présentes
4 végétations à enjeux CS5 Cartographie des végétations suivi réal isé 1
mesure de la salinité dans 
l'eau et les sols Taux de sel/l
seuils à définir au début 
de plan de gestion. taux 
de sel mesurable. Plus de 
4°/00
CS20 Suivi de la salinité dans les eaux de surface et 
de nappe voire les sols en surface suivi réalisé 1
présence d'un cortège 
significatif d'espèces 
caractéristiques des zones 
alluviales estuariennes
Nombre d'espèces 
caractéristiques de ces 
végétations 
(comparaison avec 
prairies estuaire)
augmentation du nombre 
d'esp subhalophiles et ou 
thermophiles 
(aujourd'hui: 10)
CS21
Suivi des espèces végétales subhalophiles et 
thermophiles, en nombre, en répartition et 
en surface. Comparaison de tableaux phyto 
entre estuaire et MV
suivi réalisé
1
Présence d'espèces 
sentinelles
Nombre d'individus par 
espèce sentinelle présence des espèces CS22 Recherche de Vipère péliade et Lézard 
vivipare, Coenagrion pulchellum suivi réalisé 1
Présence de Vertigo 
angustior Nombre d'individus plus de 13 individus 
vivants CS23 suivi des  Vertigo suivi réalisé. présence de l'espèce‐
cible 2
Cortèges avifaunistiques en 
bon état de conservation
Nombre d'espèces par 
groupe
plus de 137 espèces 
inventoriées CS25 Comptages concertés oiseaux d'eau hivernant 
et limicoles nicheurs, suivi STOC suivi réalisé 1
Evaluation de la capacité 
d'accueil de la colonie du 
Ruel
Nombre d'espèces 
nicheuses  plus de 9 espèces CS26 Suivi de la colonie du marais Vernier suivi  réalisé 1
Estimations des espèces en 
dortoir Nombre d'espèces  plus de 5 espèces CS27
Suivi du dortoir grands échassiers et 
cormorans en fonction de la saison et de la 
tranquillité des lieux
suivi réalisé
1
Nombre d'individus et 
de pontes (ou juvéniles) 
d'amphibiens
nombre de mâles 
chanteurs et localisation 
(printemps/automne) / + 
de 10  
CS28 Suivi amphibiens dont  Hyla arborea suivi réalisé 1
note donnée au réseau 
à relativiser par rapport à 
une note définie au 
démarrage du plan de 
gestion
CS29 Etude du réseau de mares méthodo BTS GPN suivi réalisé 1
surface 
dégradée/broutée
abroutissement 
détectable ‐ moins de 10% 
de la surface des prairies 
fouillées 
CS30
suivi des impacts sur le milieu. identification 
de l'impact des grands herbivores sauvages 
sur les végétations 
suivi réalisé
1
Facteurs d'influence Pressions / 
Influence à gérer Objectifs opérationnels Pressions attendues Indicateurs de 
pression Métriques
Valeur à atteindre 
pendant la durée du 
plan de gestion
Code Opérations (gestion et suivis) Indicateurs de réponse
cahier des charges 
respecté MS2
application d'un cahier des charges des 
pratiques de fauche (pratiques douces, 
fauche sympa, dates…)
cahier des charge respecté
1
> 500 pieds de 
Anacamptis laxiflora CS32 comptage annuel  de Anacamptis laxiflora suivi réalisé 1
3/an/printemps‐été CS33 réalisation d'analyses fourragères suivi r éalisé 3
orthoptères/ araignées? CS34 suivi populations d'invertébrés avant et après 
fauche  suivi réalisé 2
nombre 
d'interventions/an
CI2 installation de nouveaux équipements 
pastoraux
conception et réalisation des 
travaux 1
application effective des 
grands principes adaptés à 
la réserve
IP10
plan de pâturage (élaborer les grandes lignes 
et adaptation annuelle en fonction des 
résultats)
cahier des charges rédigé et 
proposé
1
suivi bihebdomadaire + 
gestion des 
impondérables
IP11 gestion des troupeaux/suivi 
zootechnique/surveillance suivi réalisé 1
selon la mortalité des 
animaux domestiques IP12 rendre possible la dégradation naturelle des 
cadavres  démarche réalisée 2
évacuation des déchets 
associés aux pratiques 
anciennes
2 sites nettoyés IP13 gestion des déchets volume exporté
1
évaluation de l'effet drainant 
des mares avant et après 
restauration
mise en place d'un suivi des 
niveaux d'eau localisé
piézomètres (1m 
profondeur) sur 1 
transect par mare
données récoltées sur 
transect autour de la mare CS35 suivi piézomètrique autour des mares à 
restaurer suivi réalisé
1
nombre à définir en 
fonction des résultats de 
l'étude piézo
CS36
plan de gestion avec travaux de restauration 
éventuels (étude des végétations et de la 
microtopographie)
démarche réalisée
1
nombre d'espèces 
identifiées avant et après CS37 étude des algues suivi réalisé 2
nombre d'espèces 
identifiées avant et après CS38 étude des bivalves. ADNe suivi réalisé 2
présence d'individus CS39 recherche de  Dolomède plantarius suivi réalisé 2
améliorer les conditions 
d'observation sur les 
Mannevilles
conception et 
réalisation d'un 
observatoire 
scientifique
une installation à prévoir CI3
installation d'un observatoire en bord de Ruel 
pour faciliter l'observation de la héronnière 
et du dortoir de grands échassiers. 
Concertation pour emplacement de 
l'observatoire et type d'infrastructure
travaux réalisés
1
surface 
déboisée/surface totale au minimum 3ha/5ha IP14 déboisement de la parcelle 4 sur Bouquelo n travaux réalisés 1
grand ensemble de 
prairies fragmenté par 
des taillis de bouleaux
présence du courlis en 
période de nidif sur le 
site
au moins des courlis sur 
zone CS40 suivi courlis cendré et autres nicheurs 
prairiaux sur Bouquelon suivi réalisé
1
Diversité des 
habitats, 
mésotrophiles à 
oligotrophiles, 
d'une zone humide 
alluviale 
dysfonctionnelle de 
fond d'embouchure
milieux humides, 
mésotrophiles à 
oligotrophiles, 
diversifiés et 
complémentaires 
de fond d'estuaire
CI1
variations peuvent 
dépasser les 40cm de 
profondeur. Ressuyage 
printanier progressif 
naturel 
suivi réalisé
réalisation des travaux
entretien et restauration des infrastructures 
pastorales défaillantes (clôtures, parc de 
contention, ponts…)
CS24
réalisation en fonction des 
constats terrain
équilibre entre grands 
animaux et état de 
conservation des milieux. 
indice de pression des grands 
animaux (cerfs, sangliers, 
chevreuils)  effectifs
installation d'une 
harde/animaux de 
passage
CS31
1
suivi des populations de cervidés suivi réalisé 1
suivi de la date de mise en assec et de remise 
en eau des mares
1
Action
Etat actuel de l'enjeu
un second type d'entité écologique se 
trouve dans la réserve: les milieux 
alluvionnaires sur sols minéraux. 
grandes surfaces au Nord des 
Mannevilles s'apparentent aux prairies 
de fond d'estuaire. bon état de 
conservation globalement. Absence de 
certaines espèces typiques. diversité des 
besoins écologiques des espèces à 
responsabilité en lien avec la diversité 
des milieux exprimés sur le site. 
évolution des cortèges en lien avec les 
CC. intégration de la Réserve dans des 
entités alluviales fonctionnelles plus 
vastes qui comprennent les domaines 
tourbeux et terrigène.
1
mesures appliquées 
dans le cadre de la 
fauche
stabilisation des faciès 
prairiaux/amélioration de l'état 
de conservation des milieux 
ouverts
OO8‐ Développer un cortège typique des 
végétations prairiales alluviales (pâturées, 
fauchées et mixtes)
des cortèges appauvris 
liés à des pressions de 
gestion trop élevées à 
des modes de gestion 
inadaptés 
réalisé chaque année. 
Quantité variable en 
fonction des besoins
IP9 constitution d'un stock de foin pour les 
troupeaux de la Réserve stock annuel suffisant
modulation des pratiques de 
gestion par fauche
modulation des pratiques de 
gestion par pâturage
Fonctionnalité du réseau de 
mares
2. Grands espaces ouverts
modification du fond 
floristique. aujourd'hui 
stable. Signe 
d'ourlification
3. Mosaïque fonctionnelle de 
milieux
Vision stratégique et opérationnelle Outil d'évaluation des atteintes des ob jectifs
1. Milieux alluvionnaires 
caractéristiques et diversifiés
Favoriser la diversité des 
écosystèmes ouverts 
mésotrophiles à oligotrophiles, 
d'une zone humide alluviale
variations en cmFluctuation des niveaux d'eau 
dans les mares
Diagnostic : Phase analytique
application des choix de 
gestion
dynamique végétale
Evolution lente des mares
connexion des habitats prairiaux
Rajeunissement et adaptation 
de la morphologie des mares
Espace de fonctionnalité 
écologique plus vaste que 
la réserve
conception et 
financement des 
travaux
grands ensembles 
prairiaux en place
OO10‐ Améliorer le caractère ouvert de 
grands ensembles prairiaux
nombre de mares à 
restaurer
mise en place d'un plan de 
gestion à l'échelle du réseau 
de mares de la réserve
atterrissement des mares OO9‐ Hiérarchiser et organiser la 
restauration des mares
réouverture de milieu
Préfecture de l'Eure - 27-2024-08-27-00001 - Plan de gestion 2023-2033 80
Suivi des 
indicateurs :
Etat visé sur le long terme Indicateurs d'état Métriques Indéterminé très mauvais Score = 
1 Mauvais Score = 2  Score moyen = 3 Bon Score
 = 4 Très bon Score = 5 Note
typicité des végétations nombre de végétations identifiées par 
CBNBL/espèces caractéristiques présentes
disparition des 
végétations à enjeu
perte d'au moins 
une végétation à 
enjeu et mauvais 
état de 
conservation
dégradation de 
l'état de 
conservation
4 végétations à 
enjeu en moyen 
état de 
conservation
4 végétations à enjeu en bon 
état de conservation
mesure de la salinité des sols Taux de sel/l
à définir en 
début de plan 
de gestion
?
présence d'un cortège significatif 
d'espèces caractéristiques des 
zones alluviales estuariennes
Nombre d'espèces caractéristiques de ces 
végétations (comparaison avec prairies 
estuaire)
disparition des 
espèces déjà 
identifiées
moins de 5 espèces moins de 10 
espèces
maintien de 
l'existant
augmentation du nombre d'esp 
subhalophiles et ou 
thermophiles (aujourd'hui: 10)
Présence d'espèces sentinelles Nombre d'individus par espèce sen tinelle
disparition des 
espèces sentinelles 
visées
1 sur 3 maintien de 
l'existant
présence des 3 
espèces avec 
effectifs variables
présence des 3 espèces 
sentinelles avec des effectifs 
importants  
Présence de Vertigo angustior Nombre d'individus aucun individu vivant moins de 5 
individus
moins de 10 
individus 13 individus plus de 13 individus vivants
Cortèges avifaunistiques en bon 
état de conservation Nombre d'espèces par groupe étudié
disparition d'un ou 
plusieurs groupes 
d'espèces 
effectifs en très 
forte régression
effectifs en 
régression
irrégularitié dans 
les effectifs en lien 
avec niveaux d'eau 
et gestion
plus de 137 espèces 
inventoriées. évolutions des 
différents groupes d'espèces 
stables ou positives
Evaluation de la capacité 
d'accueil atteinte Nombre d'espèces nicheuses 
absence d'espèce 
nicheuses ou 
abandon des nids en 
cours de nidification
moins de 4 espèces entre 4 et 6 
espèces nicheuses
entre 6 et 9 espèces 
nicheuses plus de 9 espèces
Estimations des espèces en 
dortoir Nombre d'espèces 
absence d'espèce ou 
abandon en cours de 
saison du site
moins de 5 
espèces/effectifs 
faibles
moins de 5 
espèces/effectifs 
en régression
moins de 5 
espèces/effectifs 
importants
plus de 5 espèces/effectifs 
importants
Nombre d'individus et de pontes (ou 
juvéniles) d'amphibiens, notamment Hyla 
arborea
à préciser en 
début de plan 
de gestion
0 mâle chanteur 
quelle que soit la 
saison
nombre de station 
en très forte 
régression
nombre de stations 
en régression 
(présence et 
chants) 
nombre de stations 
identiques aux 
années 
précédentes (7)
augmentation du nombre de 
postes de chants/ nombre de 
mâles chanteurs et localisation 
(printemps/automne) / + de 10  
note donnée au réseau 
à relativiser 
par rapport à 
une note 
définie au 
démarrage du 
plan de 
gestion
surface dégradée/impactées
jusqu'à 80% des 
parcelles (tout ou 
partie) alluvionnaires 
détériorées par le 
sanglier
densité forte de 
traces sur troncs et 
abroutissement de 
tous les arbres 
juvéniles par le 
chevreuil
plus de 50% de 
prairies dégradées
30 à 50% de 
prairies dégradées
20 à 30% de prairies 
dégradées
moins de 20% des parcelles 
dégradées par le sanglier avec 
une partie des glandées laissée 
sur place
traces d'abroutissement sur les 
prairies par cerf et biche
densité de traces sur troncs et 
abroutissement occasionnel des 
arbres juvéniles par le chevreuil
Grille de lecture des métriques 
1. Milieux alluvionnaires 
caractéristiques et 
diversifiés
2. Grands espaces ouverts
3. Mosaïque fonctionnelle 
de milieux
Fluctuation des niveaux d'eau 
dans les mares variations en cm
assec printanier très 
rapide et durable assec en mi‐mai assec en fin mai mare en eau jusque 
début juin
Ressuyage printanier progressif 
naturel. Mare en eau jusque fin 
juin
Fonctionnalité du réseau de 
mares
Indice de pression des grands 
animaux/équilibre entre grands 
animaux et état de conservation 
des milieux
installation de 
biches pour mise 
bas sur les deux 
sites
chevreuil=?
sangliers= moins de 10 quelle 
que soit la saison
harde de cerf et biches installée 
sur les deux sites
chevreuil=?
effectifs
à définir en 
début de plan 
de gestion, 
selon les 3 
espèces 
suivies
sangliers=plus de 30 
quelle que soit la 
saison
0 cerf et biche
chevreuil=?
sangliers entre 10 
et 30
passage 
occasionnel de cerf 
et biche
chevreuil=?
population de cerf 
et biche très 
fluctuante sans 
repoduction sur le 
site
chevreuil=?
Préfecture de l'Eure - 27-2024-08-27-00001 - Plan de gestion 2023-2033 81
FCR Code Opérations
Indicateurs
de
réalisation
PA1 programme d'animations grand public réalisé
PA2 création de supports de communication et de pédagogie réalisé
PA3 préparation d'animations spécifiques pour les élus réalisé
PA4 organisation d'événementiels ponctuels réalisé
PA5 réflexion sur l'ouverture du site: sentier, observatoire réalisé
PA6 animations scolaires réalisé
MS7 visites de terrain pour les usagers réalisé
MS8
participation à des réunions d'acteurs (AG de 
l'association des gabionneurs…)  réalisé
MS9
développer des actions communes sur la réserve avec 
les usagers dans le respect des objectifs de la réserve réalisé
CI4 créer et entretenir limite visuelle franche
réalisation des 
travaux: clôtures, 
panneautage, 
alignement de 
têtards
MS3 particper aux réunions locales des gestionnaires du 
marais
concertation 
réalisée: projets 
communs, 
réunions
MS4 intégrer des opérations de suivis concertées (sangliers, 
reptiles, amphibiens, avifaune, invertébrés…)
concertation 
réalisée
MS1
participer au règlement d'eau, débattre des 
autorisations de pompage/curage y compris sur les 
fossés de ceinture
Participation à 
l'expérimentation 
d'une côte de 
gestion adaptée 
au maintien de la 
tourbière.
limiter les trop 
fortes fluctuations 
des niveaux d'eau 
à l'échelle du 
marais
IP16 réalisation d'opérations de régulation du sanglier 
suivi hivernal et 
organisation de 
battues ou autres 
opérations (tirs 
d'approche…)
CS41 recherche de Tetrix dans les boutis et sur les bords de 
mare exondés 
étude réalisée. 
carte de 
répartition de 
Tetrix
MS6 initier une concertation entre acteurs impliqués pour 
trouver des pistes d'amélioration de la situation
identification de 
nouvelles 
solutions de 
résolution 
concertation 
réalisée
actions engagées depuis 
la création de la réserve. 
marges d'amélioration 
toujours possibles avec 
des points positifs.
ancrage territorial Améliorer l'intégration de la réserve dans s on territoire et gér
e
réalisation des 
tours de 
surveillance 
(moyenne de 
4/mois)
démarche 
réalisée. 
Intervention le 
moins possible
OO11‐ Assurer l'accueil du public pour mieux faire connaitre la réserve et échanger sur le respect et les bienfaits de la nature 
OO12‐ Améliorer l'appropriation de la réserve par les usagers du territoire
0015‐ endiguer le développement des populations EEE sur la Réserve
OO16‐ limiter la surfréquentation de certaines espèces autochtones
SP2 assermentation (amélioration de la connaissance de la 
réglementation)
OO13‐ Organiser des opérations de surveillance et de police
SP1 faire respecter la réglementation
OO14‐ contribuer à  la définition d'une gestion transversale et cohérente à l'échelle du MV
MS5
participer à l'élaboration d'une stratégie commune à 
l'échelle de la boucle de lutte contre les EEE (veille 
collective)
FCR1 ancrage territorial
diagnostic: phase analytique
OOEtat actuel du
FCR intitulé du FCR
vision stratégique
Préfecture de l'Eure - 27-2024-08-27-00001 - Plan de gestion 2023-2033 82
Amélioration
diagnostic:
phase
analytique
vision
stratégique
FCR Etat actuel du FCR intitulé du
FCR OO Code Opérations Indicateurs de
réalisation
OO17‐ Améliorer les connaissances sur le patrimoine naturel CS42 suivi de groupes d'espèces, d'espèces ou de fonctionnalités peu connues sur la 
réserve ou sur son territoire
réalisé selon les 
opportunités
MS10 participer aux rencontres de gestionnaires d'espaces nature ls réalisé
MS11 participer au réseau des réserves de Normandie réalisé
MS12 participer aux réunions d'équipe et du pôle biodiv du PNR ré alisé
CS43 saisie en ligne ou la transmission des données  réalisé
CS44 diagnostic de vulnérabilité/s'appuyer sur les résultats du  Life Natur'adapt
diagnostic réalisé. 
rédaction d'un rapport 
avec des scénarios
CS45 suivi pluviométrique ‐ station météo suivi réalisé. production 
de données
OO18‐ Participer aux réseaux de gestionnaires d'espaces naturels, d'experts et de naturalistes
OO19‐ Améliorer les connaissances sur les impacts du CC
amélioration des 
connaissances
actions engagées depuis la 
création de la réserve. Des 
groupes ou des thématiques 
prioritaires sont ciblés. Les études 
seront réalisées en fonction des 
opportunités. 
Améliorer les 
connaissances sur la 
réserve
Préfecture de l'Eure - 27-2024-08-27-00001 - Plan de gestion 2023-2033 83
gouvernance FCR gouvernance de la réserveg
phase
FCR Etat actuel du FCR intitulé du FCR OO Code Opérations Indicateurs de
réalisation
MS13 Montage et suivi administratif et financier des opérations r éalisé
MS14 intégrer la réserve dans son cadre institutionnel réalisé
MS15 Organisation et participation aux instances consultatives ( Comité Consultatif et CSRPN) réalisé
MS16 Evaluation annuelle du plan de travail (rapport d'activités ) réalisé
MS17 Évaluation quinquennale du plan de gestion réalisé
MS18 évaluation finale réalisé
MS19 Elaboration du nouveau plan de gestion réalisé
OO20‐ Assurer la gestion courante administrative et financière de la réserve
Optimiser la gestion courante de la réserve 
OO21‐ Mettre en oeuvre et évaluer le plan de gestion
Le gestionnaire consacre un temps de travail important aux dossiers 
administratifs de la réserve. Il s'appuie sur les compétences du pôle 
ressources du parc, notamment pour les recherches de financements de 
travaux ou suivis conséquents.
gouvernance
Préfecture de l'Eure - 27-2024-08-27-00001 - Plan de gestion 2023-2033 84
77

Annexes

HETEROCERES
Taxon
Dernière Observation
RARETE HN
Sensibilité
Représentativité
Fonctionnalité
Responsabilité
Marais de Bouquelon
Mannevilles
Ecologie
Coenobia rufa 2019 E +++ ++ +++ Fort X X
Paludicole fréquente les milieux
marécageux, les tourbières et les
bords de rivières
Eulithis testata 2014 R +++ +++ +++ Fort X X Biotopes humides, sous-bois frais,
tourbières
Globia sparganii 2014 RR +++ +++ +++ Fort X Prairies marécageuses et rivages
maritimes
Acronicta cuspis 2014 E ++ +++ +++ Fort X
Hygrophile, lisières forestières et
clairières, souvent à proximité de
ruisseaux
Lenisa geminipuncta 2014 RR +++ +++ +++ Fort X Paludicole, milieux humides, marais et
bords de rivière
Apamea unanimis 2014 RR ++ +++ +++ Fort X X Noctuelle hygrophile qui affectionne
les milieux humides
Arenostola phragmitidis 2013 RR +++ ++ +++ Fort X Régions marécageuses et phragmitaies
de bords d'étangs et de rivières
Chilodes maritima 2014 RR ++ ++ +++ Fort X Phragmitaies des bords de rivières et
d'étangs, marais
Denticucullus pygmina 2014 RR ++ +++ +++ Fort X X Elle affectionne les prairies mésophiles
et humides
Celaena leucostigma 2013 RR +++ ++ +++ Fort X Marais, clairières humides, les
mégaphorbiaies, aux abords d'étangs
Mythimna straminea 2014 R +++ ++ +++ Fort X X Paludicole, elle affectionne les
phragmitaies
Senta flammea 1987 E +++ ++ +++ Secondaire X
Paludicole, elle affectionne les bords
d'étangs, les marais ouverts et les
prairies marécageuses
Spilosoma urticae 1987 RR ++ ++ +++ Secondaire X Prairies humides, les bords de rivières
et des étangs
Apamea sublustris 1986 RR ++ +++ +++ Secondaire X Divers milieux herbacés
Xanthia ocellaris 1986 RR +++ ++ +++ Secondaire X Milieux humides, des bords de rivières
aux rives d'étangs, à faible altitude.
Apamea epomidion 1986 RR ++ +++ +++ Secondaire X Milieux boisés frais et humides
Simyra albovenosa 1987 R +++ ++ +++ Secondaire X
Hygrophile, abords humides des
étangs, elle peut également occuper les
prairies mésophiles à humides et les
forêts marécageuses
Nonagria typhae 1986 R +++ +++ +++ Secondaire X Milieux humides de type phragmitaie
Rhizedra lutosa 1983 R +++ ++ +++ Secondaire X Phragmitaies des milieux humides et
des zones côtières
Anaplectoides prasina 1983 R +++ ++ +++ Secondaire X Forêts et bois humides, les callunaies et
les zones tourbeuses
Scopula immutata 2019 E ++ + +++ Secondaire X Liée au substrat calcaire, fréquente les
sous-bois frais, les près humides, les
Préfecture de l'Eure - 27-2024-08-27-00001 - Plan de gestion 2023-2033 85
78

bords de cours d'eau, les fossés où
poussent les carex
Lacanobia splendens 2014 E ++ ++ +++ Secondaire X
Fréquente les marais, les forêts claires
et les prairies humides. En voie
d'extinction dans de nombreux pays
d'Europe
Deltote bankiana 2013 RR ++ ++ +++ Secondaire X Hygrophile, affectionne les prairies
méso-hygrophile et les marais
Xanthorhoe designata 2013 RR + + +++ Secondaire X Allées forestières, près humides, bords
de marais et de ruisseaux
Apamea ophiogramma 2014 R ++ + +++ Secondaire X
Hôte des prairies marécageuses et
mégaphorbiaies, souvent en contexte
forestier
Thumatha senex 2019 R ++ + +++ Secondaire X Milieux humides, marécageux
Cucullia lactucae 1986 E + +++ +++ Secondaire X
Pelouses et friches à basse altitude,
clairières et allées forestières (en
montagne)
Macrochilo cribrumalis 1987 RR ++ + +++ Secondaire X Hygrophile affectionne les zones très
humides
Orthonama vittata 1988 RR ++ + +++ Secondaire X Localisée aux lieux humides
Rheumaptera undulata 1983 R ++ +++ +++ Secondaire X Fréquente les forêts et les zones
humides
Earias clorana 1986 R ++ ++ +++ Secondaire X Les lieux humides, les ripisylves où se
développent les saules

En l'absence de liste rouge pour ce groupe , il est difficile de statuer sur les enjeux de conservation des
Hétérocères de la Réserve . Un atlas régional est à venir. Néanmoins, toutes les espèces rares à minima
dans la région et liées à des milieux en régression peuvent être considérées comme des enjeux de
conservation prioritaires (I.e sensibilité + représentativité >4). Avec l'amélioration des connaissances, les
statuts de rareté ou de menace de ces espèces ont pu évoluer. C'est le cas, par exemple, de Lacanobia
splendens observés régulièrement dont le niveau de menace a été relativisé.
On notera également l'ancienneté de la dernière observation pour certaines espèces qui questionne la
fréquentation contemporaine de la Réserve. Ces données anciennes voire très anciennes ont été
conservées dans le tableau et analysées, mais ne sont pas ressorties dans la liste des espèces à enjeu. Pour
une meilleure prise en compte, elle s réclament une mise à jour des données pour s'assurer de la
responsabilité de la Réserve vis-à-vis d'espèces non observées depuis plus de 30 ans.
11 espèces, d'observation plus récentes, peuvent être soulignées. Elles sont toutes inféodées aux zones
humides parfois tourbeuses (Eulithis testata, Coenobia rufa) et présentent une écologie variée, depuis les
roselières jusqu'aux prairies et aux bois.
Préfecture de l'Eure - 27-2024-08-27-00001 - Plan de gestion 2023-2033 86
79


AVIFAUNE
Espèces Contexte en RNNMV
Besoins des espèces
X : milieu de vie
XX : caractère supplémentaire
necessaire (surface, niveau eau, …)
Enjeu
x Aide decision
Représentat
ivité Sensibilité Scap
nom_valide
nom_vern
Exotique
Commentaire
ind_repro_max
Période présence
Présence périmètre
Régularité
Thématiques RNNMV
Paysage ouvert
prairies
palustres
eau y compris inondation
boisements ouverts, lisières
Boisements
Importance somme
Importance NB
Importance max
coeff Filtre (contexte)
Points représentativité
Points fonctionnalité
Points sensibilité
Importance EFF RNN
/MV-Estuaire-Normandie
Imp ZPS
Calcul sens
DO
points LR
LRM
LRE
LRN
exPNA
BARC
BERN
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REGL
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Points SCAP
remarque
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Acrocephalu
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(Vieillot,
1817)
Phragmite
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Présence
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1
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Platalea
leucorodia
Linnaeus,
1758
Spatule
blanche
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Colonie
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Linnaeus,
1758
Sarcelle
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Pandion
haliaetus
(Linnaeus,
1758)
Balbuzard
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Vanellus
vanellus
(Linnaeus,
1758)
Vanneau
huppé
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V
U
L
C
IBE
3
IBO
2 OC3 P
tru
e
Numenius
arquata
(Linnaeus,
1758)
Courlis
cendré
Mannevill
es
uniqueme
nt
proba
ble R O H
Tranquilit
é X X FORT 4 3 2 1 1 1 2 L 4
CDO
22 4
N
T
V
U
L
C
IBE
2
IBO
2 4 OC3 2 1+ 2+ P
tru
e
Crex crex
(Linnaeus,
1758)
Râle des
genêts
3 en 20
ans
proba
ble R O R
X
X FORT 5 3 2 1 2 1 2 L oui 5
CDO
1 2
L
C
L
C
E
N
Préfecture de l'Eure - 27-2024-08-27-00001 - Plan de gestion 2023-2033 87
80

Anthus
pratensis
(Linnaeus,
1758)
Pipit
farlouse
Repro,
troupe
hivernage
alimentati
on
certain
e et
consta
tée A O H X
X
X FORT 5 3 2 1 2 2 1 L oui 2 2
N
T
N
T
N
A
IBE
2 5
NO
3 P
Circus
aeruginosus
(Linnaeus,
1758)
Busard
des
roseaux
Roselière
Mannevill
es
certain
e et
consta
tée A O H
Tranquilit
é X X
X
X
X
X FORT 5 3 2 1 1 2 2 L 4
CDO
1 1
L
C
L
C
N
T
IBE
3
IBO
2 2
NO
3 CCA 2 2+ 3 P
tru
e
Ardea alba
Linnaeus,
1758
Grande
Aigrette
dortoir,
colonie.
Irrégulier
possibl
e A O H
Colonie
Ruel X X
X
X FORT 5 3 2 1 1 2 2 L 4
CDO
1 1
L
C
L
C
N
T
IBE
2
IBO
AE 3
NO
3 CCA P
Nycticorax
nycticorax
(Linnaeus,
1758)
Bihoreau
gris discret
certain
e et
consta
tée R P H
Colonie
Ruel
X
X FORT 4 3 2 1 1 1 2 L 4
CDO
1
L
C
L
C
N
T
Asio
flammeus
(Pontoppida
n, 1763)
Hibou des
marais
Repos
diurne,
alimentati
on H O H
Tranquilit
é X X X X FORT 4 3 2 1 2 1 1 L oui 3
CDO
1
L
C
L
C
N
A
IBE
2 4
NO
3 CCA P
tru
e
Ciconia
ciconia
(Linnaeus,
1758)
Cigogne
blanche
Arti et
arbres
certain
e et
consta
tée A O H Spécifique X X
X
X FORT 4 3 2 1 2 1 1 L oui 3
CDO
1
L
C
L
C
N
A
IBE
2
IBO
AE
NO
3 P
tru
e
Bubulcus
ibis
(Linnaeus,
1758)
Héron
garde-
boeufs
colonie
limitrophe
RNN
possibl
e A O H
Colonie
Ruel X FORT 6 2 3 1 3 3 R oui 0
L
C
L
C
N
A
IBE
3
IBO
AE
NO
3 CCA P
Spatula
clypeata
(Linnaeus,
1758)
Canard
souchet
reposoir
faible,
repro
faible
proba
ble
RM
H P H
Tranquilit
é X X X FORT 4 2 2 1 2 2 L oui 0
CDO
32
L
C
L
C
IBE
3
IBO
2 OC3 P
Ardea
cinerea
Linnaeus,
1758
Héron
cendré
colonie
limitrophe
RNN
proba
ble A O H
Colonie
Ruel X X FORT 5 2 3 1 2 3 R 0
L
C
L
C
L
C
IBE
3
IBO
AE
NO
3 P
tru
e
Egretta
garzetta
(Linnaeus,
1766)
Aigrette
garzette
dortoir,
colonie.
Irrégulier
possibl
e A O H
Colonie
Ruel X X
X
X FORT 4 3 2 1 1 2 1 L 3
CDO
1
L
C
L
C
L
C
IBE
2
IBO
AE
NO
3 CCA P
Phalacrocor
ax carbo
(Linnaeus,
1758)
Grand
Cormoran
dortoir,
colonie
certain
e et
consta
tée A O H
Colonie
Ruel
X
X FORT 6 2 3 1 3 3 R oui 0
L
C
L
C
L
C
IBE
3
IBO
AE
NO
3 P
tru
e
Gallinago
gallinago
(Linnaeus,
1758)
Bécassine
des marais
Repos
diurne,
alimentati
on
possibl
e MH O H Tranquilité X X X
MOY
EN 3 3 1 1 1 1 1 ? 2
CDO
32 2
L
C
L
C
C
R
IBE
2
IBO
2 7 OC3 3 1+ 1+ P
tru
e
Cettia cetti
(Temminck,
1820)
Bouscarle
de Cetti
probab
le A O H X X X
MOY
EN 3 2 2 1 2 1 L oui 1 1
L
C
L
C
N
T
IBE
3
NO
3 P
Préfecture de l'Eure - 27-2024-08-27-00001 - Plan de gestion 2023-2033 88
81

Emberiza
schoeniclus
(Linnaeus,
1758)
Bruant des
roseaux
probab
le A O H X X X X
MOY
EN 3 2 2 1 2 1 L oui 2 2
L
C
L
C
E
N
IBE
2
NO
3 P
Locustella
naevia
(Boddaert,
1783)
Locustelle
tachetée
probab
le RM O H X X X
MOY
EN 3 2 2 1 2 1 L oui 1 1
L
C
L
C
N
T
IBE
3
NO
3 P
Luscinia
svecica
(Linnaeus,
1758)
Gorgebleu
e à miroir
probab
le MR O H X X X X
MOY
EN 3 2 2 1 2 1 L oui 3
CDO
1
L
C
L
C
L
C
IBE
2
IBO
2
NO
3 P
tru
e
Saxicola
rubetra
(Linnaeus,
1758)
Traquet
tarier,
Tarier des
prés
Reproduct
ion > 2019
probab
le R O R X
X
X
MOY
EN 3 2 2 1 2 1 L oui 2 2
L
C
L
C
V
U
IBE
2
IBO
2 5
NO
3 3 A P
tru
e
Ardea
purpurea
Linnaeus,
1766
Héron
pourpré
1ère
reproducti
on MV
2021
Grand'mar
e
possibl
e M O R X
X
X
MOY
EN 3 2 2 1 2 1 R 3
CDO
1
L
C
L
C
L
C
IBE
2
IBO
AE
NO
3 3 1- P
Mareca
strepera
(Linnaeus,
1758)
Canard
chipeau
reposoir
faible,
repro
faible
probab
le
RM
H P H X X
MOY
EN 3 2 2 1 1 2 L 0
CDO
21
L
C
L
C
IBE
3
IBO
2
Ngib_c
h_1 P
Anas
platyrhynch
os Linnaeus,
1758
Canard
colvert
reposoir
faible
certain
e et
consta
tée
RM
H O H X X
MOY
EN 3 2 2 1 1 2 L 0
CDO
31
L
C
L
C
N
A
IBE
3
IBO
2
Ngib_c
h_1 P
Alcedo
atthis
(Linnaeus,
1758)
Martin-
pêcheur
d'Europe
possibl
e A P R X
MOY
EN 3 1 3 1 0 3 8
CDO
1 5
L
C
V
U
V
U
IBE
2 0
NO
3 P
Aythya
ferina
(Linnaeus,
1758)
Fuligule
milouin
probab
le A P R X
MOY
EN 3 1 3 1 0 3 9
CDO
21 9
V
U
V
U
V
U
IBE
3
IBO
2 OC3 P
tru
e
Streptopelia
turtur
(Linnaeus,
1758)
Tourterelle
des bois
probab
le R O H X X
MOY
EN 3 1 3 1 0 3 7
CDO
22 7
V
U
V
U
N
A
IBE
3
IBO
2 OC3 P
Accipiter
gentilis
(Linnaeus,
1758)
Autour des
palombes
Discret,
couple
Mannevill
e 2020
probab
le A O R
Diversité
milieux
X
X
MOY
EN 2 2 1 1 1 1 L 0
L
C
L
C
N
A
tru
e
IBE
3
IBO
2
NO
3 NO6 P
Alauda
arvensis
Linnaeus,
1758
Alouette
des
champs rare hiver
probab
le A O H X
X
X
MOY
EN 2 2 1 1 1 1 L 1
CDO
22 1
L
C
L
C
N
T
IBE
3 OC3 P
Cisticola
juncidis
Cisticole
des joncs rare hiver
probab
le A O H X X X
MOY
EN 2 2 1 1 1 1 L 2 2
L
C
L
C
V
U
IBE
3
NO
3 P
tru
e
Préfecture de l'Eure - 27-2024-08-27-00001 - Plan de gestion 2023-2033 89
82

(Rafinesque,
1810)
Lymnocrypt
es minimus
(Brünnich,
1764)
Bécassine
sourde
Repos
diurne HM O H X X X
X
X
MOY
EN 2 2 1 1 1 1 ? 0
CDO
32
L
C
L
C
N
A
IBE
2
IBO
AE 4 OC3 P
Pernis
apivorus
(Linnaeus,
1758)
Bondrée
apivore
Reproduct
ion
ancienne
probab
le RM O R X
X
X
MOY
EN 2 2 1 1 0 1 1 3
CDO
1
L
C
L
C
L
C
IBE
3
IBO
2
NO
3 CCA 3 1+ 2+ P
Acrocephalu
s palustris
(Bechstein,
1798)
Rousseroll
e
verderolle
probab
le RM O H
X
X
MOY
EN 2 1 2 1 2 L oui 0
L
C
L
C
L
C
IBE
3
NO
3 P
Acrocephalu
s
schoenobae
nus
(Linnaeus,
1758)
Phragmite
des joncs
certain
e et
consta
tée RM O H X X X
MOY
EN 2 1 2 1 2 L oui 0
L
C
L
C
D
D
IBE
3
NO
3 P
tru
e
Circus
cyaneus
(Linnaeus,
1758)
Busard
Saint-
Martin
possibl
e MH O R X X X
MOY
EN 2 1 2 1 0 2 4
CDO
1 1
L
C
N
T
N
A
IBE
3
IBO
2
NO
3 CCA 0
3 mais
inadapté
reproduc
tion 1+ 2+ P
tru
e
Motacilla
flava
flavissima
(Blyth, 1834)
Bergeronn
ette
flavéole
certain
e et
consta
tée MR O H X
X
X
MOY
EN 2 1 2 1 2 L oui 0
L
C
L
C
L
C
IBE
2
NO
3 P
Anser anser
(Linnaeus,
1758)
Oie
cendrée
R occ
Marais
Vernier.
Férale
probab
le M O R Tranquilité X X X
FAIBL
E 1 1 1 1 0 1 2
CDO
32 2
L
C
L
C
V
U
IBE
3
IBO
2 4 OC3 2 2+ P
tru
e
Anthus
trivialis
(Linnaeus,
1758)
Pipit des
arbres
certain
e et
consta
tée R O H X X
FAIBL
E 1 1 1 1 1 L 0
L
C
L
C
D
D
IBE
2
NO
3 P
Carduelis
cannabina
(Linnaeus,
1758)
Linotte
mélodieus
e
certain
e et
consta
tée A O H X X X
FAIBL
E 1 1 1 1 0 1 2 2
V
U
Dendrocopo
s minor
(Linnaeus,
1758)
Pic
épeichette
probab
le A O R X X
FAIBL
E 1 1 1 1 0 1 2 2
V
U
IBE
2
NO
3 P
Falco
tinnunculus
Linnaeus,
1758
Faucon
crécerelle
probab
le A O H X
X
X X
FAIBL
E 1 1 1 1 0 1 1 1
L
C
L
C
N
T
IBE
2
IBO
2
NO
3 CCA P
Dryocopus
martius
(Linnaeus,
1758) Pic noir
probab
le A O R
X
X
FAIBL
E 1 1 1 1 0 1 3
CDO
1
L
C
L
C
L
C
IBE
2
NO
3 P
Préfecture de l'Eure - 27-2024-08-27-00001 - Plan de gestion 2023-2033 90
83

Falco
peregrinus
Tunstall,
1771
Faucon
pèlerin
Chasse
uniqueme
nt A O R X
FAIBL
E 1 1 1 1 0 1 3
CDO
1
L
C
L
C
L
C
IBE
2
IBO
2
NO
3
ISPAW
2 0
3 mais
inadapté
reproduc
tion 1- 2+ P
tru
e
Chroicoceph
alus
ridibundus
(Linnaeus,
1766)
Mouette
rieuse
1 seul
repro en
RNN strict
certain
e et
consta
tée A O R X
X
X
FAIBL
E 1 1 1 1 0 1 1
CDO
22 1
N
T
IBE
3
IBO
AE
NO
3 P
Himantopus
himantopus
(Linnaeus,
1758)
Echasse
blanche
Nids hors
RNN strict,
présence
poussins
certain
e et
consta
tée R P H Tranquilité X
X
X
FAIBL
E 1 1 1 1 0 1 3
CDO
1
L
C
L
C
L
C
IBE
2
IBO
AE
NO
3 2 3 2+ P
tru
e
Ichthyaetus
melanoceph
alus
(Temminck,
1820)
Mouette
mélanocép
hale
possibl
e RM P R X
X
X
FAIBL
E 1 1 1 1 0 1 3
CDO
1
L
C
AIB
A2
IBE
2
IBO
AE
NO
3 P
Motacilla
flava flava
Linnaeus,
1758
Bergeronn
ette
printanière
type
certain
e et
consta
tée MR O H X
X
X
FAIBL
E 1 1 1 1 1 L 0
L
C
L
C
L
C
IBE
2
NO
3 P
Numenius
phaeopus
(Linnaeus,
1758)
Courlis
corlieu
probab
le M O H X X
FAIBL
E 1 1 1 1 0 1 2
CDO
22 2
L
C
L
C
V
U
IBE
2
IBO
2 OC3 P
tru
e
Oenanthe
oenanthe
(Linnaeus,
1758)
Traquet
motteux M O R X X
FAIBL
E 1 1 1 1 0 1 1 1
L
C
L
C
N
T
IBE
2
IBO
2 4
NO
3 P
Oriolus
oriolus
(Linnaeus,
1758)
Loriot
d'Europe,
Loriot
jaune
probab
le R O H
X
X
FAIBL
E 1 1 1 1 1 ? 0
L
C
L
C
L
C
IBE
2
NO
3 P
Phylloscopu
s trochilus
(Linnaeus,
1758)
Pouillot
fitis
probab
le RM O H
X
X
FAIBL
E 1 1 1 1 1 L 0
L
C
L
C
D
D
IBE
3 4
NO
3 P
Picus viridis
Linnaeus,
1758
Pic vert,
Pivert
probab
le A O H X X
FAIBL
E 1 1 1 1 1 L 0
L
C
L
C
L
C
IBE
2
NO
3 P
Pyrrhula
pyrrhula
(Linnaeus,
1758)
Bouvreuil
pivoine
probab
le A O R X X
FAIBL
E 1 1 1 1 0 1 2 2
L
C
L
C
V
U
IBE
3 5
NO
3 P
Rallus
aquaticus
Linnaeus,
1758 Râle d'eau
Reproduct
ion ?
Manque
données ? A O H X X X
FAIBL
E 1 1 1 1 0 1 oui 1
CDO
22 1
L
C
L
C
N
T
IBE
3
IBO
AE 4 OC3 P
tru
e
Saxicola
rubicola
Tarier
pâtre
certain
e et A O H X X X
FAIBL
E 1 1 1 1 1 L 0
IBE
2
IBO
2
NO
3 P
Préfecture de l'Eure - 27-2024-08-27-00001 - Plan de gestion 2023-2033 91
84

(Linnaeus,
1766)
consta
tée
Scolopax
rusticola
Linnaeus,
1758
Bécasse
des bois
Repos
diurne,
alimentati
on MH O H X X
FAIBL
E 1 1 1 1 0 1 0
CDO
21
L
C
L
C
N
A
IBE
2
IBO
2 OC3 P
tru
e
Fulica atra
Linnaeus,
1758
Foulque
macroule
certain
e et
consta
tée A O H X
FAIBL
E 1 1 1 1 0 1 1
CDO
21 1
L
C
N
T
N
A
IBE
3
IBO
AE OC3 P
Turdus
iliacus
Linnaeus,
1766
Grive
mauvis MH O H X X X
FAIBL
E 1 1 1 1 0 1 1
CDO
22 1
L
C
N
T
N
A
IBE
3
Ngib_c
h_1 P
Anas acuta
Linnaeus,
1758
Canard
pilet
Très rare
periode
repro
probab
le
RM
H P R X X
FAIBL
E 1 1 1 1 0 1 oui 0
CDO
32
L
C
L
C
N
A
IBE
3
IBO
AE OC3 P
tru
e
Mareca
penelope
(Linnaeus,
1758)
Canard
siffleur MH P R X X
FAIBL
E 1 1 1 1 0 1 oui 0
CDO
32
L
C
L
C
IBE
3
IBO
AE CCC P
Spatula
querquedula
(Linnaeus,
1758)
Sarcelle
d'été
Reproduct
ion ?
probab
le RM O H X X X
FAIBL
E 1 1 1 1 0 1 0
CDO
21
L
C
L
C
IBE
3
IBO
AE OC3 P
Accipiter
nisus
(Linnaeus,
1758)
Épervier
d'Europe
possibl
e A O H X 0 0 0 1 0
L
C
L
C
L
C
IBE
3
IBO
2
NO
3 NO6 P
Porzana
porzana
(Linnaeus,
1766)
Marouette
Ponctuée
Manque
données,
nocturne M O O X
X
X 0 0 0 0 0 2 oui 5
CDO
1 2
L
C
L
C
V
U
Acrocephalu
s scirpaceus
(Hermann,
1804)
Rousseroll
e
effarvatte
probab
le RM O H X 0 0 0 1 0 oui 0
L
C
L
C
L
C
IBE
3
NO
3 P
Aegithalos
caudatus
(Linnaeus,
1758)
Mésange à
longue
queue,
Orite à
longue
queue
certain
e et
consta
tée A O H 0 0 0 1 0 0
L
C
L
C
L
C
IBE
3
NO
3 P
Alopochen
aegyptiaca
(Linnaeus,
1766)
Ouette
d'Égypte,
Oie
d'Égypte O
Régulée
par FDC ?
possibl
e R E O 0 0 0 0 0 0
L
C
IBE
3
IBO
AE CCC
FRnoEE
EA2
EEE
UE I
Apus apus
(Linnaeus,
1758)
Martinet
noir
En
alimentati
on
possibl
e RM
V
OL H 0 0 0 0 0 0
L
C
L
C
D
D
IBE
3
NO
3 P
Préfecture de l'Eure - 27-2024-08-27-00001 - Plan de gestion 2023-2033 92
85

Grus grus
(Linnaeus,
1758)
Grue
cendrée
origine
douteuse
possibl
e R O O Tranquilité X X 0 0 0 0 1 2 L 5
CDO
1 2
L
C
L
C
C
R
IBE
2
IBO
AE 5
NO
3 CCA 2 2+ 3 P
Haliaeetus
albicilla
(Linnaeus,
1758)
Pygargue à
queue
blanche H P O 0 0 0 0 0 2 5
CDO
1 2
L
C
L
C
C
R
IBE
3
IBO
1
NO
3 CCA 3 P
Athene
noctua
(Scopoli,
1769)
Chouette
chevêche,
Chevêche
d'Athéna
probab
le A E H 0 0 0 0 0 0
L
C
L
C
L
C
tru
e
IBE
2
NO
3 CCA P
tru
e
Aythya
fuligula
(Linnaeus,
1758)
Fuligule
morillon
probab
le MH P O 0 0 0 0 0 0
CDO
21
L
C
L
C
L
C
IBE
3
IBO
AE
Ngib_c
h_1 P
tru
e
Branta
canadensis
(Linnaeus,
1758)
Bernache
du Canada O

Régulation
MV par
FDC
certain
e et
consta
tée A O H 0 0 0 0 0 0
CDO
21
L
C
L
C
N
A
IBE
3
IBO
2
FRnoEE
EA I
Buteo buteo
(Linnaeus,
1758)
Buse
variable
probab
le A O H 0 0 0 1 0 0
L
C
L
C
L
C
IBE
3
IBO
2
NO
3 CCA P
Calidris
alpina
(Linnaeus,
1758)
Bécasseau
variable MH E O 0 0 0 0 0 0
L
C
L
C
N
A
IBE
2
IBO
AE
NO
3 P
Carduelis
chloris
(Linnaeus,
1758)
Verdier
d'Europe
probab
le A O H 0 0 0 1 0 0
N
A
Carduelis
carduelis
(Linnaeus,
1758)
Chardonne
ret élégant
possibl
e A O H 0 0 0 1 0 0
L
C
L
C
N
A
IBE
2
NO
3 P
Carduelis
spinus
(Linnaeus,
1758)
Tarin des
aulnes
Peu noté
mais
présent MH O H 0 0 0 1 0 0
N
A
Certhia
brachydactyl
a C.L.
Brehm,
1820
Grimperea
u des
jardins
Peu noté
mais
présent
probab
le A O H 0 0 0 1 0 0
L
C
L
C
L
C
IBE
3
NO
3 P
Charadrius
dubius
Scopoli,
1786
Petit
Gravelot
possibl
e R E O 0 0 0 0 0 0
L
C
L
C
N
A
IBE
2
IBO
AE
NO
3 P
tru
e
Columba
palumbus
Linnaeus,
1758
Pigeon
ramier
certain
e et
consta
tée A O H 0 0 0 1 0 0
CDO
31
L
C
L
C
L
C
Ngib_c
h_1 P
Préfecture de l'Eure - 27-2024-08-27-00001 - Plan de gestion 2023-2033 93
86

Columba
livia Gmelin,
1789
Pigeon
biset
Pigeon
ville, ne
pas
considérer A O O 0 0 0 0 0 0
CDO
21
L
C
L
C
D
D
IBE
3 3 OC3 0 inadapté 2+ P
Columba
oenas
Linnaeus,
1758
Pigeon
colombin
probab
le A O R 0 0 0 1 0 0
CDO
22
L
C
L
C
N
A
IBE
3 OC3 P
Corvus
corone
Linnaeus,
1758
Corneille
noire
certain
e et
consta
tée A O H 0 0 0 1 0 0
CDO
22
L
C
L
C
N
A
IBE
3 P
Coturnix
coturnix
(Linnaeus,
1758)
Caille des
blés
probab
le RM O R 0 0 0 1 0 0
CDO
22
L
C
L
C
L
C
IBE
3
IBO
2
Ngib_c
h_1 P
tru
e
Cuculus
canorus
Linnaeus,
1758
Coucou
gris
certain
e et
consta
tée R O H 0 0 0 1 0 0
L
C
L
C
L
C
IBE
3
NO
3 P
Cygnus
atratus
(Latham,
1790) Cygne noir O
possibl
e H E O 0 0 0 0 0 0
L
C
IBE
3
IBO
2 I
Cygnus olor
(Gmelin,
1803)
Cygne
tuberculé
certain
e et
consta
tée A O H 0 0 0 1 0 0
CDO
22
L
C
L
C
N
A
IBE
3
IBO
2
NO
3 P
Delichon
urbicum
(Linnaeus,
1758)
Hirondelle
de fenêtre
possibl
e RM
V
OL R 0 0 0 0 0 0
L
C
L
C
D
D
IBE
2
NO
3 P
Dendrocopo
s major
(Linnaeus,
1758)
Pic
épeiche
certain
e et
consta
tée A O H 0 0 0 1 0 0
L
C
L
C
L
C
IBE
2
NO
3 P
Circus
pygargus
(Linnaeus,
1758)
Busard
cendré M O O 0 0 0 0 0 2 4
CDO
1 1
L
C
L
C
N
T
IBE
3
IBO
2 4
NO
3 CCA 0
3 mais
inadapté
reproduc
tion 1+ 2+ P
tru
e
Limosa
lapponica
(Linnaeus,
1758)
Barge
rousse M E O 0 0 0 0 0 2 4
CDO
1 1
N
T
L
C
N
A
IBE
2
IBO
AE
Ngib_c
h_1 2 2+ 2+ P
tru
e
Emberiza
citrinella
Linnaeus,
1758
Bruant
jaune
probab
le A O H 0 0 0 1 0 0
L
C
L
C
N
A
IBE
2 5
NO
3 P
Erithacus
rubecula
(Linnaeus,
1758)
Rougegorg
e familier
probab
le A O H 0 0 0 1 0 0
L
C
L
C
N
A
IBE
2
IBO
2
NO
3 P
Préfecture de l'Eure - 27-2024-08-27-00001 - Plan de gestion 2023-2033 94
87

Falco
subbuteo
Linnaeus,
1758
Faucon
hobereau
possibl
e RM O H 0 0 0 1 0 0
L
C
L
C
N
A
IBE
2
IBO
2
NO
3 CCA P
tru
e
Fringilla
coelebs
Linnaeus,
1758
Pinson des
arbres
probab
le A O H 0 0 0 1 0 0
L
C
L
C
L
C
IBE
3
NO
3 P
Fringilla
montifringill
a Linnaeus,
1758
Pinson du
nord,
Pinson des
Ardennes MR O R 0 0 0 1 0 0
L
C
L
C
N
A
IBE
3 3
NO
3 P
Gallinula
chloropus
(Linnaeus,
1758)
Poule-
d'eau,
Gallinule
poule-
d'eau
probab
le A O H 0 0 0 1 0 0
CDO
22
L
C
L
C
N
A
IBE
3
IBO
AE
Ngib_c
h_1 P
Garrulus
glandarius
(Linnaeus,
1758)
Geai des
chênes
probab
le A O H 0 0 0 1 0 0
CDO
22
L
C
L
C
L
C P
Botaurus
stellaris
(Linnaeus,
1758)
Butor
étoilé
Dernière
donnée
ancienne MH E O X X X 0 0 0 0 0 1 3
CDO
1
L
C
L
C
N
A
tru
e
IBE
2
IBO
2 4
NO
3 2 3 2+ P
tru
e
Hippolais
polyglotta
(Vieillot,
1817)
Hypolaïs
polyglotte,
Petit
contrefaisa
nt
probab
le RM O H 0 0 0 1 0 0
L
C
L
C
L
C
IBE
3
NO
3 P
Hirundo
rustica
Linnaeus,
1758
Hirondelle
rustique,
Hirondelle
de
cheminée
probab
le RM
V
OL H 0 0 0 0 0 1 1 1
L
C
L
C
N
T
IBE
2
NO
3 P
Larus fuscus
Linnaeus,
1758
Goéland
brun MH
V
OL R 0 0 0 0 0 0
CDO
22
L
C
L
C
N
A
IBO
AE
NO
3 P
tru
e
Larus
marinus
Linnaeus,
1758
Goéland
marin MH
V
OL R 0 0 0 0 0 0
CDO
22
L
C
L
C
N
A
IBO
AE
NO
3 P
tru
e
Luscinia
megarhynch
os C. L.
Brehm,
1831
Rossignol
philomèle
probab
le R O H 0 0 0 1 0 0
L
C
L
C
L
C
IBE
2
IBO
2
NO
3 P
Emberiza
calandra
Linnaeus,
1758
Bruant
proyer
probab
le R E R X X 0 0 0 0 0 0
L
C
L
C
L
C
IBE
3
NO
3 P
Préfecture de l'Eure - 27-2024-08-27-00001 - Plan de gestion 2023-2033 95
88

Motacilla
alba
Linnaeus,
1758
Bergeronn
ette grise
probab
le A O H 0 0 0 1 0 0
L
C
L
C
L
C
IBE
2
NO
3 P
Motacilla
alba yarrellii
Gould, 1837
Bergeronn
ette de
Yarrell
possibl
e A O ? 0 0 0 1 0 0
IBE
2
NO
3 P
Muscicapa
striata
(Pallas,
1764)
Gobemouc
he gris
probab
le R O R 0 0 0 1 0 0
L
C
L
C
D
D
IBE
2
IBO
2 4
NO
3 P
Milvus
migrans
(Boddaert,
1783) Milan noir
possibl
e MR P O 0 0 0 0 0 1 3
CDO
1
L
C
L
C
L
C
IBE
3
IBO
2
NO
3 CCA P
Panurus
biarmicus
(Linnaeus,
1758)
Panure à
moustache
s,
Mésange à
moustache
s H O O X X 0 0 0 0 0 oui 0
L
C
L
C
L
C
IBE
2
NO
3 P
tru
e
Poecile
palustris
(Linnaeus,
1758)
Mésange
nonnette
probab
le A? O
R
? 0 0 0 1 0 0
L
C
L
C
IBE
2
NO
3 P
Cyanistes
caeruleus
(Linnaeus,
1758)
Mésange
bleue
certain
e et
consta
tée A O H 0 0 0 1 0 0
L
C
L
C
N
A
IBE
2
NO
3 P
Lophophane
s cristatus
(Linnaeus,
1758)
Mésange
huppée
possibl
e R O O 0 0 0 0 0 0
L
C
L
C
IBE
2
NO
3 P
Parus major
Linnaeus,
1758
Mésange
charbonni
ère
certain
e et
consta
tée A O H 0 0 0 1 0 0
L
C
L
C
N
A
IBE
2
NO
3 P
Passer
domesticus
(Linnaeus,
1758)
Moineau
domestiqu
e
pas noté
depuis 10
ans
certain
e et
consta
tée A O R 0 0 0 1 0 0
L
C
N
A
NO
3 P
Recurvirostr
a avosetta
Linnaeus,
1758
Avocette
élégante R E O 0 0 0 0 0 1 3
CDO
1
L
C
L
C
L
C
IBE
2
IBO
AE
NO
3 2 3 2+ P
tru
e
Perdix
perdix
(Linnaeus,
1758)
Perdrix
grise
probab
le A O O 0 0 0 0 0 0
CDO
21
L
C
L
C
L
C
IBE
3
Ngib_c
h_1 P
Phasianus
colchicus
Faisan de
Colchide O
probab
le A O H 0 0 0 0 1 L 0
CDO
21
L
C
L
C
L
C
IBE
3 I
Préfecture de l'Eure - 27-2024-08-27-00001 - Plan de gestion 2023-2033 96
89

Linnaeus,
1758
Calidris
pugnax
(Linnaeus,
1758)
Chevalier
combattan
t,
Combattan
t varié MH E O 0 0 0 0 0 0
CDO
22
L
C
L
C
IBE
2
IBO
2
Ngib_c
h_1 P
Phoenicurus
phoenicurus
(Linnaeus,
1758)
Rougeque
ue à front
blanc
probab
le R O R 0 0 0 1 0 0
L
C
L
C
N
A
IBE
2
IBO
2
NO
3 P
tru
e
Phylloscopu
s collybita
(Vieillot,
1887)
Pouillot
véloce
certain
e et
consta
tée RM O H 0 0 0 1 0 0
L
C
N
A
IBE
3
NO
3 P
Phylloscopu
s sibilatrix
(Bechstein,
1793)
Pouillot
siffleur
probab
le R O O 0 0 0 0 1 1 L 1 1
L
C
L
C
N
T
IBE
3 4
NO
3 P
Pica pica
(Linnaeus,
1758)
Pie
bavarde
probab
le A O H 0 0 0 1 0 0
CDO
22
L
C
L
C
L
C P
Sterna
hirundo
Linnaeus,
1758
Sterne
pierregarin M P O 0 0 0 0 0 1 3
CDO
1
L
C
L
C
L
C
IBE
2
IBO
AE
NO
3 0
2 mais
inadapté
reproduc
tion 3 2+ P
tru
e
Pluvialis
squatarola
(Linnaeus,
1758)
Pluvier
argenté M E O 0 0 0 0 0 0
CDO
22
L
C
L
C
N
A
IBE
3
IBO
AE OC3 P
tru
e
Podiceps
cristatus
(Linnaeus,
1758)
Grèbe
huppé
probab
le R E O 0 0 0 0 0 0
L
C
L
C
L
C
IBE
3
IBO
AE
NO
3 P
tru
e
Prunella
modularis
(Linnaeus,
1758)
Accenteur
mouchet
probab
le A O H 0 0 0 1 0 0
L
C
L
C
L
C
IBE
2
NO
3 P
Tringa
glareola
Linnaeus,
1758
Chevalier
sylvain M E O 0 0 0 0 0 1 3
CDO
1
L
C
L
C
L
C
IBE
2
IBO
2
NO
3 P
Regulus
ignicapilla
(Temminck,
1820)
Roitelet à
triple
bandeau
probab
le A O
R
? 0 0 0 1 0 0
L
C
L
C
L
C
IBE
2
NO
3 P
Riparia
riparia
(Linnaeus,
1758)
Hirondelle
de rivage
possibl
e M
V
OL H 0 0 0 0 0 0
L
C
L
C
L
C
IBE
2
NO
3 P
Sitta
europaea
Sittelle
torchepot
possibl
e A O
R
? 0 0 0 1 0 0
L
C
L
C
L
C
IBE
2
NO
3 P
Préfecture de l'Eure - 27-2024-08-27-00001 - Plan de gestion 2023-2033 97
90

Linnaeus,
1758
Streptopelia
decaocto
(Frivaldszky,
1838)
Tourterelle
turque
probab
le A O R 0 0 0 1 0 0
CDO
22
L
C
L
C
L
C
IBE
3 OC3 P
Sturnus
vulgaris
Linnaeus,
1758
Étourneau
sansonnet
possibl
e A O H 0 0 0 1 0 0
CDO
22
L
C
L
C
L
C P
Sylvia
atricapilla
(Linnaeus,
1758)
Fauvette à
tête noire
certain
e et
consta
tée RM O H 0 0 0 1 0 0
L
C
L
C
L
C
IBE
2
NO
3 P
Sylvia borin
(Boddaert,
1783)
Fauvette
des jardins
probab
le RM O H 0 0 0 1 0 0
L
C
L
C
D
D
IBE
2
NO
3 P
Sylvia
communis
Latham,
1787
Fauvette
grisette
certain
e et
consta
tée RM O H 0 0 0 1 0 0
L
C
L
C
L
C
IBE
2
NO
3 P
Sylvia
curruca
(Linnaeus,
1758)
Fauvette
babillarde
début
accès
Mannevill
es
favorable
probab
le R P H 0 0 0 1 0 oui 0
L
C
N
A
IBE
2
NO
3 P
Tachybaptus
ruficollis
(Pallas,
1764)
Grèbe
castagneu
x
probab
le R E O 0 0 0 0 0 0
L
C
L
C
L
C
IBE
2
IBO
AE
NO
3 P
Tringa
nebularia
(Gunnerus,
1767)
Chevalier
aboyeur M O O 0 0 0 0 0 0
CDO
22
L
C
L
C
L
C
IBE
2
IBO
2 OC3 P
Tringa
ochropus
Linnaeus,
1758
Chevalier
culblanc MH E R 0 0 0 0 0 0
L
C
L
C
L
C
IBE
2
IBO
AE
NO
3 P
Tringa
totanus
(Linnaeus,
1758)
Chevalier
gambette
soupçon
repro hors
RNN
probab
le RM O R 0 0 0 1 0 0
CDO
22
L
C
L
C
N
A
IBE
2
IBO
2
Ngib_c
h_1 P
tru
e
Troglodytes
troglodytes
(Linnaeus,
1758)
Troglodyte
mignon
certain
e et
consta
tée A O H 0 0 0 1 0 0
L
C
L
C
L
C
IBE
2
NO
3 P
Turdus
merula
Linnaeus,
1758 Merle noir
certain
e et
consta
tée A O H 0 0 0 1 0 0
CDO
22
L
C
L
C
L
C
IBE
3 OC3 P
Préfecture de l'Eure - 27-2024-08-27-00001 - Plan de gestion 2023-2033 98
91

Turdus
philomelos
C. L. Brehm,
1831
Grive
musicienn
e
probab
le A O H 0 0 0 1 0 0
CDO
22
L
C
L
C
N
A
IBE
3
Ngib_c
h_1 P
Turdus
pilaris
Linnaeus,
1758
Grive
litorne
possibl
e MH O H 0 0 0 1 0 0
CDO
22
L
C
L
C
L
C
IBE
3 OC3 P
Turdus
viscivorus
Linnaeus,
1758
Grive
draine
certain
e et
consta
tée A O H 0 0 0 1 0 0
CDO
22
L
C
L
C
N
A
IBE
3 OC3 P
Tyto alba
(Scopoli,
1769)
Chouette
effraie,
Effraie des
clochers
Présence
bâtiment,
chasse
alentours A O H 0 0 0 1 0 0
L
C
L
C
L
C
IBE
2
NO
3 CCA P
Actitis
hypoleucos
(Linnaeus,
1758)
Chevalier
guignette MH O O 0 0 0 0 0 0
manqu
ant
manqu
ant
Anthus
spinoletta
(Linnaeus,
1758)
Pipit
spioncelle MH O O 0 0 0 0 0 0
manqu
ant
manqu
ant
Larus
argentatus
Pontoppida
n, 1763
Goéland
argenté A
V
OL H 0 0 0 0 0 1 1
CDO
22 1
L
C
N
T
N
A
IBO
AE
NO
3
manqu
ant
manqu
ant P
Ardeola
ralloides (Sc
opoli, 1769)
Crabier
chevelu
1-2 ind
2021
possibl
e R O O 0 0 0 0 1 1 L 3
CDO
1
L
C
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Préfecture de l'Eure - 27-2024-08-27-00001 - Plan de gestion 2023-2033 99